Samedi 26 juin 2010
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L’Armement anti-tuberculeux français, Masson et Cie, Editeurs, libraires de
l’Académie de Médecine, 1922
Sanatorium Marin : Hôpital Marin de Pen-Bron
L'Hôpital marin de Pen-Bron a été fondé par M.Pallu, inspecteur des Enfants Assistés de la Loire Inférieure, le 8
septembre 1887. Grâce au concours de quelques philanthropes, il a pu acheter les maisons d'un vieil établissement de conserves de sardines où ont été reçus les premiers malades.
L'hôpital actuel a été construit au moyen de sommes provenant du Pari mutuel et de diverses libéralités dues à Mme
Furtado-Heine, à MM. Beer et Ephrussi. Les bâtiments ont une forme rectangulaire dont les grands côtés sont dirigés sensiblement du nord au sud. Situé en face de la ville du Croisic, l'hôpital
apparaît sur la carte à la pointe d'une mince presqu'île ayant pour base Piriac, la Turballe et Guérande.
L'hôpital marin de Pen-Bron appartient à une Société civile privée, reconnue d'utilité publique le 3 juillet
1893.
Il est administré par un Conseil d'administration comprenant un président honoraire, un président, un vice-président,
un administrateur-délégué, six administrateurs et un directeur du bureau administratif.
L'hôpital a pour but d'assurer aux enfants de faible constitution ou atteints de tuberculose osseuse articulaire
ou ganglionnaire le bienfait du climat marin. Sont donc reçus à Pen-Bron ceux qui peuvent être améliorés ou guéris par l'air marin ; le bulletin délivré par le médecin qui a donné ses soins à
l'enfant est déjà une garantie sérieuse de cette aptitude, mais l'admission définitive n'a lieu qu'après un examen à l'hôpital.
Les enfants des deux sexes sont reçus à partir de l'âge de quatre ans. Ne peuvent être admis les enfants atteints de
tuberculose pulmonaire et d'incontinence d'urine. Les filles peuvent y séjourner jusqu'à dix-huit ans, les garçons jusqu'à quinze ans seulement.
L'Établissement peut recevoir environ 600 enfants. Son aménagement répond aux conditions les plus exigeantes de
confort, de salubrité et d'hygiène modernes : service d'eau de source abondant et de bonne qualité, électricité, chauffage central, radiographie, laboratoire de bactériologie, soins chirurgicaux
assurés par plusieurs spécialistes, service régulier avec le Croisic au moyen d'une vedette automobile.
Au delà des bâtiments de l'hôpital se trouve la ferme avec les chevaux pour l'exploitation, une dizaine de vaches qui
approvisionnent de lait le Sanatorium, une basse-cour et des jardins potagers.
Le régime de la maison est surtout fortifiant ; les enfants y vivent de la vie de famille, dans une grande liberté,
toutefois sous une surveillance active. On leur fait la classe quatre heures par jour ; les bains leur sont donnés soit dans la mer, soit à la maison, selon l'ordonnance du médecin.
Le médecin en chef voit les enfants trois fois par semaine, le chef de clinique les voit tous les jours ; de plus, un
interne est chargé des pansements et habite dans l'Etablissement.
Le service des soins est assuré par les religieuses de Saint Vincent de Paul, auxquelles a été confiée également la
direction morale de Pen-Bron.
Avant son admission, chaque enfant doit produire:
1- Son acte de naissance ;
2- Le bulletin médical délivré par son médecin ;
3- Une promesse de paiement de la pension.
Après l'examen de ces pièces, les parents sont informés de la date à laquelle l'enfant peut être reçu ; on les engage
à venir de préférence les jours de visite des médecins.
Chaque enfant doit apporter un trousseau composé selon la volonté des familles, mais qui doit contenir le linge de
corps, les vêtements, plusieurs paires de chaussures et un costume de bains en laine.
Pen-Bron ne reçoit que des malades payants. Le prix de pension est fixé à 4 francs par jour, tous frais compris et
payable d'avance.
Les demandes d'admission doivent être adressées soit à l'hôpital même, soit au directeur du bureau administratif de
Nantes.