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Les Enfants de Pen Bron, La Turballe

Les Enfants de Pen Bron, La Turballe

Un blog pour témoignage, un blog pour le site de Pen Bron de La Turballe, pour que ce Centre Marin continue son action, celle d'accueillir des enfants dans un cadre de vie et un environnement marin unique. Emmanuel

Enfin une journée comme avant , comme avant ce mois de Décembre qui avait fait de moi un autre gosse , un gosse malade.
J'étais même devenu réservé en classe , à écouter le maître parler de moi.
Les copains ,eux ,cette après midi là ,je crois bien qu'ils pensaient se faire une après midi sans cours . Mais non,à un moment ,le maître leur a demandé de prendre
leur bloc de maths.
Ah, ce sacré bloc de maths !!!! Je me souviens en Septembre , quand il nous l'avait remis .Nous étions tous un peu surpris de ne pas avoir un livre de maths , mais des feuilles
reliées qui se décollaient les unes des autres ,quand nous avions fini la page et nous la rangions dans un classeur. 
Cela sortait de l'ordinaire et je trouvais ça marrant ,enfin au début . En effet l'idée de ce genre de feuillet de maths était super bonne .
Mais comme toujours et encore maintenant , on ne va pas à l'essentiel !!!! Non ,on complique par des phrases longues et incompréhensibles pour expliquer une règle de maths .
Et tout est comme ca.
Mes copains sortaient donc leurs feuillets et là effectivement ,même si avec Marguerite , on bossait dur , j'avais pris un gros retard.
Le maître commencait à écrire  au tableau et là , je me suis senti un peu mal à l'aise . Ils avaient fait un bond énorme en maths et moi ,
j'ai regardé l'exercice et je ne savais pas le faire . J'en n'étais pas à ce stade en quittant Pen Bron .
Monsieur Boissinaud a vu de suite que j'étais perdu et un peu gêné et il m'a dit " Emmanuel , tu écoutes et regardes et ne t'inquiètes pas " .
Là du coup ,j'ai mis la feuille de côté et j'ai écouté le maître comme jamais je n'ai dû l'écouter en classe et j'ai essayé de comprendre.
J'ai écouté mes copains , répondre et poser des questions . J'ai suivi sagement jusqu'à la récréation. Il était 15h30 , et pour moi,j'ai eu l'impression que ce n'était
pas la bonne heure .
Mes copains se sont mis en rang pour sortir , mais le maître leur a dit de me dire au revoir .
Et ,ils sont tous venus vers moi ,me serrer la main avec un grand sourire.
Parmi eux ,j'avais plusieurs bons copains ,dont Hervé avec qui nous avons été des amis pendant des années et Laurent ,avec qui ,on s'imaginait plein de choses , de rêves,
d'aventures ,de métiers .
J'ai eu à ce moment là ,un peu de peine à quitter la classe ,même si on m'avait dit " tu reviendras pour la fête de l'école ".
Quelque part ,je n'avais pas envie de partir de la classe . C'est un comble , je sais ,mais bon, je quittais ma classe ,encore pas comme les autres .
Mon oncle était là ,il m'attendait . Ils ont descendu mon fauteuil en me laissant dedans et nous avons pris le chemin de la sortie où tous les enfants jouaient dans la cour.
Au lieu de nous diriger vers la voiture , mon oncle Christian allait vers le bâtiment principal de mon école.
Oui ,l'école était divisée en plusieurs bâtiments : le bâtiment des secondaires abritait les bureaux et nous nous y dirigions tranquillement en longeant le trottoir que
j'empruntais en rang avec les autres élèves qui mangeaient à la cantine à l'époque où je marchais encore.
Arrivés à l'accueil ,les femmes du secrétariat sont venues me saluer avec un grand sourire . Je les connaissais toutes ,car tous les jours elles nous souriaient en nous disant "bonjour".
Et là ,une nouvelle fois ,je me retrouvais dans ce lieu , pourquoi ? cela je ne le savais pas encore !!!
L'une d'elles , nous dit que le père supérieur nous attend ,je suis étonné mais content de cette surprise.
Le père Godefroy ,si je me souviens bien de son nom: un homme très gentil , un père supérieur et donc directeur des établissements de l'école LEON XII.
Il m'a accueilli avec un énorme sourire et m'a demandé avec une voix chaleureuse , comment j'allais ,puis il nous a invité à entrer dans son bureau.
Nous avons discuté de plein de choses , et naturellement de mon état de santé , de mon hospitalisation .
Je me souviens de son sourire et de l'homme qu'il était avec tous les enfants de l'école.
Il gérait tout et il nous donnait des cours de basket certains soirs de la semaine. J'aimais beaucoup ce père et il nous aimait tous avec "cœur".
Pourtant ,je me souviens de ma première année dans l' école où ma maîtresse ,une femme ,elle aussi très gentille , m'avait collé . oui ,souriez !!!!
Collé , moi en CM 1 ,tout ça parce que mes cahiers étaient mal écrits !!!!
Un jour, elle m'a dit que je serai collé pour le samedi suivant et le vendredi soir ,elle m'a remis un papier pour la colle du lendemain.
Je me suis présenté le samedi matin au collège . J'étais le seul du primaire à être dans la cour à attendre l'ordre de nous mettre en rang.
J'étais le plus petit et j'avais les larmes aux  yeux.
Le père supèrieur est arrivé et a demandé à ce que tout le monde se mette en rang.
Là ,j'ai vu tout le monde se mettre à exécution correctement devant la salle d'étude : une salle énorme remplie de tables en bois , le bureau légèrement penché.
Ils ont tous sorti leur billet de colle ,et l'ont présenté au père ,chacun leur tour. Le mien était dans mon sac ,je ne le savais pas .
J'ai ouvert mon sac pour y prendre mon billet  en me précipitant, et là ,en le tirant ,il était coincé dans mon livre de grammaire , je l'ai déchiré.
J'ai eu peur , mes larmes ont commencé à couler sur mes joues.
J'avais en moi une peur que l'on pense que j'avais déchiré ce billet volontairement.
Alors oui ,quand le père est arrivé devant moi et que mes larmes coulaient sur mes joues : le père m'a demandé ce qui se passait.
Il a lu mon billet ,il m'a rassuré et m'a dit que ce n'était pas grave . Ensuite ,je suis entré avec les autres ,faire ma punition.
Ce père ,là ,oui j'en suis persuadé ,il est resté dans tous les cœurs des enfants de l'école : un homme formidable.
Ainsi ,pendant notre rencontre ,ce jour là ,j'étais vraiment content de le retrouver .Il m'appréciait avant ma maladie et il ne me recevait pas comme
un malade , mais comme un enfant qu'il avait dans son établissement . Il voulait avoir de mes nouvelles " moi" son petit basketteur.
Je me souviens ,aussi, qu'il m'avait offert deux présents . Je n'ai plus le souvenir de ce que c'était . Mais cela m'avait fait plaisir et rendu fier d'avoir un cadeau de sa part.
Nous nous sommes quittés , je suis rentré chez moi ,ce jour là ,avec un sourire d'enfant heureux.

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