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Les Enfants de Pen Bron, La Turballe

Les Enfants de Pen Bron, La Turballe

Un blog pour témoignage, un blog pour le site de Pen Bron de La Turballe, pour que ce Centre Marin continue son action, celle d'accueillir des enfants dans un cadre de vie et un environnement marin unique. Emmanuel

Publié le par Emmanuel

L’océan ! Pourquoi une telle envie, pourquoi pour moi cela ressemble au paradis !
L'océan, j'ai appris à l'aimer à travers la télévision mais surtout grâce à un homme fantastique qui a été le premier à nous emmener si loin dans les profondeurs marines, à nous montrer toutes les ressources marines, ces fonds sous-marins où se cachent des sites merveilleux et une faune souvent mystérieuse.
Oui, j’ai aimé ces émissions et tout gosse je rêvais de parcourir les mers à bord de la Calypso, être là, à travailler avec ce petit homme au bonnet rouge.
Même encore maintenant, qu'il a disparu, quel symbole ce bonnet rouge ! Il était entouré d'un équipage qui était dévoré par la même passion, la même envie… le commandant Cousteau nous a offert un monde merveilleux.
Alors tous les dimanches je me voyais revêtu d'une combinaison de plongée, harnaché d’une bouteille d'oxygène et muni d’une caméra ou d’un appareil photo pour immortaliser l'océan, garder les couleurs et en rêver une fois remonté et loin …
Voila pourquoi dans ce Centre la première chose que j'ai gardé en moi, c’est que l'océan était là, bien sur je ne pourrais pas y faire tout ce dont je rêve, tous ces désirs de grands explorateurs des mers, mais il est à la portée de mes yeux. J’en ressens l’odeur, l’iode si particulier…
Je n'ai qu'une hâte marcher sur le sable mais pour l'instant je me contenterais de le laisser glisser entre mes doigts.
Voilà, Pen Bron, comme je l’ai perçu le jour de mon arrivée. Premiers regards, premiers ressentis … face à ce château et ce que j’entrevois, et devine immense, l’océan…

Et pourtant au cours de son histoire, Pen Bron a été et de diverses façons occupé.

Au XVIII siècle, on y installa une usine d'engrais,

En 1824, un Nantais François Deffès commerçant de son état, décida d'y installer la toute première fabrique de conserves. Il allait profiter de la pêche des marins du Croisic et de La Turballe pour y faire les toutes premières boites de sardines à l'huile d'olive.
Installée tout d'abord près des falaises de la Turballe, il s'avéra que la petite ferme fut vite dépassée par l'ampleur de son entreprise, le site Pen Bron s’imposait alors pour le développement de sa conserverie.

1887 que dire de cette année si importante, Pen Bron allait alors trouver sa vocation.

Un homme de cœur troublé par la guerre de 1870, un homme de courage, un homme honoré par la France. Il fut élevé au grade de chevalier de la Légion d'honneur puis de la médaille militaire ainsi que la médaille de Crimée.

En 1871, il est inspecteur des enfants assistés à Niort, en 1878 il est nommé à Nantes.
Hippolyte Pallu, oui cet homme convaincu par le traitement marin pour certaines infections, est à l’origine du Centre marin de Pen Bron. Un sanatorium pour enfants scrofuleux va s’élever sur ce bout presqu’île et c’est avec lui que ce site va prendre toute sa dimension, son humanité au service de la santé et surtout des enfants, des enfants malades, perdus, ignorés, rejetés… nous somme en 1887 et la tuberculose sévit.

Il était important de rappeler l’origine de ce centre, je l’ai appris plus tard, et une relation, déjà si particulière avec cet endroit, me donna l’espérance puis la volonté de revoir ces lieux 35 ans après y avoir séjourné, j’ai alors renoué un lien…les sentiments et les regards sur nos vies changent ou s’apaisent.

La maladie m’a transporté loin de Châteauroux, où je laissais ma famille, mes camarades de classe et de jeux.
Pour moi l'histoire de Pen Bron débute en janvier 1975, elle se terminera le 15 juin 2009 et quand je dis terminé, je ne le pense pas, je dirais qu'un autre chapitre s'y est ouvert, je le découvre à chaque ligne, ici, écrites.

Un retour sur soi, sur moi, sur ce que j'ai vécu dans mon corps d’enfant, puis dans mon corps d’adolescent est douloureux mais nécessaire, il marque aussi et surtout un apaisement dans la mémoire de l’homme que je suis aujourd’hui.
En 1975, l'accueil est assuré, entre autre, par une jeune femme, je ne me souviens pas d'elle, mais tout ce que je peux vous en dire, c’est que ce 15 juin 2009, je me suis trouvé face à Madame Guillard, elle a débuté sa carrière au centre de Pen Bron en 1973, en souriant elle me dit qu’il est possible que nous nous soyons vu à cette époque, qu’il est possible que se soit elle qui m’ait accueilli.

Mais, je suis là, toujours installé sur mon brancard et notre arrivée était attendue, nous sommes dans la salle d’accueil.
Mes parents sont reçus par une sœur, ce centre est depuis son origine géré par des sœurs.

Puis, on nous guide à travers le centre. L’intérieur est magnifique, il y a une chapelle et une fois à l'extérieur tout en longeant les bâtiments, on découvre une magnifique pelouse, ainsi qu’un beau jardinDevant nous, un long corridor extérieur protégé par une verrière que j'emprunterais bien souvent mais allongé dans mon lit, uniquement allongé dans ce lit. Il permet de longer cet imposant bâtiment, oui c’est aussi grand à l'extérieur qu’à l'intérieur.

Au milieu, une porte, qui s’ouvre sur un couloir, là on nous dirige vers l'ascenseur.

Je comprends que nous sommes dans le bâtiment réservé aux enfants atteints des mêmes problèmes de santé que moi, mais pas obligatoirement de la même maladie.

Au rez-de-chaussée se trouvent les filles, je l’apprendrais très vite et à l'étage les garçons. Nous arrivons au premier étage et la responsable de service nous accueille avec un sourire enfin, je dis la responsable de service je ne sais plus, c'était peut être une fille de salle mais qu'importe le sourire et les mots étaient réconfortants.
Elle nous propose de nous emmener dans ma chambre, enfin pour moi dans une chambre, celle où je vais rester une fois mes parents partis.

Nous sommes en fin de matinée et peu d'enfants sont présents dans le bâtiment. Elle nous explique alors que les enfants sont à cette heure tous en classe.
Ce Centre a une école, nous pouvons suivre des cours afin de ne pas perdre une année scolaire ou tout du moins faire que nous ayons une vie sociale et scolaire en dehors des soins. Il faut rappeler que les hospitalisations durent souvent de très longs mois.

A l’hôpital pour enfants à Clocheville, pas de cours ! Je m’y étais bien fait.

Reprendre l'école, je n'envisageais pas cela ou n'avais pas l'envie d'y aller, j'avais pris l'habitude de rester dans mon lit et de ne rien faire de ces longues journées mais elles étaient sans leçons, ni devoirs, sans maître, sans contraintes si ce n'est de rester couché et d'accepter d'être patient.

Nous traversons un couloir tout en longueur avec d'un côté des chambres et de l'autre des pièces que je découvrirais au fur et à mesure de mon séjour, des salles de bain, un local où diverses choses sont entreposées et la salle des lavabos.
Nous arrivons presque au bout de ce couloir et nous tournons à gauche. Le brancard stoppe d’un coup, je comprends alors que nous sommes arrivés, je suis arrivé,
Là, une immense pièce, très grande et longue, où se trouvent alignés trois lits, je les revois encore aujourd’hui, ils sont d’une teinte bleu vert. Il y avait un lit, une table de nuit, un lit, une table de nuit, un lit, une table de nuit !

Comment était disposée la chambre ! Je ferme, là à l’instant les yeux… juste en face de ces trois lits, s’impose une table longue, très longue avec des chaises disposées tout autour, il y a une petite pièce communicante où se trouvent deux autres lits.

L'ambulancier, Monsieur Landureau, avait déjà transporté mon père pour son retour de Tours après une grave opération. Il ne restait à cet homme que quelques cheveux blancs sur l'arrière de son crâne, mais je me souviens aussi et surtout de sa gentillesse.
Il me prit dans ses bras pour me déposer sur mon lit, mon nouveau lit d'infortune.
Avant de partir, il expliqua à mes parents qu'il les attendrait à l'ambulance, qu'ils prennent leur temps, le temps de m’installer dans cette chambre, le temps de l’au revoir.

Ma mère s’est alors occupée de mes affaires, je la revois ensuite, assise sur le bord de mon lit mais je vois bien que mon père se sent mal dans cet endroit, il est pressé de partir, jamais je ne l'ai vu à l'aise, même à Clocheville.
Est-ce son accident de travail survenu quelques années plus tôt qui le stresse, je crois que je l’ai toujours senti mal, il descendait souvent fumer une cigarette ou bien il errait dans les couloirs.
Quand j'avais d'autres visites, des membres de la famille ou des amis, il se sentait obligé de demeurer dans la chambre, de ne pas marquer ces instants de son absence.

Et là je ne comprenais pas lui qui a subi une grave opération, lui qui suite à cette intervention était resté allongé dans un lit pendant des mois, lui qui a supporté le calvaire du bassin, de la toilette faite par des mains inconnues, lui qui est resté couché à l'heure des repas, lui qui n'a pas pu marcher pendant de longs mois, comme moi, lui qui était seul aussi, pourquoi ne me tenait-il pas la main, je n’avais que onze ans. Mais durant mon séjour à Pen Bron, tous les week-ends mon père a accompagné ma mère. Tous, sauf un, c’est ma tante qui est venue.

Je sais que mes parents doivent rentrer sur Châteauroux, ils m'embrassent, je les regarde s‘éloigner.

Par les fenêtres qui se trouvent entre ma chambre et le couloir, je les regarde aussi longtemps que je peux et c’est vraiment très peu.
Cette fois ci je ne pleure pas, je n'ai versé aucune larme, maintenant je suis habitué à être seul et à me retrouver dans un endroit inconnu.
Seul pas très longtemps, nous arrivons presque à l'heure du repas et les filles de salle sont venues installer sur la table de notre chambre les couverts du repas puis sont reparties.
Oui notre chambre, on m'a expliqué qu'elle sert aussi pour les marchands, que tous les jours les repas des marchands se tiennent dans notre chambre.
J'ai en face de moi le port et je vois dans ma tête débarquer les marchands du Croisic, je les vois venir s'installer, parler de leurs journées, rire ensemble puis nous laisser et partir rejoindre leur famille.
Mais pourquoi viendraient-ils manger là avec nous, enfin bon je les attends avec une certaine appréhension.
Du bruit dans le couloir, instinctivement je tourne la tête vers les fenêtres et observe ce qui se passe, j'entends parler et je vois un jeune garçon marcher dans le couloir, il a le visage bizarre mais ce qui m'inquiète le plus c’est que devant lui je vois une jambe en l’air, elle va de l'avant vers l'arrière, je suis là béat et je la regarde cette jambe et je cherche à comprendre mais il n’y a rien à comprendre, non impossible, je n'ai jamais vu cela, c’est incroyable ! J’ai les yeux rivés sur le visage et sur cette jambe. Je ne suis qu'un gosse et d'un coup je commence à avoir peur car il tourne et rentre dans ma chambre, devant lui il pousse un fauteuil roulant où se trouve un autre jeune qui tient dans ses mains une jambe, la sienne sans être la sienne, une jambe artificielle et il la balance ainsi encore et encore, je suis éberlué, mais rassuré quelque part aussi, et je m’attarde sur le visage du garçon qui pousse ce fauteuil.
Son visage, son cou et ses mains sont recouverts de grosses boursouflures, il est défiguré, il est brûlé...
Et je suis là à le regarder, à le scruter, mais je viens d’arriver et je vais apprendre à ne plus voir que le handicap, je vais réussir à détacher mes yeux de la maladie, des plaies, des visages et corps meurtris et oui ne plus voir que la personne qui est devant moi, simplement elle.

Ils se présentent à moi en souriant, ils ont l'habitude des nouveaux, ils sont dans le centre depuis un long moment déjà.

Dans le fauteuil roulant se trouve Thierry, le garçon brûlé se prénomme Yannick.

Les questions ne tardent pas à fuser : C’est quoi ton prénom ? Tu arrives d'où ? Qu'as-tu ? … voila le rituel des questions, tous nouveaux venus de toute manière y a droit.

J'apprendrais très vite à poser les mêmes questions à chaque personne nouvelle que je rencontrerais ici et je répondrais aux mêmes questions de tous les autres malades du bâtiment.
J'apprendrais même qu'il n'y aura pas que les enfants qui me poseront des questions sur ma maladie, plus tard tous les médecins que je rencontrerais dans ma vie me les poseront. Oui, plus tard aussi, mon handicap va soulever des questions et de mes réponses dépendra un oui ou un non pour un emploi.

Yannick a repéré les bonbons posés sur la table de nuit et naturellement m'a demandé s’il pouvait en prendre, bien sur que oui il peut en prendre, des bonbons, des gâteaux comme si c'était ce qui pouvait me guérir et je n'en manquerais pas.

Thierry en prit aussi et nous avons commencé à nous dire pourquoi nous étions là, enfin moi j'ai commencé à expliquer ce que j'avais comme je le pouvais à l'époque.

Fier de moi, je leur dis exactement le nom de ma maladie une ostochondrite bi latérale des deux hanches, croyez moi je n'ai jamais réussi à retenir des mots très compliqués mais là ce mot je le connaissais par coeur et le bi latérale me faisait sourire, cela donnait encore plus d'importance à ma maladie.

Je leur expliquais que j'avais le cartilage de mes hanches qui ne tenait pas et provoquait des blocages à l'intérieur du fonctionnement de ma marche, que parfois je me retrouvais bloqué. Je continuais, et confiais que le professeur Glorion avait reformé avec des petits morceaux d'os une pâte pour refaire mes têtes de fémur et que j'étais là pour que mes hanches opérées se consolident. Je devais faire de la rééducation, je n'avais pas le droit de marcher mais surtout je leur faisais bien comprendre que je pouvais marcher, que je pouvais me lever.

Il était important pour moi que l'on sache que je pouvais marcher que ce n'était qu'une interdiction.
Puis est arrivé Thierry, le Thierry de Clocheville, il sortait des cours, il avait été informé de mon arrivée. J'ai vu sur son visage un énorme sourire et je me suis senti beaucoup mieux, enfin une personne que je connaissais, nous avons parlé de suite de Robert je lui ai dit qu'il devait venir très bientôt nous rejoindre.

Je lui ai dis aussi ma crainte de savoir que les marchands venaient manger dans notre chambre le midi et le soir et je l'ai entendu rire, puis éclaté de rire et toujours dans ce fou rire, il m’explique alors que les marchants étaient les gosses de notre bâtiment, ceux qui pouvaient marcher se réunissaient dans notre chambre puisque c'était la plus grande pour prendre les repas.
Je me suis trouvé un peu bête mais soulagé en même temps.

Je n'ai pas eu à attendre longtemps pour faire la connaissance de tout le monde. Les cours étaient terminés et les filles de salle ramenaient tous les gosses sur des petits lits.
La pièce fut animée très vite de cris, de rires et de « tiens y a un nouveau » et là tout le monde se regroupa autour de mon lit !

Les filles de salle ont très vite rétabli le calme et fait passer tout le monde à table, enfin tout le monde ceux qui pouvaient et là le chahut c’est très vite calmé.

Thierry et moi, nous sommes assis dans nos lits, on nous a posé des tables adaptées pour poser nos plateaux. Premier repas au Centre de Pen Bron, une entrée un plat chaud un fromage et dessert, j'aurais souvent plus de laitage, c'était bon pour mes os.

A la fin du repas, tous sont revenus me voir et des questions, encore et toujours des questions, mais moi je commençais à être fatigué de la route, j’avais été malade durant tout le trajet, je tombais de fatigue, je leur ai offert des bonbons.

Nous avons repris un peu notre discussion avec Thierry, sur lui, son arrivée au centre et comment ça se passait.

Puis l'heure de la reprise des cours étant arrivée, il a été, comme les autres gosses, emmené dans la salle des cours.
Le silence est vite revenu dans la chambre, j'étais à nouveau seul, alors que tous les enfants se trouvaient en cours, j'étais couché, enfin assis dans mon lit.

J'ai pris un livre dans le tiroir de ma table de nuit et l'ai parcouru un peu mais je n'y ai pas trop prêté attention… mon regard parcourait les grandes baies vitrées, j'entrevoyais le port et quelques bateaux qui prenaient la mer, je les suivais d'une fenêtre à l'autre jusqu'à ce qu'ils disparaissent de ma vue.

Oui de mon lit, j’aperçois une partie du Croisic, de sa jetée, et devant mes yeux de petit môme, oui, il est là, l'océan, je n’en distingue qu’une infime partie mais chaque matin et soir au grès des marées, je vais voir partir et revenir les bateaux de pêche.

Tout doucement, je me suis allongé et me suis endormi.

Dans l'après midi une fille de salle est venue me voir, elle m'a parlé un peu mais je n'étais pas très bavard. Une fois qu'elle m'a laissé, j'ai allumé ma radio et écouté un peu RTL.

Depuis mon hospitalisation j’écoutais la radio, les chansons, les émissions de l'après-midi.

Mon émission préférée était les Grosses Têtes, un ensemble de personnalités qui répondaient aux questions d'un certain Philippe Bouvard, c’était drôle et je ne me lassais pas d'entendre leurs blagues.

Bien souvent je riais de les entendre rire, mais sans avoir certainement compris le sens de leurs propos ; ils m'auront accompagné bien souvent.

Les heures ont défilé et les garçons sont revenus de leurs cours. Nous avons discuté et ri ensemble très vite, plus vite que je ne l’aurais pensé, j'étais intégré au groupe.
Le repas du soir arrive et une nouvelle fois tout le monde est dans la chambre et là une cohue, les petits criaient, les grands essayaient des faire taire, mais rien à faire.
En fin de soirée les filles de salle sont venues fermer les volets, la nuit était tombée depuis un moment déjà mais j'aimais regarder le noir du dehors, ces volets blancs gris descendus, j'avais l'impression d'être enfermé, cloisonné.

Nous avons parlé avec Thierry très longtemps dans la nuit, il m'a raconté son arrivée au Centre, il m’a confié que sa mère n'était pas revenue le voir depuis et qu'elle lui manquait…
et je me suis endormi.

Il est sept heures, j'ouvre les yeux, je suis un peu perdu, je me demande où je suis mais très vite je comprends. Je sais où je suis et mes yeux n'ont qu'une envie, l’envie de se refermer. Qu'on me laisse me rendormir

Mais une fille de salle ouvre les volets et je retrouve cette magnifique vue, cela c’est bien réel. Le petit déjeuner arrive, je ne sais plus ce qu'il y avait mais certainement un chocolat et du pain, comme dans chaque hôpital.

Tous les marchants sont là installés devant leurs bols encore en pyjama et la journée commence avec des rires puis très vite, un à un, nous sommes emmenés au lavabo. C’est une petite pièce située près de notre chambre. La toilette commence, quand un gosse a fini un autre le remplace, les derniers n’ont pas trop d'eau chaude mais ça frotte dur, un coup de brosse à dents et nous voila tout frais, tout neufs.

Une première toilette sans bassine posée sur la table, comment je l'ai appréciée, avoir de l'eau qui jaillit du robinet et pouvoir une fois le savon passé sur le corps pouvoir le rincer correctement.

Avec la bassine, ce n’est jamais le cas, on rinçait une fois son gant de toilette puis après on a toujours l'impression que l'on se rince avec de l'eau savonneuse et je n’aimais pas ressentir l'effet que cela faisait, ma peau était toute raide mais là, le plaisir de pouvoir passer et repasser ce gant sur soi, une vraie toilette ! Un vrai bonheur !

Si je me rappelle bien, je suis arrivé à Pen Bron un mardi, donc là nous sommes mercredi matin et il n’y a pas d'école, nous restons dans nos lits une fois que nous y avons été redéposés.

Les discussions reprennent avec Thierry, on s'échange des gâteaux, on lit, on écoute la radio et nous reprenons notre rythme comme à Clocheville. Parfois nous restons sans rien dire…mes yeux sont souvent braqués sur le décor extérieur. Je vois quelques bateaux sortir en mer et je garde les yeux rivés sur chaque passage d'un de ces bateaux et sur ce petit bras d'océan offert à ma vue.

Thierry et Yannick se promènent souvent, ils vont d'un endroit à un autre mais ils sont là souvent avec nous et nous apprenons à nous connaître un peu plus chaque jour.

L’histoire de Thierry, c’est celle d'un gosse qui joue au ballon avec des copains dans sa cours, une bonne partie de football comme tous les gosses aiment à y jouer.

Mais un coup de pied dans un ballon un peu plus fort que les autres, un ballon qui monte, monte et passe par dessus la porte d'entrée de la cour et file dans la rue…un ballon qui fuit les enfants et Thierry, lui se lance à sa poursuite, il n'a qu'une seule et simple idée récupérer ce ballon très vite pour pouvoir reprendre aussi vite que possible la partie de football.

Il court, passe la porte d'entrée, s’élance dans la rue sans même regarder, traverse le trottoir et pose son premier pas sur la route, toujours obnubilé par ce ballon qui roule maintenant devant lui…

Après que dire, que dire que vous n'ayez pas compris, un camion arrive au même moment, ce routier est au volant de son camion, il roule comme tous les jours et là surgit devant lui un gosse, il arrive, il le voit mais il est trop tard, il aura beau freiner de toutes ses forces, écraser cette pédale au milieu des deux autres, rien n'y fera rien, le malheur arrive, il freine mais rien à faire il tamponne Thierry, il ne l'envoie pas en l'air non il l'écrase et le camion s'arrête, s'arrête trop tard mais trop tôt aussi.

La roue du camion est sur le bassin de Thierry, si mes souvenirs sont bons, c'est comme cela que Thierry a perdu sa jambe, par le fait que le camion se soit arrêté sur sa jambe, puis sur son bassin,
S’il l'avait percuté peut-être que Thierry aurait eu simplement la jambe cassée, je ne le sais pas mais, cette maudite roue a fait des ravages.

Thierry me dit que sa prothèse le brûle au niveau de son moignon et qu'il préfère ne pas la porter très souvent à cause de cela et c'est vrai que je le verrais rarement avec.

Et là, tout calmement Yannick me dit à son tour que si je sentais de mauvaises odeurs, il ne fallait pas hésiter à le dire à Thierry, je ne comprends pas et là Thierry remonte son pull et montre deux poches posées sur son ventre, une de chaque côté, une pour l'urine, une pour les matières fécales. Il me dit alors que lui-même, parfois, il ne les sent plus et qu’il fallait alors le prévenir.

Oui ce camion aura fait d'énormes ravages sur Thierry mais une chose est sur encore une fois comme je l'ai écris dans le blog, quand on est môme, on supporte tout, on accepte tout, lui il l'acceptait peut-être sans comprendre ou se rendre compte de ce qu'il avait sur le ventre et de cette jambe qui lui manquait.

Jeudi, un jeudi matin où on me laisse tranquille, une nouvelle journée commence, on me dit que je n'irai à l'école que cette après midi et j'en suis super content, je n'avais pas trop envie d'aller en classe.

Il me fallait une nouvelle fois affronter d'autres regards, ceux des autres enfants et surtout celui de la maîtresse et je redoute cet instant. J'ai une trouille comme un gosse qui se retrouve dans une nouvelle école et qui ne connais personne. Mais bon, c’est un peu le cas…

La matinée, je la passe une nouvelle fois seul à regarder de mon lit l'océan. L'heure du repas arrive très vite, trop vite mais voilà tout le monde est là à prendre son déjeuner et à discuter… ça parle, ça crie, il y a des disputes, enfin des petits mots qui partent de droite ou de gauche, comme dans tous les réfectoires sauf que là c'est une chambre.

L'heure arrive, le moment fatidique est là, je ne plaisante pas, croyez-moi…une fille de salle me prend dans ses bras et me dépose sur un lit à grandes roues je suis installé bien au milieu et on installe d'autres enfants autour de moi.

Direction les couloirs où l'on va prendre l'ascenseur pour aller dehors, l'air pur, je ne l'ai pas senti depuis mon arrivée, cela me fait du bien de sentir ce vent glisser sur mon visage mais c'est pas pour autant que je me sens mieux, j'ai toujours le trac.

Le jardin intérieur est magnifique, nous croisons des enfants, plein de gosses, les uns marchent difficilement, d'autres marchent aussi mais avec plus de peine encore car ils sont appareillés au niveau de leurs jambes de barres ou tubes en fer qui partent du haut de leur bassin pour rejoindre leurs chevilles. On dirait presque des jambes de robot, cela fait vraiment bizarre, certains ont pour avancer un déambulateur, ils marchent pas à pas, très, très lentement, leur démarche est décomposée comme au ralenti avec un boitement, un déhanchement qui leur donne l'attitude de quelqu'un qui va tomber ou trébucher. Je suis impressionné…


Nous arrivons en classe, on dépose certains des jeunes dans d’autres salles et bientôt on rentre mon lit à roulettes dans une classe où se trouvent d'autres lits et quelques tables, comme dans une vraie classe.

Tout le monde me regarde, tous les regards, comme je le redoutais, sont là à me dévisager mais le plus redoutable se situe la derrière ce bureau déposé sur une estrade
Une femme au visage abîmé par le temps, des lunettes posées sur son nez, des cheveux gris blancs, elle me regarde, je trouve drôle qu'elle ressemble à Tartine, un personnage de bande dessinée, une femme super forte qui règle les problèmes au fil de chaque page de la bande dessinée, oui elle lui ressemble trait pour trait mais elle me semble quand même beaucoup plus fragile, plus maigre, plus chétive.

Elle me demande mon nom, mon prénom, d'où je viens, depuis quand je suis arrivé au Centre et pourquoi je n'étais pas en cours ce matin.

Je suis sur qu'elle connaît les réponses à toutes ces questions, j’en suis persuadé mais elle cherche à me faire parler, je parle, je lui répond mais elle me fait répéter parce que je murmure et qu’elle ne m'entend pas. Je renouvelle mes réponses, je lui dis que je m'appelle Emmanuel que j'arrive de Tours et que j'habite Châteauroux, une ville située dans le centre de la France.

Elle me dit que je suis ici pour suivre une scolarité et essayer de tout faire pour m'empêcher de redoubler une année scolaire à cause de ma maladie, que la classe est de plusieurs niveaux et qu'elle s'occupe de nous tous en même temps, qu’elle donne aussi des cours à certains pendant que d'autres font des devoirs d'un autre niveau et la classe commence, enfin…

Je ne me souviens pas de tout, mais je sais que j'ai retrouvé très vite un livre de calcul que j'avais déjà en classe à Léon XIII, il était de couleur verte et les feuilles se détachaient au fur et à mesure que les cours avançaient. Il y avait les cours et les exercices d'application,
j'ai souri à retrouver ce livre parce que j'aimais ce genre de livre sans en être un vraiment… donc je pense que nous avons fait des mathématiques et ensuite du calcul mental où nous écrivions sur une ardoise les résultats, il fallait faire très vite.

Enfin la récréation arrive. Les enfants qui pouvaient marcher avaient encore une fois la chance de pouvoir sortir dans la cour. Là, assis sur mon lit avec d'autres je ne parlais pas, je ne faisais rien, je n'avais qu'une hâte que le temps défile très vite, et d'être enfin à l'heure de sortie d'école qui devait être 16H30.

Mais, la classe a repris et là le moment fatidique arrive quand Tartine, non pardon, Sœur Marguerite, c'était le prénom qu'elle avait, il est tellement gravé dans ma mémoire ce prénom… mais de toute ma vie quand je pense ou évoque cette maîtresse je l'appelle et l'appellerais toujours Tartine.
La maîtresse nous demande de prendre notre cahier de français, nous allons faire une dictée. Je suis décomposé, là j'ai eu un regard vers elle en la suppliant, en essayant par la pensée de la faire changer d'idée, j'aurai aimé avoir ce pouvoir à ce moment là, j'aurai aimé pouvoir l'hypnotiser et arrêter le temps pendant un instant et lui dicter autre chose que le mot dictée…
Mais je prends mon cahier tout neuf, je l'ouvre, je prends un des stylos qu'elle m'avait donné peu de temps avant et j'attends qu'elle commence, qu'elle nous donne le titre de cette maudite dictée.
Et voila, elle commence à parler, à répéter les phrases doucement puis un peu plus normalement, elle appuie bien la fin de chaque mot, elle fait bien les liaisons, elle parle, parle et ne s'arrête pas…enfin si à chaque point elle respire, à chaque virgule, elle marque un léger temps et reprend mais la dictée est dure, je remplis une page de mon cahier puis je vais à l'autre page. C'est pas possible, elle ne va pas s'arrêter de parler, de dicter, non, elle continue, mon stylo allait bientôt ne plus avoir d'encre, je n'aurais jamais assez de pages pour terminer ce texte qu'elle a devant les yeux, elle continue, elle parle, parle…

Enfin elle finit une phrase par un point final, je la regarde et là je l'aime d'un coup, je suis super content qu'elle ait fini, elle attend un peu, puis nous relit la dictée tranquillement, là j'écoute, je la regarde et je regarde tous les gosses, ils sont là installés la tête baissée sur leur feuille, les yeux rivés sur chaque mot qu'elle dicte l'un après l'autre. De temps en temps je fais comme tous le monde je regarde ma feuille pour faire comme eux, mais je la vois qui me regarde, je la vois qui m'observe et elle lit. Une fois qu'elle a fini de lire, elle nous conseille de relire tranquillement, tous chacun de notre côté, le texte et de corriger les fautes que nous aurions pu faire pendant la dictée.

Il n'y a pas un bruit dans la salle, pas un mot, on pourrait entendre le bruit des stylos tellement le calme règne dans la classe et tous ont les yeux sur leur feuille, tous, pas un seul n'a la tête en l'air, enfin tous, sauf moi, je regarde la classe, je regarde dehors, je regarde les dessins qui sont sur les murs et je regarde le vent qui fait bouger les quelques branches dehors.

Quelques instants après elle reprend la parole et nous demande si nous avons fini de relire et d'avoir surtout corrigé nos fautes et tous le monde répond oui.

Elle relit la dictée en épelant chaque mot important, chaque verbe de manière à ce que nous corrigions au fur et à mesure nos fautes à l’aide d’un stylo rouge.

Elle parle encore pendant un long moment et après avoir fait une légère pause, elle pose la question…

« Qui a fait dix fautes » quelques mains se lèvent et elle continue fâchée contre un ou deux élèves « Qui a fait neuf fautes » … puis huit et ainsi de suite et elle continue à dire que c'est pas bien et elle arrive à ceux qui en ont fait cinq, quatre et elle fait des remontrances sur certains élèves qui n'auraient pas du faire autant de fautes… je la regarde et moi dans mon coin, j'attends que cela passe, elle arrive à zéro et félicite ceux qui n'ont fait aucune faute, ils sont peu nombreux mais il y en a…

Puis elle nous explique que la dictée était très importante pour nous, que c'était le meilleur moyen de progresser, de maîtriser l’orthographe… puis d'un coup son regard se pose sur moi et là elle me dit et toi le nouveau je me rappelle pas t'avoir vu lever la main, tu as fait zéro fautes et la je répond non,
Là je me sens vraiment très mal, je la revois être en colère pour cinq ou six fautes et j'ai peur, je ne peux pas répondre de suite mais elle est là, me fixe, et soudain hausse le ton en me disant « je vais peut-être pouvoir savoir combien tu as fait de fautes »

Et là je lui réponds tranquillement en la regardant dans les yeux que j'avais fait… non je l'écrirais pas, non n'insistez pas, je le dirais pas même sous la torture, je ne vous dirais pas que j'avais fait plus de quarante fautes, je le sais, je n'ai aucune excuse et je ne chercherai même pas à me défendre en disant que cela faisait plusieurs mois que j'avais quitté l'école ; il est vrai que j'en faisais beaucoup moins d'habitude mais là quand même, cela faisait beaucoup…

Elle m’a regardé en me disant qu'il y aura du travail avec moi, enfin du travail… et puis ce n'était pas normal, elle m'a ridiculisé devant les autres, j'avais honte, je ne savais plus où me mettre, de toute manière je ne pouvais aller nulle part, mais d'un coup je l'ai haï, je l'ai détesté, je ne l'aimais pas et je ne remettrais jamais les pieds dans sa classe, quoique en y pensant je n'ai jamais mis les pieds dans sa classe.

J'ai attendu l'heure de sortie avec une haine en moi, une colère, je ne reviendrais pas dans sa classe.

Une fois rentré dans nos chambres, je suis dans une colère, je garde tout en moi, toute cette colère est enfermée en moi, si j'avais pu me lever et partir je l'aurais fait. Elle croit peut-être que cela va me motiver de m'avoir humilié devant tout le monde, non tant que les gens qui nous enseignent agiront comme ça, ils ne feront que nous dégoûter de l'école et là, c’est bien le cas.

Je ne parle pas, et tout le monde est au courant, on a beau être là, à ne pas pouvoir marcher, l'information, elle circule, et voilà, le nouveau est nul.

Je n'y retournerais pas, c’est sur, elle peut toujours courir, c’est impossible pour moi de retourner dans cette salle de cour.

La soirée a calmé ma colère même si en moi elle résonne sourdement encore.
Le lendemain matin, une fille de salle vient nous chercher, je refuse d'y aller, ha ! Non c’est impossible, alors elle essaye avec de belles paroles de me faire changer d'avis mais non je n'irai pas…
Des belles paroles, on est passé à un haussement de ton, d’autres personnes arrivent, elles tentent de me convaincre, elles me fâchent, je dis me fâche pour être polis mais je tiens bon.
Puis tout le monde baisse les bras et me laisse tranquille en me disant, ok pour ce matin, mais cet après midi, tu y vas…mais bien sur que je vais y aller, tu as raison toi…
Matinée tranquille, super tranquille, enfin l’heure du repas approche, mais le temps s’écoule et il faut aller en classe alors là je vous dis pas comment ils m'ont eu…

J'ai été pris par deux personnes qui m’ont attrapé et déposé sur le lit. Pas un mot, rien, je n'ai rien vu venir...

Je sais qu’ils m’ont eu, je ne râle même pas, je garde ma vengeance pour moi.
On arrive en cours naturellement, Tartine commence à nouveau à me mettre la honte en disant : « ce monsieur ne veut pas aller en cours, il en fait qu’à sa tête.» Je ne dis rien, pas un mot et d'ailleurs je ne ferais rien non plus.

Des mathématiques au français, rien de rien, je ne ferais rien.

J'attends le week-end avec impatience j'attends cette dernière matinée de cours et enfin revoir mes parents. Depuis leur départ, je n’ai aucune nouvelle, je suis là à Pen Bron dans le bâtiment Panckoucke au premier étage, nous faisons de jolis colibris, nous tous, nous incapable de marcher pour certains et pour d'autres une démarche un peu chancelante mais on a tous hâte de pouvoir voler comme les colibris, de prendre son envol et partir loin….

Depuis mon arrivée, je n'ai vu que les couloirs qui nous mènent en salle de cours, c’est pourtant immense ici, mais pour le moment, j'ai rien vu d'autre …

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Publié le par Emmanuel

On était au courant parce que quand nous faisions trop de bruit, les filles de salle nous avaient expliqué qui se trouvait derrière ces vitres et pourquoi, alors l'après midi, c’est vrai que nous étions calmes, très calmes.
Je me souviens que Robert avait demandé à un des gosses d'aller gratter cette peinture présente sur les vitres pour que l'on essaye de la voir.
Moi je l'ai vu un an après, mon lit était juste derrière elle, je l'ai vu, elle avait autour du cou comme un collier de trombones et un tuyau dans la gorge, je l'ai vu et j'ai vite retiré mes yeux de la vitre. Elle avait de très beaux cheveux longs et bouclés.
Un soir en jouant avec notre jeu du rouleau de papier toilette, Thierry a lancé tellement fort en direction de Robert qu'il n'a pu le rattraper et a frappé la vitre.
Un bruit énorme dans nos têtes a résonné et là tous les trois, nous nous sommes calmés, nous avions tous les trois peur qu'elle se soit réveillée et qu'elle vienne dans notre chambre.
Quelques années plus tard, je me rappelle avoir raconté ce moment et me dire comment j'aurai aimé qu'elle se réveille, du à notre bruit, à notre jeu bête, oui, j'aurai vraiment aimé.
Je ne sais qu'une chose, c’est que l'année suivante à ce que j'écris, je l'ai vu et que c’est la dernière fois que j'ai entendu parler de la jeune fille d'à côté de notre chambre.
Je me suis toujours dit qu'elle s'était réveillée, que sa mère avait retrouvé le sourire mais j'ai peur d'avoir malheureusement tort.


Les jours qui passent se ressemblent , les week-ends aussi, mes parents arrivaient le samedi, partaient et revenaient le dimanche.
Je me souviens que mon père, souvent installé au bout de mon lit, levait légèrement mes poids et que par magie ma jambe remontait toute seule, le moindre mouvement sur mes tractions je le sentais, c’est fou la sensation que cela me faisait.
Ces tractions, si je me souviens bien ou plutôt si j'ai bien compris, servaient à décoller ma tête de fémur du bassin, quelque chose comme ça...
24 décembre 1974 enfin, enfin, j'ai l'autorisation de sortir de l'hôpital pour passer Noël chez moi. Cela fait maintenant 18 jours que je suis attaché à ces poids, je vais pouvoir être libre.
Fin de matinée, le kiné arrive et là je me retrouve libéré, je vous dis pas comment ça arrache. Les sparadrap collés à mes jambes font que je suis sale, c’est tout noir la dessous et j'ai les marques même des trous du collant, ça fait un effet...
Je me souviens que l'on m'avait dit que j'aurais le droit de marcher un peu, juste un peu, donc, moi le petit "Manu" que j'étais alors, n'a pas attendu de savoir s'il avait le droit ou pas ! En cachette, une fois que tout le monde est sorti, j'ai eu qu'une envie, marcher !
Une grande question dans ma tête, est-ce que je saurais toujours marcher, quelque part j'avais la peur de ne plus savoir, j'avais peur de devoir réapprendre à marcher.
Alors je me suis lancé, j'ai laissé mon petit corps de gosse glisser le long du lit tout en me tenant bien. Mes jambes ont touché le sol, une sensation de fourmillement m’a prise, je me suis appuyé sur mes deux jambes et ai commencé à marcher.
D'un premier pas, j'en ai fait un second, j'avais l’impression de descendre une pente, de marcher en descendant un chemin de montagne, je dirais.
Là, j'ai eu peur et j'ai "bondi" dans mon lit.
En début d'après midi ma tante et mon oncle sont venus me chercher, la route ne m’a pas paru longue.
Je suis arrivé devant chez moi où tout le monde m'attendait, tous avec un sourire, j'étais heureux c’est vrai de rentrer chez moi après ces jours d'hospitalisation, heureux de me sentir ici, là sur cette banquette dans le salon. Là j'ai fait la découverte du cadeau qui avait été fait à mon frère, une chienne papillon, toute petite, ma mère me l’a apportée et me l’a déposée sur les jambes, j'ai voulu la caresser et madame enfin mademoiselle, c’est empressée de me faire dessus, ce qui a mis un terme à une longue amitié qui aurait pu naître.
Faut dire que je préfère les chats, c’est doux, ça ronronne, c’est câlin !
La soirée c’est super bien passée, j'étais heureux, en plus installé comme un roi devant la télévision, il faut dire que ça me manquait aussi ce petit écran.
Ma tante a eu la merveilleuse idée de m'emmener à la crèche vivante à une quarantaine de km de chez moi, je venais de faire dans l'après midi 140 km de route, couché et là on recommençait, non mais franchement !
Partir pour arriver à la nuit, voir une foule de personnes marcher vers une église, accompagnée de bergers, de moutons, d'ânes...
Nous sommes rentrés tranquillement et là une fois couché des démangeaisons dans les jambes m'ont prises mais à ne plus s'arrêter, j'en hurlais, je me grattais, je n'arrêtais pas, j'avais les jambes gonflées. Après des appels à l'hôpital, au médecin et aux pharmacies de garde, j'ai du m'endormir avec une crème sur les jambes et quelques comprimés.
Je ne parlerais pas des cadeaux de Noël, je ne m'en souviens pas, il devait y en avoir beaucoup mais tout ce que je sais, c’est que le plus beau cadeau que j'avais eu, c'était de sortir de l'hôpital.
Le 26 décembre 1974, retour à l'hôpital...
Nous sommes passés voir un de mes copains parce que c'était l'un des seuls à prendre de mes nouvelles et avec lui, tout gosse on rêvait de devenir cuisinier ou archéologue... des rêves de mômes...Ensuite, nous avons repris la route de Tours, oui demain matin, je vais au bloc pour l'opération, la première pour mes jambes et cela ne sera pas la dernière, croyez moi, là souvre un long chemin et le début des opérations.
J'ai retrouvé la même place, dans la même chambre, mes deux potes sont eux aussi rentrés dans la journée.
Une fille de salle vient me voir, m'embrasse, me souhaite un bon Noël et m'offre un petit paquet.
Tous les enfants de l'hôpital ont eu la même chose, un père noël en chocolat, quelques pâtes de fruits et une maquette, si je me trompe pas.
La soirée arrive à grand pas et là pas de chance, pour moi juste une soupe, une toute petite soupe et un yaourt, ce n’est pas grand-chose, il faudra faire avec.
Juste après le repas une infirmière arrive avec sa table roulante remplie d'accessoires, là elle me demande de me déshabiller et elle s'installe près de moi, elle est munie d'un rasoir et me rase, elle a passé le rasoir partout, du torse jusqu'a mes chevilles...
Ensuite elle me donne un produit et me conduit à la douche et là, un bain et une douche, deux douches avec ce produit marron qui sent mauvais, mais vraiment une odeur ! la betadine.
Elle m'enroule dans un drap antiseptique bleu, me prend dans ses bras et m'emmène dans mon lit et là, on recommence avec un pince où elle a accroché au bout un coton rempli de betadine, elle passe et repasse le coton, je suis marron non, non, j'ai pas pris le soleil, mais je suis d'une couleur atroce, marron rouille.
Ce soir là je n’ai pas trop dormi, pourtant il m'avait donné un médicament, mais j'ai tourné et tourné toute la nuit. Au matin, un peu plus tôt que d'habitude, l'infirmière du matin vient, me réveille et me dit qu'elle a encore quelques soins à me faire. A nouveau, la bétadine !
Je suis pas trop fier quand elle prend une seringue, je vous dis même pas la taille de la seringue, mais là où je commence à flipper le plus, c’est quand je vois la taille de l'aiguille. C’est pas possible plus long, elle rentre pas dans la pièce ou alors faut faire un convoi exceptionnel !
Un petit coup de coton, elle me pique, une douleur immense m'envahit le bassin ; j'ai l'impression qu'elle a traversé mon corps et que l'aiguille a touché le matelas tellement elle m’a fait mal, c’est dingue ça, pour pas avoir mal on commence par vous faire mal…puis elle m'a dit, décontracte toi, ça je l'étais, oui, pour être décontracté, tout était mis en oeuvre et j'ai senti le liquide me pénétrer doucement mais avec une violence aussi forte que cette fichue aiguille,
J'avais l'impression qu'elle n'allait jamais s'arrêter.
Il parait que le liquide est gras et qu'il peine à rentrer, c’est la raison pour laquelle elle y va doucement mais je peux vous dire que pour être épais, oui, il doit l'être.
Enfin elle retire l'aiguille mais j'ai toujours l'impression de l'avoir, ce n’est pas possible, elle a oublié un truc en moi, j'ai mal et quelques larmes ont encore coulées le long de mes joues.
Je bouge ma jambe pour écarter cette raideur, mais rien, au contraire plus je la bougeais plus j'avais mal.
Il me restait à attendre que l'on vienne me chercher.
Mes potes étaient réveillés et prenaient leurs déjeuners tranquilles devant moi. Ils ne manquaient pas d'air quand même manger devant moi, moi qui n'avais pas le droit, et la solidarité, non ne vous croyez pas ! Thierry est venu me parler un peu. A Noël, il avait eu un jeu d'échecs, il m’a proposé de jouer et comme je ne savais pas, il m'a appris à déplacer les pièces une par une.
Il y a une chose qui me fait sourir , c’est qu'apprendre les échecs enfin apprendre c’est vite dit, un matin d'opération, je pense que nous sommes peu à l' avoir fait avant de franchir ces grandes portes et d'entrer dans le bloc opératoire !
J'ai juste eu le temps de comprendre un peu, puis on est venu me chercher. On m’a emmené avec mon lit et là j'ai traversé le couloir sur toute sa longueur, traversé le côté des filles ! Même pas eu le temps de m'arrêter faire connaissance, car direction les deux portes du fond.
A l'entrée, c'était bien marqué passage interdit bloc opératoire, nous on avait des laissez-passer !
Alors sur ma gauche, bloc B et un petit peu plus loin bloc A.
Le bloc B, j'aurais le temps de le connaître plus tard.
Le bloc A, c'est une immense salle, énorme avec une table d'opéation en plein milieu, surplombé d'un immense spot qui éclairait très bien, je crois bien que l'on aurait pu éclairer un stade avec, non je plaisante !
On m'installe sur la table d'opération et une personne, une femme masquée est venue me parler et en même temps m'installer sur le dessus de la main une aiguille munie d'un petit tuyau.
Bon sur le dessus de la main, ça picotait quand même pas mal quand elle m'a introduit l'aiguille mais je préfère cela à la précédente piqûre.
Elle m'a installé un petit oreiller sous ma tête, une petite forme de boudin, je n’étais pas trop mal installé, un peu dur le matelas, mon petit corps de gosse recouvert d'une nuisette bleue ouverte et d'un drap, enfin il ne faisait pas chaud du tout.
Là, elle m'a parlé, m’a demandé de compter à partir de dix en reculant et c’est parti, je n'ai pas eu le temps de finir que j'ai senti une drôle de sensation, mes yeux voulaient se fermer et moi j'essayais de résister.Elle m’a dit, laisse toi aller, et de toute manière j'ai rien pu faire d'autre, quelques secondes après, je me suis réveillé malade à vomir et des douleurs atroces dans mon bassin.
Bon mince alors, ce n’est pas quelques secondes après, vu qu'il parait qu'elle a duré plus de sept heures l'opération, il devait y avoir de gros travaux à faire dedans !
Enfin tout ce que je retiens, c’est que pour moi cela a duré une seconde, même pas rêvé, rien, mais là maintenant un cauchemar, des douleurs, des vomissements incroyables et j'avais soif, c’est fou, il m'a fallu attendre je ne sais plus combien de temps avant que l'on porte un gant de toilette humide sur mes lèvres.
Je me rappelle l'avoir serré entre mes dents pour aspirer le peu d'eau qui s’y trouvait. J'ai été malade toute la nuit qui a suivi et les douleurs n'ont jamais cessées.
Au matin, j'ai découvert mon corps, j'ai relevé les draps, j'ai vue d'énormes pansements d'où sortaient sur chaque cuisse des tuyaux où du sang se trouvait.
Oui, ce matin un peu vaseux, il faut dire que j'ai passé un temps fou à vomir, toute la nuit, malgré les médicaments, je n’ai pas arrêté, il faut dire qu’ils n’avaient pas le temps d'agir vu que je les rendais aussitôt...
Cela va mal, mais ça passe, enfin je le dis vite parce que dès le moindre mouvement du bassin tout se réveille et j'ose même pas bouger mes jambes, ni les plier...
La matinée se passe, je dors, je me réveille, je suis un peu encore sous l'effet de l'anesthésie.

En milieu de matinée, l'infirmière arrive pour les premiers soins, une table remplie d'instruments. Bon, c’est reparti ou plutôt c’est parti avant c'était supportable !
On va commencer à toucher les plaies... J’ai peur parce que je ne sais pas encore ce qui va m'arriver.
Elle me demande de me mettre sur le côté avec gentillesse mais bon déjà que je peux à peine bouger alors me mettre sur le côté, elle plaisante ou quoi !

Bon, elle m'aide à me tourner j'ai mal et la peur ne fait qu'empirer les choses. Déjà les plaies me font mal mais en plus les tuyaux enfin les drains me causent plus de soucis, ce truc vivement qu'ils m'enlèvent ça.
L'infirmière avec délicatesse défait les pansements très, très doucement. Ils sont remplis de sang et collés donc elle fait attention.
De toutes mes interventions, jamais je ne pourrais dire qu'elles n'ont pas fait attention à ne pas me faire mal, elles seront, opérations après opérations, toutes gentilles et méticuleuses même s’il m'est arrivé de me prendre la tête une fois avec l'une d'elles, elles seront toutes prévenantes avec moi.
Voila la plaie est à l'air, c’est bizarre, je sens que plus rien ne la protège, j'ai l'impression que c’est frais dessus.

Avec un ciseau où elle a inséré au bout une compresse, elle glisse sur ma cicatrice et là un bien fou, c’est doux, c’est frais, ça fait un bien incroyable.
Le reflex que j'ai eu et que j'aurais toujours à chaque pansement, c’est de regarder ma plaie, de regarder à chaque fois comment c’est.
Faut dire que c’est pas joli quand même, des fils, il y en a un paquet, je peux vous le dire, cela part du haut de mon bassin pour descendre jusqu'à côté de mon genou, ça fait un sacré bout de chemin quand même.
Elle s'occupe de moi rapidement parce que ma position n'est quand même pas idéale, même si elle m’a bloqué avec des coussins, je commence à peiner et j'ai encore l'autre jambe à faire.
Bon voila, tout est fait, avec joie je me retrouve allongé et frais j'ai, l'impression que je revis, c’est fou, bon cela vaut pas une bonne douche mais c’est déjà ça.
Des douches, suis pas près d'en prendre une, croyez moi !
J’ai faim, j'ai une faim, c’est fou et c’est bientôt l'heure du repas, je sais plus ce qui se trouvait sur le plateau, mais je sais une chose, j'ai tout mangé avec plaisir, j'ai rien laissé.
En début d'après-midi, juste avant la sieste, une fille de salle est venue me passer une huile sur les talons, j'avais des fourmillements et elle m'a passé de la lotion sur le dos, cela m'a fait un bien fou. J'étais mal à force de rester allongé sur le dos et pour éviter les escarres, j'aurais droit à ce massage assez régulièrement.
Je n’ai jamais eu d'escarres, tant mieux et je n’aurais jamais d'oscar tant pis !
Les jours ont passé tranquillement, tout se déroulait bien, je ressentais doucement mon bassin même si par moment c'était pas encore ça, tout allait bien.
Le troisième ou quatrième jour, au matin, l'infirmière m’a dit les drains ne donnent plus rien, on va les enlever alors là, alors là, j'étais content et c’est pas peu dire croyez moi ! Alors elle me dis, c’est parti, j'inspire à fond et là une douleur violente me déchire la cuisse et me remonte jusqu'au cœur, des sueurs sur mon front sont apparues, j'ai jamais eu de ma vie aussi mal qu’à ce moment là, c’est fou, j'ai l'impression qu'elle a mis sa main à l'intérieur de ma poitrine et qu'elle m’a arraché le coeur et déchiré en même temps tout l'intérieur de ma cuisse.
J'ai hurlé, simplement hurlé, on m'a entendu dans tout le couloir.
Elle m'a dit de respirer calmement et avec une compresse a épongé le sang qui coulait de ce trou, une longueur de tuyau incroyable qu'elle venait alors de retirer de ma cuisse.
Elle a refait le pansement de ma jambe pour m'installer sur l'autre côté et s'occuper de mon autre jambe.
Elle a tout refait comme j'ai écrit avant, même système pour le second drain, mais là je savais la douleur que j'avais eu, je savais que c'était repartis pour la même chose.
Au moment où j'ai pris mon inspiration, je me suis tellement contracté que la douleur était encore plus forte , encore plus violente, je sais pas si c’est parce que je savais mais je peux vous dire que des larmes ont coulé, quand elle a eu fini, des larmes de douleurs en même temps que des larmes de soulagement se mêlaient les unes aux autres.
Parce que c'était fini, je n'avais plus ces maudits tuyaux et pour moi je pensais que je ne pouvais pas avoir des douleurs aussi importantes maintenant.
Voila le retour du bassin, cela fait depuis l'opération, donc je dirais quatre jours, je battrais mon record de bassin bien plus tard puisque je ferais toujours tout pour ne pas y aller...Record à battre 15 jours !
Alors comment faire pour ne pas aller au bassin sans éveiller les soupons, tous les matins et tous les soirs, l’infirmière vous demande si vous avez été au bassin, pas dur, à un moment vous dites oui, elle vous répond, c’est pas marqué sur la fiche et vous, et bien , elle a du oublié ! Cela a marché à chaque fois !
Donc le bassin, je demande à l'avoir, mais là mes fils sont justes posés dessus sur le bord, ça fait mal, mais en plus le bassin me fait mal lui aussi.
Les journées s'écoulaient doucement et avec mes potes, les jeux et rigolades étaient revenus à notre chambrée.


Et voila le jour des fils qui arrivent, ce matin l'infirmière m'a dit qu'on enlevait tout.
Elle m'installe, donc je ne vous redis pas comment, vous le savez.
Et là, c’est parti, je redoute un peu, je repense au drain, elle me rassure et commence par le premier, le deuxième et là un bien fou, ça gratte et elle gratte là juste là sans que je lui dise, c’est là qu‘elle pose sa lame, ça fait un bien fou.
De temps en temps, un fil est sous la peau et ça fait un peu mal mais je suis bien, si je me rappelle bien, je crois que j'avais entre 50 à 60 points par jambes.
Elle a nettoyé tout cela et m'a remis un pansement, j'étais bien et soulagé, ce n'était pas beau, ma cicatrice était très gonflée, c'était moche, mais tant pis

Nous entendions tous parler d'un centre de rééducation spécialisé près de Guérande, il s'appelait Pen Bron, on devait tous les trois y aller mais pour l'instant ce n'était que des paroles.
On m'a demandé si je voulais y aller et moi je n’avais pas envie même si mes copains s'y rendaient. Je voulais pas, c'était très loin de chez moi, trop loin

Voila, Thierry est parti dans le centre de Pen Bron, un vide s’est installé dans notre chambre.
C’est morose, on a l'impression de l'avoir perdu et en même temps notre bonne humeur.
Les jours passent, ils deviennent de plus en plus longs, nous voyons de dehors que le temps gris et la pluie tomber.
Nous sommes au chaud dans notre lit, plein de personnes rêvent de rester au lit le matin, de faire la grasse matinée, plus moi et pourtant j'aimais mon lit, j'aimais le soir aller me coucher, ouvrir discrètement les volets de ma chambre en pleine nuit et appeler ma chatte, Sophie, oui drôle de nom, je sais.
Parfois elle était trempée mais tant pis je l'appelais et elle bondissait sur le mur, le longeait de tout son long et venait d'un bon sur le bord de ma fenêtre.
Je la laissais vadrouiller et venir me rejoindre dans mon lit, elle s'enfonçait au fond du lit contre mes pieds, et elle me tenait chaud. Le matin, je me réveillais, elle était juste là, sur le traversin collée à ma tête. Comme ces moments là me semblent si importants maintenant, c’est fou j'aimerai pouvoir la caresser, l'entendre ronronner.
Parfois je repense à ma grand-mère et elle me manque, je me dis que jamais elle ne m’aurait pas laissé partir dans cet hôpital, mais je sais que, non elle, elle aurait vu depuis longtemps que j'avais un problème.
J'étais petit, chétif, je n'arrêtais pas de courir, de faire du vélo et de me prendre pour les plus grands joueur de la planète.
Et voila le résultat, au fond de mon lit, je ne bouge plus et je crois que jamais je ne recommencerais à faire un sport, à rêver à tout cela.
Bientôt, je vais partir pour le Centre de Pen Bron, j'ai peur d'affronter cela et encore j'ai de la chance, on m'a promis que je serais dans la même chambre que Thierry.

Voila, demain je pars ; toutes les filles de salle, les infirmières viennent m'embrasser, me dire au revoir.
Quand je pense que j'ai pleuré en arrivant ici, je pleure à mon départ, c’est dingue, mais voilà durant le temps passé ici, je n'ai jamais été mal traité, je me suis fait gronder une fois, la fois où j'ai fait dans le bassin pour la première fois et que j'avais peur, mais bon c’est tout ce qui c’est passé de mal.
Donc, je tenais à dire une chose à tous les parents et enfants qui ont ou qui fréquenteront l'hôpital de Clocheville pour enfants à Tours, tout se passera bien.

Mon arrivée au Centre marin de Pen Bron

C’est le départ.
De Tours nous prenons la direction du Centre marin de Pen Bron et pour moi encore une nouvelle épreuve, la découverte d'un nouveau lieu, de nouvelles personnes, je dois faire avec, je dois composer et m'y faire.
La route, toujours la route, depuis tout gosse je suis malade en voiture, alors partir dans une ambulance la tête en arrière n'est pas fait pour arranger les choses.
Comme d'habitude je vais essayer pendant un très long moment de ne rien dire, de me retenir mais je ne tiendrais pas plus…
Une fois que la guerre est déclarée avec ce mal des transports, je ne peux plus me contrôler, ni me retenir, et là le calvaire commence, que ce soit pour moi ou pour ma mère assise à mes cotés à me tenir le haricot … Je n'ai qu'une hâte que l'on arrive enfin.
Je veux que cette ambulance arrive au plus vite, ce n'est pas tant que j'ai hâte d'arriver à Pen Bron mais c'est surtout pour ne plus ressentir ce mal être qui me donne un mal au coeur mais pourquoi au cœur.
Tout ce que je n'ai pas vu de la beauté du site en arrivant, je le découvrirais un peu plus tard, nous avons traversé la dernière ville avant le terminus…
Guérande, à travers le peu de vue possible des glaces de l'ambulance, j'ai découvert de magnifiques remparts mais très peu de tout ce que j'ai pu y découvrir par la suite.
Nous avons emprunté une petite route où nous avons longé des marais salants, traversé une magnifique forêt de pins et… là au bout de la route, sur la gauche nous avons pénétré dans un site immense.
Nous y voilà, nous sommes arrivés à Pen Bron.
Une façade magnifique, style château renaissance si je peux dire, un parc immense et vert s'étend juste devant ce bâtiment.
Juste derrière, je ne le vois pas encore mais je le découvrirais, l'océan oui l'océan…
Pen Bron est posé là juste là, près de l'océan, à quelques pas de l'océan, enfin pour moi, je crois que je ne peux à ce moment parler de quelques pas mais, ce qui est sur, c'est cet océan à portée de mes yeux d'enfant.
Je n'ai que dix ans.
L'océan, la seule et unique fois que je l'ai vu, je n’avais pas trois ans. Tout ce dont je me souviens, c’est une canadienne orange, là installée sur un terrain et devant, devant mes yeux l’océan…

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Publié le par Emmanuel

Mon histoire, ce lien avec Pen Bron, remonte à il y a beaucoup années où une maladie a perturbé la suite logique de ma vie, mais même encore maintenant je ne peux pas dire si elle m'a vraiment perturbée, non je ne pense pas, ma vie a pris un autre chemin
Nous avons tous plus ou moins des épreuves à traverser dans la vie, des moments difficiles, mais nous ne pouvons qu'avancer et faire avec et j'ai fait avec. Pen Bron, il est sur que pour beaucoup de vacanciers se promenant sur le port du Croisic par de belles journées ensoleillées, ce cadre est agréable, mais très peu de ces personnes en découvrant la vue magnifique de ce château ne savent ou ne peuvent imaginer toute l'histoire qui se cache derrière ces murs.
Ce que j'aimerai vous faire découvrir a travers ce livre, ce sont tous les instants qu'un enfant, que malheureusement beaucoup trop d'enfants, ont pu y vivre. Et cela depuis de nombreuses années.
La vie nous réserve de bien tristes moments que ce soit du à la maladie ou à un accident, il nous faut ainsi qu'aux familles qui nous entourent, les subir.
D'ailleurs ce que je retiendrais de mon histoire, c'est qu'il est parfois beaucoup plus facile de vivre ces moments enfant, oui enfant, on accepte, on gère certainement beaucoup mieux qu'adulte, oui, j'en suis persuadé.

Comme je l'ai écrit une partie de ma vie s’est déroulée dans ce centre ; mais si je tiens à en parler aujourd'hui, presque trente cinq ans plus tard, c'est que depuis que je l'ai quitté, il est toujours resté en moi, bien profondément en moi, j'y ai encore des souvenirs comme vous pourrez le lire à travers ces lignes.

Mais, il est question de fermer ou de diminuer le nombre de lits dans ce centre, ou de plus y avoir de rééducation infantile ce que je trouve inadmissible.
Il nous faut alors réagir comme je vais essayer de le faire, avec vous, réagir parce qu'il est impossible de vouloir déplacer de cet endroit des enfants où tout est mis en oeuvre pour que la rééducation de ces jeunes soit pleinement réussie. Bien sur que ce soit ici ou ailleurs, il est question de Nantes ou Saint-Nazaire et je n'ai rien contre ces deux villes bien sur…
Mais regardez les photos du site, regardez la beauté qui entoure ce centre, admirez et vous comprendrez que pour les personnes vivant un traumatisme, il n'y a rien de mieux que de vivre là, au bord de l'océan, un site entouré de forêts de pins, de dunes de sable, de magnifiques décors entourant, protégeant finalement cet endroit.

Je tiens à remercier le directeur du Centre, Monsieur Moutet qui, à la suite d'un mail, m’a permis de venir au centre, de refaire une partie de ce passé d’enfant, de redécouvrir l'intérieur du Centre, de pouvoir revivre des instants…
Je le remercie de cette attention qui m’a permis de visiter le Centre de Pen Bron en compagnie de Madame Guihard, le lundi 15juin 2009.

Monsieur le Directeur, vous ne pouviez pas mieux choisir pour me faire redécouvrir ces moments si importants pour moi, Madame Guihard a été d'une gentillesse si naturelle, nous avons ensemble parcouru les couloirs, elle a été à l’écoute des moments importants de ma vie, ensemble nous avons parlé de Pen Bron, ensemble nous avons partagé des mots qui parfois m'ont donné des larmes, mais des larmes d'émotion, des larmes de joie, des larmes de plaisir, alors oui merci à vous, merci de ce que vous faites pour tous ces enfants, merci pour eux.
Je sais que depuis quelques années le Centre accueille aussi des adultes, moi j'en suis resté aux enfants et je soutiendrais du plus profond de moi la continuité de la vie de ce Centre, pour eux .

Maintenant au fil de ces pages, je vous parlerais du Centre de Pen Bron et de mon histoire j'espère que cela vous fera réagir et prendre conscience de l’importance de ce Centre pour la convalescence, la guérison des enfants de la région, ou de plus loin.


N’oubliez surtout pas que la maladie, l'accident, le handicap n'arrive pas qu'aux autres et quand cela arrive, il vous faut pouvoir accepter, comprendre et guérir et bien souvent la guérison ne se réalise que bien des années plus tard. Il y a la guérison physique mais aussi et je dirais surtout la guérison psychique.
Merci de votre attention

J’ai pu retrouver le Centre de Pen Bron, le 15 juin dernier, et là j'ai eu la chance de pouvoir gravir les marches et entrer dans le Centre, m’y déplacer debout, trente cinq ans plus tard, dans ce centre où enfant je n'avais jamais posé le pied par terre. Cela m’a permis de faire un retour sur moi, d'effectuer une boucle importante. Pour cela, j'ai envoyé un mail au centre en expliquant mes motivations.

Ce centre doit poursuivre son œuvre encore longtemps car depuis quelques années, s’opère progressivement un déplacement des personnes en rééducation, et notamment les enfants.

Le Centre marin de Pen Bron doit continuer son œuvre, pour les enfants comme pour les adultes, il est aussi nécessaire de préserver ce lieu, ce petit bout de presqu’île entre terre et mer, témoin d’instants de vie, de guérison, de douleur aussi, mais qui reste ancré dans nos mémoires d’enfants.

Ce site, comme vous l'avez compris est un hommage et au Centre et à tous les enfants de Pen Bron, vous, moi et bien d'autres…Il se veut aussi un site d’information sur Pen Bron et sa région, sur le handicap…peut-être plus simplement, être un fil entre hier et aujourd’hui, entre l’enfance et un retour sur soi, un retour vers un lieu qui a laissé en nous une empreinte sûrement différente pour chacun ou chacune, un lieu qui a beaucoup évolué ces trente dernières années.

Car, nous, les enfants de Pen Bron, nous venions de diverses régions, et si ces quelques pages vous ont touchées, le but que nous nous étions fixé est atteint.

tout peut arriver à n'importe qui et surtout n'importe quand, personne, non personne n'est à l'abri d'une maladie ou d'un accident.

Cela vous arrive et bien souvent la première, la seule question que l'on se pose, c'est pourquoi moi, pourquoi moi, qu'ai je fait pour mériter ce calvaire.

Rien vous n'avez rien fait, c’est comme ça. Cela aurait pu arriver au voisin, mais non c’est à vous que cela arrive, mais si c'était arrivé au voisin, il se serait posé la même question et vous, vous l'auriez plaint en vous disant, le pauvre, quel malheur arrive chez eux.


Pour moi, c’est arrivé et alors ! Je ne cherche pas pourquoi, c’est sur moi que c’est tombé, point final ! On fait et on vit avec, pas le choix…

Quand j'étais gosse, je n'étais pas bien épais, pas bien grand, un petit gosse tout frêle qui aimait la vie, bouger, courir.

J’avais une passion déjà tout gosse, le sport, j'adorais le sport, tous les sports.

Je montais sur un vélo, je me prenais pour Pingeon, Poulidor, je pédalais, pédalais sans arrêt. Je me faisais mon tour de France, je m'imaginais escalader les cols, finir une course dans un sprint effréné en regardant derrière moi si l'autre coureur imaginaire ne me rattraperait pas avant la ligne d'arrivée.

Si je jouais au ballon, c'était la même chose, je m'imaginais être le gardien de but, George Carnus, Barathely… Je plongeais sur les ballons pour arrêter le but qui nous aurait fait perdre le match. Bien souvent aussi le long du trottoir, je faisais la course à pied, je courrais à toute vitesse contre les voitures, j'essayais d'aller le plus loin possible avant que celles-ci ne me dépassent.

Voila et moi le gosse tout frêle, j'aimais ces moments, jamais je ne pouvais rester sans bouger. J'adorais le sport, d'ailleurs tout gamin, j'ai fait du rugby, oui je me suis régalé à plaquer les joueurs, à vivre des moments intenses…

Par contre à l'école, je ne suis pas une flèche mais je me tiens pas trop mal quand même.
En 1974, mes parents m'ont fait redoubler une année, je me suis donc retrouvé avec de nouveaux copains et naturellement de nouvelles copines.
Un soir, je me rappelle un samedi soir, je pars avec ma tante voir un film Le Poséidon, un film magnifique qui reste dans ma mémoire pour plusieurs raisons.
Donc ce soir là, arrive la fin du film et tout le monde se lève, j'en fais autant et d'un coup blocage, je me rassois et ne peux plus bouger.
Mon oncle sera obligé de me porter.
Le lendemain matin, plus rien, je peux marcher, bouger mais avec des douleurs assez importantes.
Quelques jours plus tard, mon médecin me fait passer des radios, c'est grave, mais moi je ne me rends pas compte du tout, j'ai mal, mais ça passe !
Un rendez-vous est pris d'urgence dans un hôpital pour enfants, mais des grèves font que le courrier de mon médecin met un temps fou à arriver. J'ai eu de la chance que le fils de celui-ci soit en études de médecine et j'ai enfin eu mon rendez vous.

Nous sommes le 5 décembre 1974, après être partis très tôt de Châteauroux, nous arrivons enfin à Tours, à l'hôpital Clocheville pour enfants.
Nous entrons dans une salle d'attente immense remplie d'enfants plâtrés, dans des fauteuils roulants, il y en a partout.

Plusieurs heures passent.
La secrétaire nous appelle, le Professeur Glorion nous reçoit et annonce à mes parents que le plus urgent est qu'il me faut être en élongation pendant plusieurs jours, sans bouger, ni marcher avant de subir une intervention chirurgicale des deux hanches qui me clouera au lit pendant de très long mois.
Il demande si je suis d'accord pour entrer à l'hôpital dès le lendemain, et ma mère répond oui de suite, mais celui-ci se tourne vers elle et lui dit : "Madame, c'est à votre fils que je le demande".
J’ai dit oui sans savoir, sans peut être avoir compris ce qui allait m'arriver.
Le retour c'est fait sans un mot. Arrivé à la maison, tout le monde a pris soin de moi.


La journée s’est déroulée très vite, il devenait important pour moi de ne plus rien faire, il fallait que je réduise mes marches, ne pas sortir, ne pas courir, ni même faire du vélo.
Dès que je voulais faire quelque chose, c'était : "Non, tu ne crois pas que tu n’es pas assez malade pour en rajouter"…
Pourtant, ce n'est pas un après midi de liberté qui allait tout aggraver, non je ne pense pas, pour moi le mal était déjà fait.

On n'était quand même pas à quelques tours à vélo ou une simple promenade.
Le lendemain matin de très bonne heure, nous avons repris la route en direction de Tours. Je ne disais pas grand-chose, mais en moi ça bouillonnait, je me posais plein de questions auxquelles d'ailleurs je n'ai jamais eu de réponses.
Moi qui étais très souvent malade en voiture, j'avais en plus la trouille au ventre, nous sommes arrivés à l'hôpital, mes parents ont du remplir des documents puis ils m'ont emmené dans le service. Et là de suite des infirmières souriantes et des femmes de salle se sont occupées de moi.
Mes parents m'ont embrassé et sont partis.
Tout seul, je me suis retrouvé devant un kiné immense, c'est dingue, un monstre, un colosse. Il m'a dit : "tu sais pas, va aux toilettes, profite!".
J'ai pas compris de suite ce qu'il voulait dire, mais quand je me suis allongé sur le lit et qu'il a commencé à me mettre des longueurs de sparadrap le long des jambes, à glisser des cordes, là j'ai cru comprendre que le sol, je n'étais pas près d'y remettre les pieds, et là je me suis mis à pleurer, du jeudi jusqu'au samedi, mes larmes n'ont pas cessé de couler.
Dans une chambre de six gosses, j'étais le nouveau.
J'ai appris à faire mes besoins dans un bassin, bon là je rigole, mais c'est pas drôle du tout, car tant que je suis couché, je fais tout pour ne pas y aller sur ce maudit bassin.
Je souris encore tout seul, en me remémorant cela !
Le réveil se faisait à six heures trente, mais de toute manière pour dormir, ce n'était pas simple vu que la lumière éclairait les couloirs la nuit entière, donc très souvent je sursautais , et restais à me demander si je ne rêvais pas, si j'étais bien là, bien dans cet hôpital à plus de cent trente kilomètres de chez moi.
Quelques fois, je me réveillais brusquement car mes tractions s'étaient emmêlées les unes dans les autres, ce qui faisait que je ne savais même plus dans quel sens je devais les tourner pour me remettre correctement.

Mes parents sont là, je les vois arriver, je pleure à nouveau, bon, n'allez pas croire que je fais que ça non plus, mais j'étais heureux et ces larmes depuis jeudi n'étaient que de joie.
Alors là, il faut quand même reconnaître quelques avantages à être dans un hôpital et loin de chez soi , c’est que tout, tout vous est donné bonbons, livres et attentions, tout vous est offert.
Mes parents ont passé la journée avec moi, mon père lui, ne tenait pas en place, il n'aimait pas être là, pourtant il aurait du savoir lui qui a connu aussi l'hôpital, il sait que c’est long, que c’est dur.
Ils sont restés jusqu'au repas et ensuite ils ont repris la route.
Les chambres étaient sur toute la longueur du couloir et communiquaient entre elles par des baies vitrées ; ce qui fait qu’en se relevant de son lit, on voyait tout le monde, de chambre en chambre, trop bien !
J'ai connu là bas des moments très tristes mais aussi de bons moments où j'ai fait la connaissance de gosses, qui me sont, pour certains, encore bien présents à l'esprit.
Dans la chambre, nous étions six dont trois à être en longue durée, sur ma gauche Thierry qui avait un problème à la jambe droite, en face de moi un plus grand que nous, il était un peu "simple" et énormément atteint dans son corps. Il nous faisait bien rire et il était d'une gentillesse énorme, je revois encore leurs visages et complètement à l'opposé de moi Robert, lui comme moi nous avions un problème aux hanches, mais lui malheureusement très atteint depuis tout gosse. Personne ne croyait à ses douleurs. On est très vite devenus amis.
Amis parce que de toute manière des gosses se lient très vite et aussi parce que notre cours de recréation, c'était notre chambre et notre lit, notre prison.

Les jours se ressemblaient tous, les uns aux autres, levés si on peut dire levés, on prenait le petit déjeuner et après, et bien, il fallait trouver quelque chose à faire.
Même si les matinées étaient réservées aux soins, c'était trop long. Depuis ces images de mon passé, je suis retourné dans cet hôpital et là tout a changé, des chambres de deux personnes à des chambres individuelles avec la télévision.
Nous, pour regarder la télévision, on avait une toute petite salle, très vite remplie par les non marchants, oui un lit ça prend de la place. Ce qui fait que nous y allions que très rarement.

Robert, lui un singe, un vrai singe harnaché, comme moi, il nous faisait des trucs inimaginables. Je me rappelle, j'avais les cheveux longs pour l'époque, on s'amusait alors avec quelques élastiques à se faire des queues de cheval partout sur la tête, nous devions être beaux comme tout !

A cette instant, j'ai une pensée pour le personnel soignant, je tiens à remercier toutes ces femmes si gentilles et tolérantes et surtout très professionnelles que j'ai pu rencontrer, car, oui, ce n'est pas un métier facile.

Un matin un petit nouveau arrive dans notre chambre, pas très vieux, je dirais moins de dix ans et comme nous tous, il est passé des larmes dans ses yeux qui ont fini par couler le long de ses joues.
On a beau être gosse, on retient le plus possible nos larmes, mais nos yeux brillants ne cachent pas l'envie de pleurer qui nous prend quand nous rentrons dans cet univers.
Les infirmières sont venues le voir, lui ont donné un pyjama et là, enfin nous, on a bien ri ce matin là, mais lui je pense que non…l'infirmière lui a fait une toilette comme pour le préparer à une opération, lui a demandé de s'allonger et dit qu’elle revenait de suite.
Elle est alors revenue, mais pas les mains vides, elle avait avec elle deux énormes brocs d'eau, un tuyau et un entonnoir, non je ris pas, c’est bien vrai.

Elle lui a demandé d'enlever son pantalon et là, le pauvre, nous avons vu disparaître un morceau de tuyau entre ses jambes et à l'autre bout du tuyau, se trouvait l'entonnoir et là doucement elle a commencé à verser les brocs, le liquide coulait, coulait, coulait, c’est dingue, je sais pas combien cela contenait ces brocs, mais tout y est passé.

Après cela, elle est partie et lui a dit : surtout dans quelques instants, tu vas avoir envie d'aller aux toilettes, elles sont juste là tu vois, tu y vas de suite.
On ne peut pas dire que cela a duré très longtemps avant que cela le prenne, mais je peux vous dire qu'il n’a pas couru, non, il a même volé jusqu'aux toilettes du couloir et nous, nous gosses que nous étions, une crise de rire a commencé à nous prendre, on riait, ça nous faisait un bien fou, on pouvait plus s'arrêter. Il est revenu avec une fille de salle, s’est allongé et peu de temps après, il est parti pour des examens, nous ne l'avons revu qu'en fin d'après midi.
Mais même si ces longues heures ont du être pénibles pour lui, lui il est retourné chez lui, accompagné de ses parents, il est retourné dans sa maison, il a retrouvé sa chambre et demain, voir le surlendemain, retrouvé ses amis d'école, quelle chance !
Tous les quatre, Robert, Thierry et le plus vieux de la chambre, nous, nous restions là, bien là, les autres ne faisaient que passer une journée voir deux pas plus.
Le soir, les filles de salle venaient toujours nous voir avant de partir, tous les soirs nous avions tous le même rituel, tous les trois nous demandions à avoir le bassin, pas toujours l'envie mais à chaque fois, nous avions droit à un rouleau de papier toilette chacun et on se débrouillait pour les garder chaque soir.

Un petit jeu que nous avions trouvé une fois les filles de salle parties, nous prenions nos rouleaux de papier toilette et les entourions d’élastiques afin de bloquer le papier et là un jeu tout simple commençait. On se lançait à travers la chambre les rouleaux et il nous fallait les rattraper des deux mains puis d'une.
Que-est ce que l'on à pu rire avec nos jeux tout simples dans notre chambre ! Un soir Thierry a loupé le rouleau qui est tombé entre nos deux lits, on s’est précipité tous les deux pour l'attraper par terre sauf qu'il a oublié son plâtre et en se penchant le poids de celui ci l’a fait tomber par terre.
Tant bien que mal, il est remonté dans son lit et là, il a vu que sur le dessus du plâtre une grosse fissure apparaissait, résultat, le lendemain salle de plâtre et on défait et on refait un plâtre.

On s’est bien fait disputer mais cela ne nous a pas empêché de recommencer notre jeu.
Notre chambre était l'avant dernière du couloir et la seule baie vitrée où l'on ne voyait rien était derrière Robert.
Les vitres étaient grisées, on ne pouvait pas voir de ce qui se trouvait derrière, mais on savait.
On savait tous que dans cette chambre était une jeune fille qui se trouvait dans le coma depuis des années, si je me souviens bien. Sa mère passait tous ses après midis avec elle, tous les jours vers 14h, elle était là, on la voyait passer devant notre porte et tous les soirs repartir.

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Publié le par Emmanuel

article Faire Face :

Au cœur du 15e arrondissement de Paris, Lapeyre a installé sa nouvelle enseigne, Vita Confort, consacrée à l’aménagement pour tous. 280 m² d’astuces et de produits.

En 2050, un tiers de la population aura plus de 60 ans. Favoriser son maintien à domicile devient un enjeu majeur pour les pouvoirs publics et un marché prometteur pour les marques. Cette transition démographique constitue un levier de croissance pour l’économie française. Vita Confort rappelle qu’en avril 2013 le gouvernement lançait la filière de la Silver économie. Un marché évalué à plus de 130 milliards d’euros d’ici 2020.

Pour apporter une réponse à cette problématique, Lapeyre a imaginé l’enseigne Vita Confort. Le concept ? Sensibiliser l’ensemble des générations à l’importance de l’accessibilité et concevoir un intérieur pour tous. La marque revendique une accessibilité globale (famille, seniors, aidants, personnes en situation de handicap). « L’important est que chacun puisse se voir vieillir chez soi et accueillir toute sa famille », précise une représentante de la marque, ergothérapeute de formation.

Accessible mais design

Le but affiché : concevoir de l’accessibilité mais sans proposer des objets stigmatisants. L’accessibilité débute donc aux portes de la boutique. La porte s’ouvre seule, vers l’intérieur ; les allées sont larges pour permettre à un fauteuil roulant de circuler aisément. Autre aménagement : à distance, une équipe de traducteurs en langue des signes traduit en temps réel les paroles du client au vendeur. Le moyen pour l’équipe de dialoguer avec tous les publics.

Pour sa première boutique, Vita Confort a investi le 15e arrondissement de la capitale. Dans un espace de 280 m², elle expose et vend les produits de la marque. Une offre reposant sur trois piliers : « Les bénéfices usagers, l’esthétique et le prix. » Car c’est aussi là la volonté de la marque que de concevoir des meubles et des accessoires non seulement utiles mais esthétiques. Terminé le blanc hôpital et les modèles vieillots, Vita Confort a imaginé des couleurs vitaminées, des coupes modernes et des pièces design. Le beau garde toute son importance, la majorité des modèles se décline en plusieurs coloris pour s’intégrer au mieux à l’intérieur de chacun et respecter les goûts de tous.

On y trouve quoi ?

Du côté des accessoires, le client peut dénicher un ouvre-bouteille (12 euros), un enfile-chaussette (12 euros), un pilulier hebdomadaire électronique (20 euros) ou un téléphone mémo avec les photos des correspondants à joindre (45 euros). Autres produits en vente : une canne de marche qui ne tombe jamais, un coussin de transfert, un sur-élévateur de lit ou un système de récepteur d’éclairage.

Il est également possible d’aménager sa maison et, en particulier, la cuisine et la salle de bains. Vita Confort propose un lavabo sans meuble avec une canalisation déportée pour permettre au fauteuil roulant de passer dessous. Une installation similaire a été pensée pour l’évier. La marque souhaite étendre son offre et réfléchir à des solutions d’aménagement autour du dressing.

De l’accessoire aux grands travaux, Vita Confort précise pouvoir apporter des solutions personnalisées à différents problèmes. Pour le moment, ses produits sont uniquement disponibles dans la boutique parisienne. Avant la fin de l’année, un catalogue et un site internet devraient voir le jour. D’ici cinq ans, la marque ambitionne de se développer dans toute la France. Elle devrait s’implanter prochainement en Île-de-France et à Nice. Par Johanna Amselem

Vita Confort
25, rue Lecourbe
01 40 65 06 60
Du lundi au samedi de 10 à 19 heures

Vita Confort ouvre une boutique dédiée à l’accessibilité

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Publié le par Emmanuel

Journée APF sur Radio France

A l’occasion de la journée mondiale du handicap qui a lieu le 9 octobre 2015, France bleu et France inter se mobilisent pour l’Association des Paralysés de France.

Des spots APF seront diffusés tout au long de la journée et les émissions nationales feront la part belle à notre association et à notre cause. N'hésitez pas à consulter le programme France bleu de votre région pour connaître les interventions locales de l'APF ou à les écouter directement le direct sur france-bleu.fr.

Et pour tous, retrouvez ci-dessous le programme des interventions de l'Association des Paralysés de France :

13h à 13h30 - "Midi Ensemble" : Philippe Croizon sera l’invité Daniella Lumbroso.

A partir de 21h - "On se dit tout" : Guillaume Ploteau, responsable de la vie associative à la délégation APF de Nantes sera en direct de l’émission animée par Vanessa Lambert.

"Carnets de campagne" : Marc Witzack, le directeur du Centre des Ressources des Nouvelles Technologies (CRNT) de l’APF sera l’invité de Philippe Bertrand.

Réécouter l'émission >

Si vous souhaitez connaître l'actualité de l'APF en temps réel, suivez-nous !

Et n'oubliez pas, l'opération HandiDon de l'Association des Paralysés de France est en cours. Participez sur www.handidon.fr !

NB : tout don supérieur à 5 euros fera l'objet de l'envoi d'un reçu fiscal qui vous permettra de déduire votre don sur votre déclaration de revenus de 2015.

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Publié le par Emmanuel

http://www.calameo.com/read/004219562964a159cf393 (copier ce lien )

Bonjour a tous il y a quelques mois déjà je vous parlais d'une personne rencontré et qui m'avait mis en avant le fait d'une accessibilité plus facile et beaucoup moins couteuse sur les rampes. dans cette brochure vous allez pouvoir vous rendre compte de vous même du travail effectué depuis ces longs mois

des matériaux légers et a des couts beaucoup moins fort que d'autres. une simplicité pour chaque commerçants ou autres a installés ceux ci

la ville de Châteauroux est très intéressée par ces rampes qui pourrait rendre a la fois services au personnes a mobilité réduites

mais aussi et il est tres interessants souligné que pour des mamans ayant une poussette etc cela rendra aussi la vie plus efficace et des déplacements plus que simplifié

oui le fait de rendre la ville accessible aux personnes en fauteuils roulants, ou avec une cannes ou le fait d'avoir a franchir une marche ou plusieurs l'est aussi pour d'autres

voila ce qu'est l'accessibilité le fait d'inclure vraiment toutes les personnes

encore un grand merci a Monsieur Alain Grandperrin de la confiance accordée depuis notre rencontre

en aucun cas cette article pour moi est une publicité juste un retour de confiance d'une personne a une autre

de voir que oui celle ci travail dans un domaine important pour moi et donc pour vous

bien a vous tous emmanuel

je pense que cette brochure apportera a tout ceux qui s’intéresse vraiment de près a l’handicape fera a cette entreprise la creation de poste de travail et des bons de commandes importants

a tout ceux qui liront cette article travaillant dans l'accessibilité MONTRER A VOS ELUS QUE CELA EST POSSIBLE A MOINDRE COUT D'AUTANT PLUS QUE UNE SOLUTION SMARTPHONE PEUT AUSSI FACILITER LA VUE SUR OU CE TROUVE CES RAMPES

http://fr.calameo.com/read/004219562964a159cf393 (copier ce lien ) ou selectionner celui ci cliquer gauche et ouvrir le lien

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Publié le par Emmanuel
Scolarisation des enfants handicapés : de la galère à l’exil ce soir sur France 5

article faireface

Alors que la loi de 2005 rend leur scolarisation obligatoire, des milliers d’enfants en situation de handicap mental sont exclus du système scolaire. À travers la colère et la détresse de deux mères dans l’attente d’une structure adaptée pour leur fils, ce documentaire dénonce une situation qui ne semble émouvoir que les seuls concernés.

Florian a 16 ans. Depuis un an, faute de place dans un établissement spécialisé, cet adolescent vit dans l’appartement familial. Mais le manque de prise en charge adaptée accroît ses troubles autistiques. Troubles du sommeil, du comportement alimentaire, crises d’angoisse et accès de violence de plus en plus forts, Florian régresse malgré les démarches incessantes de Sonia, sa mère, se débattant seule pour trouver un établissement qui accueillerait son fils.
En 2014, on lui a proposé de placer Florian en hôpital psychiatrique, sous traitements médicamenteux, ce qu’elle a refusé. Les services sociaux ayant mis en lumière une « défaillance de la parentalité », elle a été convoquée devant le juge des enfants. Épuisée par sa recherche de solutions alternatives – « Mon fils a perdu beaucoup de temps, il a perdu une chance, je dirais « sa » chance de grandir et d’apprendre. » -, Sonia a décidé, comme 3 000 autres familles françaises, de le scolariser en Belgique où l’on compte six cents établissements spécialisés. Est-ce la solution pour Florian ? Le documentaire nous laisse sans réponse*.

Un manque d’intérêt bienveillant de la part du milieu scolaire

Sacha, lui, a 13 ans. Il est atteint du syndrome de Williams. À l’école maternelle, il a été scolarisé en milieu ordinaire avant de rejoindre une Clis (classe d’inclusion scolaire) en CP. En octobre 2013, il a développé des troubles du comportement incompatibles avec un projet de scolarisation comme le déplore, un peu démunie et face caméra, la directrice de son ancienne école. Il a donc été renvoyé de cet établissement. « Du jour au lendemain, je me suis retrouvée avec Sacha à la maison », raconte Bénédicte, sa mère, regrettant le manque d’attention, d’« intérêt bienveillant » à l’égard d’un enfant censé être scolarisé. Bénédicte a tout organisé pour que son fils bénéficie du meilleur accompagnement possible pour pallier l’absence de scolarité. Mais comment conserver une vie de famille quand votre maison est régulièrement envahie par des professionnels ?

Grandir sans perspective, ni considération

Comment la France peut-elle accepter que des enfants grandissent sans perspective, ni considération ? Pendant combien de temps, le système éducatif maintiendra-t-il les enseignants dans une « absence de culture professionnelle » sans les préparer à faire face au handicap ? Et quel avenir pour ces enfants une fois devenus adultes réduits, pour certains, à végéter dans des lieux de vie s’apparentant à des « garderies ». La conclusion est sévère, glaçante et hélas assez pessimiste. Claudine Colozzi

*Diffusion dans l’émission Le Monde en face à 20h40. Disponible en replay sur le site de France 5. Ce documentaire sera suivi à 21h50 de la rediffusion de Mon Fils, un si long combat d’Églantine Eméyé et Olivier Pighetti (2013). À 22h30, Marina Carrère d’Encausse animera un débat avec Sonia, la mère de Florian, et Isabelle Resplendino, présidente d’Autisme France.

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Publié le par Emmanuel
A Toulouse, des associations rappellent que l'incivilité peut coûter 135 euros d'amende !

Depuis le mois de juillet, se garer sur un trottoir, un passage piéton, une piste cyclable ou une place handicapée vous coûte 135 euros, contre 35 auparavant. Une volonté du gouvernement d'en finir avec les incivilités, dangereuses pour tous. A Toulouse, piqûre de rappel par des associations.

Place du Fer à Cheval à Toulouse ce lundi, cinq voitures sont garées sur le trottoir. Leurs pare-brises sont recouverts d’une affiche : 135 euros. C’est désormais le montant d’une amende pour stationnement très gênant, comprendre les places handicapées, les trottoirs ou encore les pistes cyclables. Jusqu’en juillet, la contravention s’élevait à 35 euros, mais le gouvernement veut en finir avec ces comportements dangereux. Ces affiches, ce sont les membres de l’association 2 pieds – 2 roues qui les ont collées (avec du produit lave vitre bio !) car ils estiment que le message n’est pas encore assez bien passé.

"Quand les voitures se garent sur les trottoirs, à pied ou en vélo on doit marcher sur la route, c’est très dangereux !"

— Florian, Vice-président de l'association 2 pieds 2 roues

Les stationnements très gênants : un fléau pour tous les piétons

L’Association des Paralysés de France (APF), s’est joint à cette mobilisation car les personnes à mobilité réduite sont aussi touchées par ces comportements. D’ailleurs ils ont d’autres problèmes d’accessibilité : seulement 60% des bâtiments ouverts au public sont accessibles à tous. Pourtant la loi pour le handicap date de 2005, elle laissait un délai de dix ans pour tout mettre aux normes, délai dépassé. L'Etat a accordé un nouveau sursis, jusqu'à 9 ans pour se mettre en conformité. Inacceptable pour l'APF.

En Haute-Garonne, toutes les communes auraient dû mettre en place un Plan pour l'accessibilité de la voirie et des aménagements des espaces publics (PAVE). Pourtant dix ans plus tard, seulement onze communes sur les 45 sondées par l'Association des Paralysés de France l’ont fait.

Problème : l’aménagement urbain ne concerne pas que les personnes handicapées; les personnes âgées, ceux qui manient des poussettes, des porteurs de béquilles, de lourds bagages… _"L_’aménagement des infrastructures et des transports concernent tout le monde."

D’après le classement de l’APF, Toulouse et Blagnac sont les meilleurs élèves, notamment en termes de transports. Le reportage de Lola Fourmy.

Dernier gros chantier pour le réseau de transports en commun Tisseo, mettre aux normes tous les arrêts de bus, d'ici 2018.

A REECOUTER - L'invité de la rédaction ce mardi 22 septembre : Odile Maurin, représentante de l'Association des Paralysés de France (APF) en Haute-Garonne.

Dès qu'on s'éloigne du centre-ville dans les quartiers, la mobilité devient difficile pour les gens en fauteuil. Dans le métro, une panne d'ascenseur suffit à compliquer le quotidien.

a voir et ecouter sur france bleu https://www.francebleu.fr/infos/economie-social/le-stationnement-tres-genant-desormais-puni-de-135-euros-d-amende-1442854731

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Publié le par Emmanuel

Voici ce qui devrait être marqué sous chaque panneau de places handicapées.. Bravo aux auteurs !!

creation de nouveau panneaux qui serait plus realiste

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Publié le par Emmanuel

Madame nous ne vous demandons pas que de l'argent et surtout pour les maisons departementales nous vous demandons de la considération nous vous demandons de pouvoir mettre nos enfants a l'ecole nous vous demandons de pouvoir apres qu'ils puisse continuer leurs etudes si besoin et enfin nous vous demandons que chacun puisse travailler comme tout bon citoyens

Marisol Touraine et Ségolène Neuville attribuent 4,2 millions d’euros supplémentaires aux Maisons départementales des personnes handicapées (MDPH)

Lors de son Conseil du 7 juillet 2015, la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) a adopté l’attribution de 4,2 millions d’euros supplémentaires aux Maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) pour l’exercice 2015. Ainsi, entre 2013 et 2015, la contribution annuelle de la CNSA aux MDPH sera passée de 60 à 68 millions d’euros.

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