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Les Enfants de Pen Bron, La Turballe

Les Enfants de Pen Bron, La Turballe

Un blog pour témoignage, un blog pour le site de Pen Bron de La Turballe, pour que ce Centre Marin continue son action, celle d'accueillir des enfants dans un cadre de vie et un environnement marin unique. Emmanuel

Me voila debout, oui vraiment une drôle de sensation pourtant depuis la dernière visite j’avais commencé ma rééducation.
J’y allais régulièrement trois fois par semaine je me rendais chez monsieur Travaden, un kiné tout juste installé juste au bout de la rue de chez ma grand mère paternelle.
Je profitais donc à chaque fois d’une visite chez ma grand mère, j’allais la voir, elle était très contente de me voir à chaque visite m’attendaient des gâteaux et des boissons, je ne risquais pas de mourir de faim, elle était là assise derrière sa table.
Oui derrière sa table de cuisine, le souvenir d’elle a toujours été là,  installée derrière cette table que ce soit ici dans cette maison ou à Bitray, un camp de vieux bâtiment qui a l’époque avant de devenir des appartements,  était je crois bien un hôpital du temps où les américains étaient présent.
Je l’ai toujours connu oui assise et à l’époque de Bitray se déplaçant à l’aide d’une chaise pour aller d’un endroit à un autre je la voyais très rarement marcher.
Elle avait eu un souci de hanches et du temps de Bitray jamais elle n’avait été suivie pour cela jusqu’au jour où après le décès de mon grand père elle était venue habiter Déols,
Là elle avait subi une opération de la hanche, une prothèse de hanches.
Depuis cette opération elle marchait un peu plus et ne se déplaçait plus à l’aide de cette chaise qui faisait office de béquilles.
Donc à chaque kiné, j’allais la voir avant le rdv je m’installais en face d’elle on discutait et parfois elle me faisait jouer à la belote
J’aimais pas les jeux de cartes mais elle oui,  donc je jouais avec elle rien que pour le plaisir et aussi d’apprendre parce que la belote cela n’a jamais été ma tasse de thé même encore maintenant.
On jouait ou on regardait une série tv de l’époque laquelle je ne sais plus peut être Dallas une série de ce genre en tout cas.
Puis à 15h, je partais avec mes béquilles direction le kiné situé à une cinquantaine de mètres les trottoirs pas larges ou il était impossible de marcher, j’étais donc obliger de prendre la route
Je sonnais à la porte rentrais et m’installais sur une chaise à attendre mon tour.
Monsieur Travaden venait très vite me chercher et m’installait dans la toute petite pièce au fond à droite là m’attendait la cage à singe oui la se trouvait une table encadrer de grillage où l’on pouvait travailler à l’aide de poulies reliée à des sacs de sable.
Le kiné au début m’installait et me faisait travailler avec des gestes qu’il pratiquait lui-même je ne faisais rien à part subir les mouvements que ces mains me faisaient faire.
Ca faisait mal mais sans plus, allongé sur le dos ma tête posée sur un oreiller,  je me laissais faire.
Ma jambe gauche et ma jambe droite posées dans ses mains il l’écartait délicatement vers l’extérieur tout doucement il l’emmenait comme le professeur Glorion faisait pour voir comment était l’état de ma jambe.
Plusieurs fois il pratiquait se mouvement et puis il posait sa main a l’extérieur de ma jambe en faisant de manière a ce que force sur cette mains m’empêchant d’aller vers l’extérieur.
Je poussais de manière a repousser cette mains, mais cela était dur pas simple je peinais je sentais sa main partir j’y arrivais enfin je pensais y arriver mais voila enfin de compte il relâchais la pression pour m’aider.
Cela plusieurs fois a chaque fois des deux cotes un moments ou je m’épuisais et ou il me reprenais hé oui je poussais mais je jouais avec mon bassin et mon dos donc inutile fallait que ma hanche travaille.
Ensuite installer de la même manière la il me mettait un chausson qu’il reliait à ces poulies une corde et un poids je rigole mais bon 250 grammes j’arrivais pas a les emmener 250 grammes ce n’est rien un sachet de gruyère franchement je n’y arrivais pas je forçais et lui passait me voir et la quand il me voyait trop bouger le bassin il m’installais une ceinture pour me bloquer un maximum
Ces mouvement me paraissaient interminable et quand j’avais fini une jambe on repartais sur l’autre.
Ensuite installer assis sur le bord de la table le même travaille sauf que la jambe plier un poids je devais ramener ma jambe vers l’intérieur,  et la encore plus galère impossible non impossible j’essayais de donner un maximum et rien.
Donc oui quand je ressortais de chez lui j’étais fatigué, épuisé, c’était plus mes bras qui me ramenaient chez ma grand mère que je marchais avec mes béquilles
Là m’attendais une boisson et des gâteaux et j’en avais bien besoin je les mangeais avec délice je peux pas dire que les gâteaux restaient longtemps dans la boite.
Parfois ma grand mère me faisait en plus une tartine de pain beurre et du chocolat râper ensuite je rentrais doucement jusque chez moi etle retour chargé de toutes ces calories se faisait tant bien que mal car l’exercice de kiné m’avait complètement épuisé.
J’arrivais chez moi, m’installais devant la tv, je ne bougeais plus pas; attiré par ce qui se passait à la tv, mais surtout incapable de vouloir faire autre chose.
Oui malgré tout ces efforts je suis là debout, jambe molle  avec la sensation de marcher dans de la mousse tout en ressentant très vite une fatigue dans mes cuisses mes mollets, mon dos.
J’arrive jusqu’à la voiture je n’en peux plus, je ne dis rien, je suis bien trop content de marcher, je suis debout.
Déjà mes parents observaient ma démarche, je ne m’étais pas rendu compte de cela mais bien longtemps après je me souviens de les sentir derrière moi à regarder comment je marchais.
En tout cas j’étais debout devant la voiture à attendre que mon père déverrouille les portes pour m’installer, m’assoir surtout ouf il était temps, j’en pouvais vraiment plus.
Le retour a été sans un mot la route était longue mais pas un mot juste la radio qui fonctionnait... Je me souviens, c’était l’émission qui a duré des années d’ailleurs, les émissions de rtl ont toujours duré très longtemps, preuve que ca plaisait au public qui était à l'écoute de  leur radio chaque jour.
L’animateur Fabrice recevait des vedettes pendant une bonne partie de la fin de matinée entre 10h et 13h et il téléphonait à des personnes au hasard leur demandant le montant de la valise.
Pendant tout le trajet j’ai écouté l’émission espérant qu’une personne donnerait le montant et qu’elle gagnerait cette somme
Le fait de me retrouver debout procure de belles sensations mais quelque part en même temps un épuisement et  très vite je fatigue en rentrant à la maison naturellement tout le monde est content de me voir à nouveau marcher.
Depuis le début de cette histoire énormément de jours se sont passés,  j’ai pas eu l’impression que je ne me remettrait pas debout que malgré le fait que je n’étais seulement qu’interdit de marcher, je ne me remettrais pas debout et maintenant je suis là à savoir que quelque part l’interdit est fini... j’ai la sensation que c’était hier.
Je n’oublie pas pour autant tout ces moments bien au contraire je repense, je revois  plein de choses,  plein de moments.
Je revois noël et  l’infirmière stagiaire à Coche Ville qui quelques jours avant noël peignait sur la vitre de notre porte un père noël.
Avec noël, au début quand elle est arrivée, entre Robert, Thierry et moi ca marchait pas on l’avait pas trouvé trop sympa puis de jours en jours tout était aller de mieux en mieux, et le jour ou elle a peint cette vitre elle était la plus longtemps avec nous et nous parlait,  souriait,  non je l’ai pas oublié ce moments là non plus.
Depuis mon retour j’ai toujours mes pensées sur Pen Bron je repense à mes copains rester là bas je les revois souvent dans ma tête.
Je n’ai pas oublié Marie-France, je repense souvent à elle a ses sourires, aux moments de notre histoire toute belle pour des gosses.
Depuis mon retour on s’écrit souvent, je reçois le matin des lettres dont je suis, étant toujours à la maison, le premier à voir si j’avais ou pas des nouvelles.
Chaque lettre était un moment où j’ouvre avec hâte l’enveloppe, je déplie la lettre et la lis à plusieurs reprises souvent le sourire aux lèvres,  quelques fois des larmes coulent sur mes joues.
Je suis en manque d’eux.
Là bas je passais ma vie au lit entre ma chambre et l’école,  là bas je ne sortais que le week-end, j’avais la chance de pouvoir être promené par mes parents autour de Pen Bron ou dans les villes avoisinantes, j’avais le plaisir de voir les bateaux de pêche matin et soir au fil des marées.
Tout me manque et à chaque lettre, je revois tout.
Donc très souvent je recevais mes lettres sans que personnes ne sache que Marie - France m’écrivait.
Un samedi matin alors que j’étais encore au lit ma mère est montée me voir elle hurlait, elle m'a montré la lettre et m'a interdit de correspondre avec elle. J la revois me regardant mauvaisement avec cette lettre dans ses mains la prendre et la déchirer.
Je revois ses mains la lettre devenir des petit bouts de papier de plus en plus petits puis elle me demande de retirer la chaine que j’ai autour du cou, le cadeau que m’avait fait Marie-France juste avant que je parte de Pen Bron.
Je refuse, je ne veux pas lui donner, pour moi cette chaine est un lien avec Marie-France un lien avec Pen Bron, avec mes souvenirs.
Chaque soir, je tenais le petit médaillon en pensant à eux avant de m’endormir j’ai pris une claque puis une autre et elle m’a arraché la chaine du cou.
Le fait d’être la chez moi était un plaisir de retrouver les miens mais quelques part maintenant que je marche tout est redevenu comme avant.
Je ne suis plus malade même si je suis encore convalescent pour eux, je suis plus malade je vais pouvoir retrouver les bonnes habitudes que j’avais avant ma maladie.
Retrouver l’aspirateur, retrouver le fait de faire les lits le matin, le mien et celui de mon frère, vu que je dors tout seul pour l’instant.
La vie reprend comme avant j’ai toujours ma kiné qui me rappelle que je suis encore à devoir faire très  attention.
D’ailleurs il m'a conseillé d’avoir un vélo d’appartement avant que je puisse remarcher.  Pour en faire le matin, ce n'était pas  pas évident de grimper dessus, mais à l’aide du fauteuil et des mes bras, je me hissais sur la selle et pendant un long moment je déroulais tranquillement, sans forcer, maintenant je grimpe sur le vélo.

Au moins j’avais un peu plus d’occupation entre la kiné le vélo d’appartement et le retour de mes empreintes sur l’aspirateur et la moulinette.
A cette fameuse moulinette que je devais passer en semaine un peu partout, elle fonctionnait à l’électricité, une brosse rotative ramassait les miettes ce qui compensait en attente du samedi, jour où je passais l’aspirateur.
Elle était entrainée par un élastique et moi j’avais compris le truc : pour éviter de faire le ménage, je coupais l’élastique quand ce n’est pas lui qui de lui-même cassait.
Bien sur le soir c’était l’inspection de mon travaille ma mère regardait partout le moindre recoin pour savoir si j’étais bien passer là ou là.
Même jusqu’à aller mettre des miettes sous les tapis pour savoir si je les avais déplacer, il  fallait quand même y penser.
Hé oui,  le temps de fils malade où l’on prenait soin de lui bien vite disparu, je redevenais l’enfant d’avant bien plus vite que je j’aurais cru.
Je pouvais sortir, aller marcher mais je n’avais pas le droit de faire n’importe quoi, pas le droit de courir, pas le droit de mettre un coup de pied dans un ballon.
Les vacances d’été approchaient, mon frère allait être avec moi je ne serais plus seul les journées entières et puis nous allons partir en vacances, une grande première pour nous
J’ai hâte de ce moment, hâte de retrouver l’océan, peut être que nous irons du coté de Pen Pron, je ne sais pas encore mais j’ai très envie que ce soit là notre lieu de vacances, je ne dis rien, mais je l’espère profondément.
Les jours sont de plus en plus beaux,  l’année d’avant la coupe du monde avait commencée mais là rien pas de foot à la tv, alors les après midi sont bien longs.
Avec mon frère nous avions notre jeu de foot en salle à manger moi je jouais encore assis par terre et lui debout.
Ou alors nous sortions dans la cour et avec la carabine à plomb nous nous amusions à tirer sur des rouleaux de papier toilette placés bien loin.
Nous étions très prudent avec cette carabine, nous avions un boite de 1000 plombs et nous appliquions à tirer sur ces cibles.
Souvent je remontais dans ma chambre seul à écouter de la musique.
Mais souvent dans ma chambre j’étais à écrire des punitions que j’avais eu par mon père, vu que j’avais muri au centre et que je ne me laissais plus faire, je répondais quand je ne trouvais pas certaines choses justes.
Quand passer l’aspirateur n’était que pour moi, je ne me gênais pas pour le dire et donc je me retrouvais à copier des lignes parfois 100 d’autres fois 200 tout dépendait si je continuais a répondre, à crier a l’injustice, mon père lui comme un juge intouchable rajoutait à la sentence une centaine de lignes.
Je ne dois pas répondre à mon père quand il me dit quelque chose.
N’importe quoi il pensait que plus j’écrivais cette phrase plus je me soumettais à ces ordres, à ces baffes que j’ai pris plus d’une fois.
Les mains calleuses de chaudronnier me tombaient dessus au moindre mot et ensuite se rajoutaient mes lignes.
J’ai du épuiser une foret entière pour pouvoir copier toutes ces lignes barbares et inutiles, à chaque ligne, je sourirais à me dire que votre amour était tellement beau quand j’étais malade et encore j’en doutais,  je l’ai écrit heureux de vous voir, content d’avoir une visite mais elles sentaient l’obligation de devoir venir pour son enfant.
 
Retour vers l’océan
Enfin le jours de du départ des vacances arrive, il aura fallu que je sois malade pour pouvoir partir en vacances, pas mal non.
Matin ca y est, on est là tous dans la voiture, la 204 est chargée et notre voisin garagiste nous a prêté sa remorque afin que nous puissions tout emmener, de la toile de tente fraichement achetée et des bagages, tout est installé, prêt à partir.
Nous avons emmené mon cousin Alain avec nous, mon père tourne la clef de contact et la voiture nous emmène au bord de mer de l’océan.
Direction la vendée d’après des copains de mon père, il parait que ce coin est très joli et peut encore fréquenté dans cette année 1975 donc adieu le plaisir que j’avais de penser retourner à Pen Bron, un peu de tristesse .
Nous sommes partis vraiment très tôt afin de ne pas subir les embouteillages.
La route parait longue mais nous sommes tout proche de l’arrivée, nous faisons une halte, juste à l’entrée du panneau bienvenue en Vendée juste avant nous descendons, arrêt pipi pour tout le monde.
Je rejoins à pied le panneau et pénètre donc en Vendée à pied et cela je le ferais à chaque fois que nous partirons les années suivantes.
Nous sommes à Saint-Jean de Monts, petite ville balnéaire très belle mais déjà snob, la plage est immense et nous sommes à la recherche d’un camping, hé la c’est pas gagné, à chaque entrée un panneau est installé et écrit en gros complet.
Nous passons une partie de la matinée à chercher encore et encore nous tournons en rond
Arrive midi mon père décide de s’arrêter, prés de la foret de pin pour pique niquer, lpendant notre repas mon père décide que si nous ne trouvons pas, nous prendrons la direction du Croisic direction Pen Bron.
Un peu d’espoir en moi, je me dis que voilà vu que depuis ce matin on trouve rien, j’ai de grande chance de revoir Pen Bron.
Mon père s’arrête finalement au bout d’un moment dans une station essence pour faire le plein, un pompiste arrive vers lui et  ils discutent tous les deux pendant que l’essence coule dans le réservoir.
Mon père le paye rentre dans la voiture heureux de nous dire qu’il y aurait un camping ouvert dernièrement et qu’il y aurait de la place.
Mon père se dirige vers la route indiquée et pendant quelques dizaines de minutes rien, puis à la sortie d’une courbe le camping est là.
On s’arrête le long de la route, le bas coté remplis de sable
Mon père va à l’accueil et en ressort avec le sourire, mon rêve s’évanouit  et Pen Bron je peux faire une croix dessus.
L’installation dans ce camping a été une vrai catastrophe, une bouteille d’huile s’était renversé pendant le trajet et en ouvrant le sac de piquets dans le sable, tout est devenu galère.
Malgré cela je reconnais que ce camping était pour nous le bienvenue et nous avons fait la connaissance de voisin d’une gentillesse superbe.
Moi à chaque départ a la plage j’étais heureux de retrouver l’océan,  ce n’était pas la ou je rêvais d’être mais j’étais là à le contempler.
Mais ce n’était pas de vrai vacances, ce n’était  pour moi que ne fait pas ci,ne fait pas ca, ne court pas, ne vas pas trop loin...
J’étais là en fin de compte à rester assis sur ma serviette et bronzer.
Parfois j’arrivais à m’évader un peu,  de descendre à marée basse, j’étais un peu plus tranquille du regard de mes parents qui discutaient avec nos amis.
Je me mettais a courir sur le sable dur, à jouer dans les rochers, je me sentais bien, quelques coups de pieds dans un ballon en regardant si mes parents ne me voyaient pas, de toute manière pourquoi regarder s’ils m’avaient vu, j’aurais entendu hurler, crier.
Moments plaisants,  marcher sur les rochers entre les  flaques d’eau et là catastrophe je glisse et  je tombe bien sur, je tombe sur ma hanche, une vive douleur me prend sur le coté de la cuisse, ça me brule, je me relève, je peux prendre appui sur ma hanche mais j’ai mal, je regarde ma cuisse et là je vois ma cicatrice remplie de sang.
Je me suis écorché tout la cicatrice, elle saigne pas beaucoup mais comme c’est déchiré un peu partout je ne peux cacher ce que j’ai, même en passant de l’eau de mer sur les petites plaies, ça brule, et plus le sang disparait pour laisser apparaitre  de nouveau des gouttes de sang.
Je n’y coupe pas, je vais devoir remonter et le dire à mes parents.
Voila c’est fait et  bien sur une nouvelle fois je me fais réprimander,  que c’est bien fait pour moi que je n’avais qu’a pas faire le con, on m’ordonne de m’assoir et de ne plus bouger.
Ces vacances je les ai aimer et détester, mais j’ai aimé laVendée, j’ai adoré cette région qui pour moi est devenue un petit peu mon chez moi.
Retour à la maison bien bronzé, presque tout noir, les jours passent de plus en plus vite, la chaleur est installée sur la France, d’ailleurs en Vendée, nous avions été envahi par des nuages de coccinelles mais ici aussi, à  Châteauroux.
Nous nous rapprochons de la rentrée scolaire, je sais que je redouble malgré l’école à Pen Bron et la bonne volonté de Tartine.
J’ai la chance de savoir que je vais me retrouver dans la classe de monsieur Boissineau cela me rassure mais quelque part j’ai un peu la trouille depuis le temps que je ne suis pas allé en classe et puis tous mes copains et copines eux passent au collège donc je vais être tout seul.
Hé oui, tout recommence, tout est vite arrivé, je suis  dans la cour de mon école debout mon sac à la main, je suis comme un nouveau pourtant je connais ce lieu mais j’y suis perdu, je vais du coté où je sais que quand la cloche sonnera tous les élèves se regrouperont pour entendre le père supérieur énoncer leur nom pour leur indiquer leur classe.
Moi je sais ou j’irais donc j’attend la juste à l’endroit où nous nous mettrons en rang pour monter à l’étage.
La cloche sonne, un rassemblement dans le brouhaha puis un silence complet, la cour parait desserte tellement le silence règne.
Quelques minutes plus tard tous nous sommes en rang devant notre maitre puis nous avançons pour rejoindre la classe.
Voila je redeviens l’enfant de l’année dernière, je remonte les marches une a une ,je reprend le cour de la vie d’un enfant mais je ne suis plus le même.
Je sais déjà qu’une nouvelle opération est prévue pour avril pendant les vacances, je sais que pour moi l’enfant d’avant n’est plus, je devrais vivre avec un handicap, plein de choses me rappellent à lui et encore aujourd’hui 37 ans après.

 

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