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Les Enfants de Pen Bron, La Turballe

Les Enfants de Pen Bron, La Turballe

Un blog pour témoignage, un blog pour le site de Pen Bron de La Turballe, pour que ce Centre Marin continue son action, celle d'accueillir des enfants dans un cadre de vie et un environnement marin unique. Emmanuel

Publié le par Emmanuel

Pen bron est fermer au malade mais les balades y sont toujours aussi belles. bien dommages que ces meme patients ne puissent plus profiter de ce cadre pour s'y reposer après une journée de réeducation

article ouest france

 

La saison démarre dès ce week-end pour la navette et son capitaine. Bruno Bougro propose, pour la cinquième année, la traversée du traict avec des liaisons de Pen-Bron au Croisic, en aller simple ou en aller-retour, avec ou sans vélo.

Il y a 5 ans, Bruno, marin depuis l'âge de 17 ans, eu l'idée de réhabiliter la liaison maritime abandonnée depuis longtemps. Un système traditionnel de transport adapté aux moeurs présents. « J'ai à bord une capacité de 8 personnes. J'offre l'accès aux vélos et je suis en mesure d'accueillir les personnes en fauteuil », explique le capitaine, pour qui la nouvelle saison rime avec satisfaction. « J'aime les traversées, j'y ai fait des rencontres sympathiques. Certains passagers sont devenus des amis. »

Le marin, enfant du pays, connaît le site du bout des doigts. Et pour lui, la pointe de Pen-Bron « est l'un des endroits les plus joliw de la Presqu'île. »

Un site qu'il est donc possible de découvrir en s'éloignant de la côte pour rejoindre l'autre rive, une navigation d'un quart d'heure à bord du Galipétant.

Bruno propose aussi une belle balade d'une heure au cours de laquelle il dévoile pourquoi son bateau s'appelle ainsi.

Tarifs : adultes aller 5 € ; aller-retour 8 €. Gratuit - 12 ans. 1 € de plus pour un vélo. Balade sur réservation.

Contact : tél. 06 88 67 73 05.

Bruno Bougro reprend les traversées vers Le Croisic

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Publié le par Emmanuel

cette articles date de 2009 a l'époque j'osais encore croire que pen bron ne fermerais jamais

j'ai crus en l'avenir de ce centre a toute l'histoire qu'il renferme. aucun des décideurs n'a jamais rien fait afin de préserver ce site

l'histoire ira ailleurs se faire mais les anciens malades de ce lieu sont en colères sont tristes de voir que personnes n'aura dis stop a la fermeture OU alors vraiment très bas

 

 

35 ans après, il revient sur son séjour à Pen Bron

Quatre mois sur un lit d'hôpital à Pen Bron, quel genre de souvenirs en gardez-vous ?

En fait, je n'ai jamais coupé les ponts avec Pen Bron. Chaque année, depuis 35 ans, je fais le trajet depuis Châteauroux jusqu'à La Turballe. J'ai besoin d'entretenir ce souvenir qui, immanquablement, me remet en question. Avec trois copains on partageait la même chambre. Moi, j'étais atteint d'ostéochondrite bilatérale. Une maladie grave, sûrement plus facile à gérer et à accepter quand on est enfant qu'une fois adulte.

Pourquoi ne pas tirer un trait définitif sur cette période douloureuse de votre vie ?

Depuis mon enfance, je n'avais qu'une envie, renouer avec ce passé. Gravir les marches qui mènent à l'accueil et redécouvrir, avec mon regard d'adulte, l'intérieur du centre. Un endroit où je n'avais jamais eu la possibilité de poser les pieds à terre, cloué sur mon lit à roulettes. En juin, j'ai franchi la porte lors d'une visite accompagnée. J'ai retrouvé le service pédiatrie, ma chambre, la salle de cours et surtout la salle télé, là où la vue est magnifique sur l'océan. Surtout quand on est allongé. J'ai franchi pour la première fois les portes de la chapelle. Un endroit resté pour moi mystérieux, inaccessible depuis mon lit.

Cette visite vous a donné envie de faire partager vos émotions et votre vécu avec d'autres personnes ?

Il faut comprendre que les enfants hospitalisés loin de chez eux retrouvent ici une seconde famille. Il m'est apparu nécessaire de créer un blog (1) pour rassembler et faire partager nos témoignages. Je m'adresse aux enfants de Pen Bron d'hier et d'aujourd'hui qui ont vécu la même chose que moi et ont besoin d'en parler. Dès la mise en ligne, cela a été un succès. 16 000 lectures en quatre mois. Je reçois des messages d'un peu partout.

Vous en parlez un peu comme d'un souvenir de vacances ?

Cela reste un souvenir douloureux. J'ai été opéré treize fois. J'ai deux prothèses de hanches et je suis handicapé à 80 %. Prochainement, je serais amené à faire de la rééducation et je veux impérativement que cela se passe à Pen Bron. Regarder la mer quand vous ne pouvez pas bouger c'est fantastique. Quand j'ai entendu parler de fermeture d'un certain nombre de lits, j'ai pris une claque. Un tel cadre et une telle qualité d'accueil permettent d'alléger les souffrances. Il faut préserver ce petit bout de presqu'île, témoin de guérisons et de douleurs. C'est là où j'ai appris à aimer la mer.

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Publié le par Emmanuel

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Publié le par Emmanuel

Le bureau de l'association a transmis un communiqué à la presse ou elle pose des questions sur la fin de Pen-Bron et son devenir.
Cet au revoir au centre de Pen Bron nous amène à quelques reflexions

nous regrettons,  au delà du silence habituel de notre maire de ne pas  trouver la parole d’élus de notre commune qu’ils soient de la majorité ou de la minorité alors que  Pen-Bron était le 1er employeur Turballais, un acteur économique important et que  beaucoup de questions sur  l’avenir de ce site restent  encore sans réponse sure. 

Quelles seront les répercussions  de ce départ ? comment nos élus envisagent t'il l’avenir de ce site ? quelles sont leurs propositions pour compenser ces emplois sur notre commune et éviter par conséquent le risque de déménagement des jeunes actifs Turballais pour se rapprocher de leur lieu de travail ?      

En tant que candidats de la liste bien vivre ensemble nous nous étions engagés sur un programme dans lequel nous souhaitions Protéger et valoriser le territoire de la commune et cela passait entre autre par être très attentifs au devenir du site de Pen-Bon et aux projets soutenus par  l’association gestionnaire.

Certains d’entre nous ce sont personnellement impliqués dans ce centre : Monica POIVRET Présidente de l’A.R.T comme membre actif depuis 6 ans de l’association des amis de Pen-Bron et Sylvie COSTES Vice-Présidente de l'A.R.T, comme salariée pendant 20 ans et représentante des salariés pendant 10 ans pour une défense très active du maintien de cet établissement sur le site de Pen-Bron auprès de l’association gestionnaire, de l’A.R.S et des pouvoirs publics interpellés à ce sujet depuis les années 2000.

La délocalisation de ce centre vers St-Nazaire  n’a malheureusement pu être empêchée.

Aujourd’hui nous souhaitons cependant  réaffirmer qu’en tant qu’association de citoyens impliqués dans la vie publique de notre commune nous resterons très attentifs à l’évolution des projets d’avenir et  à la protection de ce joyau turballais."

Le Bureau de l’A.R T.

article la turballe info

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Publié le par Emmanuel

INTERVIEW - Le célèbre aventurier Philippe Croizon, amputé de ses quatre membres, dénonce l'absence du handicap dans la campagne présidentielle. "Les politiques ont tort de ne pas en parler", lance-t-il auprès du JDD.

Philippe Croizon, figure du handisport qui a relié à la nage les cinq continents et participé au Paris-Dakar cette année, est "en colère". Le 13 mars dernier, au côté de plusieurs personnalités comme Grand Corps Malade, Marie-Amélie Le Fur ou Françoise Rudetski, l'aventurier amputé des quatre membres a lancé un appel aux candidats à la présidentielle sur le handicap. Si les principaux candidats, comme François Fillon qui fait un déplacement lundi sur le sujet, ont bien fait des propositions, le sujet est toujours absent du débat public. Philippe Croizon s'en émeut auprès du JDD et réclame la mise en place d'un ministère propre au handicap.

Vous avez lancé un appel aux candidats le 13 mars dernier. Le sujet a-t-il été esquivé dans cette campagne?
Aucun des candidats n'a répondu à mon appel. Ils ont certes intégré des propositions dans leur projet, mais ils n'en ont pas parlé, ni dans les débats télévisés ni dans la presse. Combien de citoyens vont lire un programme, et les quelques petites lignes consacrées au handicap, avant d'aller voter? Pas beaucoup. Si on ne parle jamais du handicap, des douze millions de citoyens qui sont concernés, cela ne fait pas avancer le schmilblick. Cela renforce l'impression qu'ils font juste des promesses et, quand ils seront au pouvoir, c'est terminé.

"Les politiques ont encore peur du handicap"

Le handicap est-il encore une question taboue en politique?
Cela l'a été pendant des années. Aujourd'hui, nous sommes dans une sorte d'éveil collectif. Et ce, grâce jeux paralympiques désormais suivis par le public, grâce à des films qui fonctionnent au cinéma [Patients, actuellement en salles, a dépassé le million de téléspectateurs; Intouchables reste le troisième film le plus vu en France, NDLR], grâce aussi à France Télévisions qui a permis de rendre visible le handicap à la télé. Mais les politiques ont encore peur. Surtout, ils ont des budgets de dépense à plusieurs milliards d'euros et ils se disent : "Si je parle du handicap, on va me demander 'combien ça va encore coûter?'"

Y a-t-il aussi un manque d'engagements des partenaires sociaux, des syndicats et des patrons d'entreprises?
Les entreprises bougent beaucoup. Elles agissent bien plus que le monde politique pour que les gens puissent accéder à l'emploi. Il y a un vrai début de changement de regard sur le handicap. Les politiques, eux, ont tort de ne pas en parler. La population est vieillissante et, automatiquement, l'accessibilité et la prise en charge intéressent énormément de citoyens.

«Il faut un vrai ministère transversal du handicap, pas un sous-secrétariat d'Etat»

L'accessibilité à tous les lieux publics devait être appliquée au 1er janvier 2015. Seuls 30% des bâtiments publics sont aujourd'hui accessibles. L'objectif des 100% est-il encore possible à court terme?
La loi, elle est là. Tout le monde s'en est foutu royalement, car il n'y avait pas de sanctions derrière. Ce gouvernement a repoussé les échéances, à 2024 pour les transports et 2020 pour les lieux publics, mais je suis optimiste : l'accès aux handicapés est devenu obligatoire pour toutes les nouvelles constructions, donc, forcément, on va avoir du progrès. Il y a une dynamique. Maintenant, si cette loi est appliquée et si les grosses sanctions arrivent, ce serait marginaliser le handicap dont on dira qu'il coûté trop cher. Ce ne sera plus "grâce", mais "à cause" des handicapés.

Comment éviter cette vision du handicap?
On pourrait mettre beaucoup de choses à plat, à l'occasion d'un grenelle du handicap par exemple. Il y a beaucoup de dépenses qui n'ont pas lieu d'être et pourraient être réinvesties en faveur de chantiers prioritaires. Surtout, il faut un vrai ministère transversal du handicap, pas un sous-secrétariat d'Etat dépendant du ministère de la Santé. Notamment pour une question de budget. A chaque fois, le secrétaire d'Etat dit qu'il n'a pas de tunes car son ministre de tutelle lui dit : "Ne touches pas à mon budget, c'est à moi." Douze millions de citoyens, ça mérite un vrai ministère.

"Comment un handicapé peut-il trouver un travail s'il n'a pas eu accès à l'éducation?"

La dernière grande loi en date sur le handicap date de 1975, texte qui a été actualisé en 2005. Faut-il une nouvelle grande loi handicap ou seule l'application des textes existants suffirait-il?
Peu importe une nouvelle grande loi. Celle de 1975 complétée en 2005 a été tellement amendée qu'elle est déjà obsolète. Déjà si on pouvait appliquer le peu qui existe, ce serait bien.

Dans votre appel, vous insistez sur le faible nombre de places en centre d'accueil. Quels engagements doit prendre le futur président?
Tous les candidats ne cessent de parler des créations de places de prison pour ne plus être pointé du doigt par la commission européenne des droits de l'Homme. Mais aujourd'hui, il manque plus de 40.000 places en France et près de 8.000 adultes et enfants sont obligés de s'exiler en Belgique, loin de leur famille. Ce qui manque surtout, ce sont de petites structures, à l'échelle locale, pour accueillir 15-20 personnes maximum en situation de handicap. Ça créé de l'emploi et ça coûte moins cher que la construction de gros centres pour 300-400 personnes. Surtout, ça éviterait cette déchirure entre les familles dont les enfants sont obligés d'habiter loin de leurs proches.

«On fait des petites mesures, on met des pansements et les familles, à bout de nerfs, doivent se débrouiller avec»

En 2016, le taux de chômage des handicapés atteignait 20%, deux fois plus que la moyenne nationale. Il existe pourtant une obligation d'emploi des travailleurs handicapés...
L'accès à l'emploi des personnes handicapées, qui oblige 6% de personnes handicapées dans les entreprises de plus de 20 salariés, a été une belle loi. Mais, malheureusement, encore une fois, elle n'a pas été suivie de mesures, notamment pour un meilleur accès à l'Ecole. Seuls 15% des collèges sont accessibles aux enfants handicapés et il manque encore 50% des auxiliaires de vie scolaire (AVS) pour les emmener à l'école. Les entreprises, elles veulent bien embaucher, elles mettent en place des moyens. Mais, à chaque fois qu'elles contactent Pôle emploi et les organismes spécifiques, ces derniers leur répondent ne pas avoir les salariés qualifiés pour l'emploi qu'ils cherchent. Comment un handicapé peut-il trouver un travail s'il n'a pas été formé, s'il n'a pas eu accès à l'éducation?

N'y a-t-il pas assez de moyens consacrés au handicap au sein de l'Education nationale?
Au niveau de l'école, il y a d'abord un énorme problème de formation. Le gouvernement actuel a créé un véritable métier avec la création du statut d'AVS. Mais un AVS sur deux n'est pas assez formé. J'ai en tête la lettre, envoyée à son recteur d'académie, d'une petite fille en train de devenir malvoyante. On lui a attribué une auxiliaire de vie qui ne savait pas s'occuper d'handicapés. Il s'agissait d'une chômeuse en fin de droits à qui Pôle emploi lui a dit : "Voilà, c'est votre nouveau métier." Du coup, la jeune fille, qui était pourtant en échec scolaire, a dû elle-même former son AVS. Où on est là? Et je ne parle pas des instituteurs eux-mêmes qui sont en panique car ils doivent composer avec un enfant autiste Asperger ou un autre amputé d'une jambe et ne savent pas quoi faire. Sur tous ces sujets, il y a un manque de courage politique. On fait des petites mesures, on met des pansements et les familles, à bout de nerfs, doivent se débrouiller avec.

Avec les jeux paralympiques et l'existence d'une fédération française handisport, le monde du sport est-il mieux loti?
En France, seul 1% des personnes handicapées ont une licence sportive. C'est insignifiant, alors même que le sport est l'outil absolu de résilience pour accepter son corps et surtout s'ouvrir aux autres. Il n'y a rien de plus merveilleux. Mais, en sport comme ailleurs, les valides ont peur d'aller vers les handicapés et les handicapés ont peur d'aller vers le monde des valides. Il y a bien une évolution des mentalités, mais encore très lente.

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Publié le par Emmanuel

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Publié le par Emmanuel

PRÉSIDENTIELLE 2017. En 2015, la MDPH a diminué quasiment par quatre le nombre d’heures d’aides humaines dont bénéficiait Sarah Salmona. En cause, un nouveau mode d’évaluation des besoins, minute par minute. Depuis, le principe du chronométrage a été abandonné… mais pas l’ambition de mieux maîtriser les dépenses.

Sarah Salmona avait droit à huit heures d’aide humaine par jour. Elle doit désormais se contenter de 2 heures 22. En septembre 2015, la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) des Yvelines a drastiquement revu à la baisse la prestation de compensation du handicap de cette trentenaire, myopathe.

« La MDPH a supprimé 80 % de mes aides humaines alors même que mes capacités physiques se sont dégradées sur le plan respiratoire, insiste-t-elle. Je suis redevenue une enfant à charge pour mes parents. Ils ont dû financer des heures supplémentaires pour me permettre de continuer à aller travailler, à rester seule dans l’appartement. Et puis ils viennent quotidiennement pour m’aider. »

Shampoing deux fois par semaine

Sarah Salmona a été victime de la mise en œuvre d’un nouveau mode d’évaluation des besoins. Le Guide PCH aide humaine, publié en 2013 par la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (Cnsa), propose aux équipes pluridisciplinaire des temps moyens. Exemples : 2 minutes et 30 secondes pour le lavage des dents, 22 minutes pour le déjeuner, etc. Il indique également des fréquences. Se brosser les dents ? C’est deux fois par jour. Se laver les cheveux ? Deux fois par semaine.

ini le minutage de chacun des actes

Sous la pression des associations, notamment de la Coordination handicap et autonomie (CHA), la Cnsa a publié une version amendée du guide, début mars. Elle y a supprimé le principe du minutage de chacun des actes quotidiens, comme Faire Face l’annonçait début février. Mais pour Sarah Salmona et d’autres allocataires, le mal est fait.

« Un risque de nivellement par le bas. »

Et ce nouvel outil est loin d’apaiser toutes les craintes. « Il apparait plus comme la recherche d’un moyen pour maitriser les dépenses engagées qu’une méthode pour répondre aux besoins individuels de chaque demandeur, souligne la CHA. La volonté d’uniformiser les pratiques engendre un risque de standardisation, de nivellement par le bas au détriment des personnes concernées. » Comme le précise Sarah Salmona, « on est tous différents, avec des besoins différents ». Franck Seuret

http://www.faire-face.fr/2017/03/31/presidentielle-2017-aide-humaine/

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Publié le par Emmanuel

le figaro

 

Charles de Boissezon et Cyrille Dalmont, auteurs de la note Refonder la politique du handicap. Propositions pour une France enfin inclusive de l'Institut Thomas More, disponible sur www.institut-thomas-more.org

Douze millions de Français sont touchés par le handicap. Aujourd'hui, douze ans après le vote de la grande loi de 2005 et alors que 85% de nos concitoyens sont favorables à une solidarité renforcée avers les personnes handicapées, seule la moitié des Français estiment que notre pays se donne les moyens de les inclure. Les personnes en situation de handicap sont superbement ignorées par nos politiques. Pourquoi se soucier, après tout, d'une population qui ne manifeste pas, soit du fait même de ses handicaps, soit par peur de représailles d'institutions qui se portent d'autant mieux que rien ne change?

La présidentielle devrait être l'occasion de lever enfin cinq tabous sur le handicap, et d'y répondre.

D'abord, celui des traitements. La France est pratiquement seule au monde à prodiguer des traitements psychanalytiques aux enfants ayant des troubles d'origines neurologiques et ce malgré les recommandations de la Haute autorité de santé et les condamnations récurrentes des institutions internationales.

Ensuite, celui des coûts. Les sommes en jeu sont considérables. Les associations gestionnaires qui se voient confier des enfants avec un handicap (souvent à tort) par l'Aide Sociale à l'Enfance facturent cette prise en charge jusqu'à 750€ la journée. Dans le même temps, les soins adaptés à ces enfants ne sont pas pris en charge par la Sécurité sociale. Ils sont pourtant le plus souvent dix fois moins chers. Près de trois milliards d'euros d'économies seraient possibles en limitant les longs séjours en hôpital inutiles pour les personnes qui n'ont pas de troubles d'origine psychologique. Par ailleurs, faute de places en nombre suffisant, l'assurance maladie consacre soixante millions d'euros par an dans le cadre de conventions conclues avec des établissements belges qui accueillent plus de 6 000 Français en situation de handicap. Où est la nation, quand on force à l'exil autant de nos concitoyens?

Troisième tabou: le mauvais usage de la justice. La surreprésentation des enfants qui relèvent du handicap au sein de l'Aide Sociale à l'Enfance a de fait été pointée du doigt par le Défenseur des Droits. Le système de l'information préoccupante qui, à l'origine en 2007, était prévu pour faciliter les dénonciations de maltraitances sur les enfants est devenu une arme de rétorsion contre les familles qui refusent de voir leur enfant privé d'avenir pour nourrir un système qui s'autoalimente en patients. Les statistiques parlent d'elles-mêmes: près de 120% d'actions en plus chaque année ; les enfants handicapés font sept fois plus souvent l'objet de cette procédure.

Quatrième tabou: l'Everest de l'éducation et de la formation des enfants puis des jeunes adultes handicapés. Chez un enfant, il faut trente mois en moyenne pour établir un diagnostic de trouble d'origine neurologique - ce sont dès lors quatre années scolaires perdues… Plus tard, alors que la plupart des enfants de dix ans entrent en CM2, moins d'un enfant handicapé sur quatre parvient à ce niveau à cet âge. En fin de course, très peu d'entre eux seront diplômés de l'enseignement supérieur: 80% ont un niveau CAP/BEP. Et pour celui qui serait diplômé et viserait un poste qualifié, sitôt un salaire de 1400 euros nets atteint, l'ensemble des aides cessent. C'est bien connu: les surcoûts liés au handicap disparaissent avec l'emploi!

Cinquième et lancinant tabou: celui de l'accessibilité. Avoir une politique du handicap, ce n'est pas promettre en 2005 l'accessibilité sous dix ans, et se renier en 2015. Seuls 30% des bâtiments sont accessibles. On déroge, on reporte et des «agendas d'accessibilité programmée» repoussent aux calendes grecques ce qui devrait être une priorité absolue d'inclusion.

Mais une fois tout cela dénoncé, que faire? Comment refonder la politique du handicap dans notre pays? Par l'ambition, la créativité, la rigueur et avec un seul objectif: une France enfin inclusive.

Mettre en œuvre une politique du handicap refondée, c'est d'abord déployer une approche globale, qui va du diagnostic et de l'accompagnement des familles lors de la survenance du handicap à la formation réelle des personnels. La vocation d'un aidant (AVS, AESH), c'est d'aider une personne handicapée, pas de résorber les chiffres du chômage des personnes peu qualifiées.

C'est ensuite, comme d'autres pays le font, viser une école réellement inclusive, qui forme au lieu de seulement occuper les plus fragiles, et repenser l'enseignement supérieur pour accueillir les personnes handicapées. La France doit inciter au travail.

C'est comprendre, de même, que les personnes handicapées vieillissantes ne sont pas des personnes âgées handicapées. Doivent-elles être réduites à choisir entre rester dans des dispositifs inadaptés aux pathologies du vieillissement, et aller vers des structures gérontologiques inadaptées à leurs capacités et besoins?

C'est avoir le courage d'affirmer qu'une politique du handicap rénovée, ce n'est pas plus de dépenses, mais des dépenses plus efficaces, et qui plus est moins coûteuses.

C'est être créatif: en mutualisant l'accessibilité sur un territoire, en modifiant les règles de construction des logements sociaux, en repensant le rôle de l'assureur lors d'accidents graves, en adaptant les règles de congés lors de la survenance d'un handicap, etc.

C'est de la rigueur enfin, dans la formation, le respect des financements alloués au handicap, et le suivi des recommandations de santé publique.

C'est en somme remettre la personne au centre de la politique du handicap, et non des structures ou des institutions. Notre pays le doit aux douze millions de nos compatriotes qui ne doivent pas avoir à choisir entre le parcours du combattant ou l'exil.

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Publié le par Emmanuel

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Publié le par Emmanuel

4 saisons pour un endroit ou les saisons ne seront plus pareils

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