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Les Enfants de Pen Bron, La Turballe

Les Enfants de Pen Bron, La Turballe

Un blog pour témoignage, un blog pour le site de Pen Bron de La Turballe, pour que ce Centre Marin continue son action, celle d'accueillir des enfants dans un cadre de vie et un environnement marin unique. Emmanuel

Publié le par Emmanuel
Publié dans : #Infos générales

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À l’heure où l’on parle de la loi du 11 février 2005 sur l’accessibilité des personnes handicapées, René Leroux se bat depuis plus de 20 ans pour que l’on reconnaisse le droit à tous d’accéder à tout. Rencontre avec le conseiller général, maire de La Turballe, qui a une vision claire de ce que devrait être la labellisation « Tourisme et Handicap ».

Depuis 2008, René Leroux, conseiller général maire de La Turballe, préside la commission intercommunale pour l’accessibilité aux personnes handicapées (CIAPH) sur le territoire de Cap Atlantique. Cette commission est obligatoire pour les EPCI* de plus de 5 000 habitants qui exercent les compétences transports et aménagement du territoire. Son objectif est de :
- dresser le constat de l’état d’accessibilité du cadre bâti existant, de la voirie, des espaces publics et des transports.
- établir un rapport annuel présenté en conseil municipal
- faire toutes propositions utiles de nature à améliorer la mise en accessibilité de l’existant.
- organiser un système de recensement de l’offre de logements accessibles aux personnes handicapées.
Aujourd’hui, René Leroux est quelque peu agacé par le système d’attribution de labels comme celui de « Tourisme et Handicap » qui selon lui ne correspondent pas aux attentes des personnes handicapées. La question de l’accessibilité est une composante essentielle du dynamisme d’une commune soucieuse de son public. Bien avant la loi du 11 février 2005, lorsqu’il était encore député, il avait ambitionné d’être le rapporteur d’un texte de loi pour modifier et dépoussiérer la loi de 1975, qui visait à intégrer les personnes handicapées dans les institutions publiques. Comme il le souligne « On met facilement un peu de vert dans un discours pour faire plaisir aux écologistes, on met facilement un peu de handicap pour faire plaisir à ceux qui sont soit handicapés de la vie soit handicapés professionnels mais cela ne suffit pas ! Pour preuve, Il a fallu qu’on en arrive à une loi très contraignante comme celle de 2005. Pour moi effectivement c’est trop fort, mais d’un autre côté, les personnes handicapées n’avaient pas le choix car rien n’était fait depuis 1975 ».

Des labels qui devraient être attribués aux communes

Le conseiller général estime que nous pouvons tous contribuer, non seulement à appliquer la loi, mais aussi à faire évoluer les mentalités et mobiliser l’ensemble des acteurs de notre société. Le travail de la CIAPH vise à sensibiliser les collectivités locales au problème de l’handicap. Il souligne « Il y a une très bonne participation de la part des collectivités et des associations de CAPA. Certaines collectivités ont pas mal de travaux à faire aujourd’hui ». Comme il l’explique, il n’y a aucun intérêt aujourd’hui à donner un label « Tourisme et Handicap » à un établissement ou une structure si la personne ne peut pas se balader dans la ville. « C’est complètement improductif ! ». René Leroux souhaiterait plutôt que soient revues les conditions d’attribution des labels, favorable à une reconnaissance communale et / ou intercommunale. Il ajoute « En tant que conseiller général, j’avais demandé à ce qu’on ne subventionne pas des équipements culturels, sportifs ou autres… s’il n’y avait pas la totalité des sanitaires au moins accessibles à tous. Je déteste que l’on différencie les personnes handicapées et qu’on les stigmatise. Il est insupportable d’entendre que l’accessibilité pour les personnes handicapées représente un surcoût conséquent, je peux vous dire que l’architecte qui réalise les halles de La Baule a dû dire ça pour la dernière fois. Il doit se souvenir de moi ! ».

Prendre en compte les évolutions majeures

À ce propos, il note que l’on est encore aujourd’hui dans une génération d’architectes qui n’est pas sensibilisée aux handicaps alors que la génération future a totalement intégré les principes de développement durable, d’intégration des populations. Une rampe par exemple dans un établissement ne sert pas uniquement aux handicapés mais aussi aux poussettes, aux personnes âgées ou malvoyantes… Sans oublier les besoins spécifiques des personnes handicapées (alarmes lumineuses pour les déficients auditifs, documents en braille...), de nombreux aménagements sont transposables à d’autres publics. Par ailleurs, le vieillissement de la population est une des évolutions majeures à prendre en compte dans l’aménagement des équipements.

Avec Gérard Mauduit, conseiller général de Saint-Nazaire centre, qui soutient également l’action de René Leroux, ils avaient fait inscrire quelques préconisations dans le plan d’accompagnement des personnes âgées et des équipements. Ils souhaitaient qu’à minima dans les communes de 1 000 habitants il y ait la possibilité pour les personnes handicapées d’aller dans un bar, un restaurant où la porte s’ouvre à l’extérieur, que les terrasses soient accessibles en fauteuil roulant, que les personnes aient la possibilité d’aller dans un office religieux, un office de tourisme, dans une pharmacie… En fonction des communes et du nombre d’habitants, René Leroux proposait d’établir des strates, notamment sur les équipements culturels, le cinéma, la bibliothèque et comme il l’ajoute « Ne parlons pas des mairies qui devraient être accessibles à tous et partout ! La personne handicapée a tout autant le droit de pouvoir monter dans les étages au bureau du maire et des adjoints ».

L’accessibilité comme priorité du service public

Selon lui, il y a des priorités essentielles et il reconnaît lui-même qu’il y a encore des efforts à faire sur la commune de La Turballe. Et comme c’est un homme d’action, il a permis il y a quelques années à des jeunes du centre de Pen Bron de prendre part à la réflexion. À l’époque trois jeunes sont partis en fauteuil roulant - accompagnés par l’ingénieur aux travaux et l’adjoint aux travaux et à la voirie - de la mairie à l’office de tourisme en passant par la poste et la bibliothèque pour évaluer les problèmes d’accessibilité. Au final, cela a coûté 300 000 € à la commune pour refaire les accès.
Ainsi Réné Leroux rappelle « Ces labels qui sont distribués ne sont pas, pour moi, de vrais labels. Un label à l’office de tourisme, un label à l’hôtel, s’il n’y a pas de cheminement entre l’office et l’hôtel pour que les personnes se déplacent ce n’est pas très utile. Je suis foncièrement opposé à ces labels donnés sans qu’il y ait une vraie cohésion entre tout ça, les centres de vacances, les hôtels finalement deviennent des centres de rétention privée. Il faudrait ne les donner qu’à partir du moment ou il y a un minimum de service public dans une collectivité ». Il s’affiche plus favorable à l’attribution de graduations de labels en fonction de la richesse des communes et de leur marque de bonne foi.
La loi de février 2005, entrée en vigueur en 2007, sera obligatoire au 1er janvier 2015. C’est une loi couperet qui sanctionnera tous les établissements recevant du public qui ne seront pas aux normes. Bien qu’elle semble très contraignante, le maire précise « On en est arrivé là car il y avait une volonté affichée de faire des travaux de la part des communes mais cela ne se faisait pas. Les associations en sont arrivées là pour que véritablement le handicap soit pris en compte. Moi j’entends bien que certaines collectivités n’aient pas les moyens mais je ne trouve pas normal qu’à côté elles fassent des travaux pour l’agrandissement d’un équipement ou autre alors que cela aurait pu attendre un an de plus. Si un restaurateur a changé ses lustres au lieu d’avoir fait la pente à l’entrée pour les personnes handicapées, je ne trouverais pas ça normal ! ». Il explique qu’en tant que Président de la CIAPH, il n’a pas de pouvoir de police, son rôle est d’accompagner les collectivités. Il ajoute « Beaucoup d’associations comme les APF** sont prêtes à nous aider. Elles ne sont pas aussi exigeantes que la loi le demande mais plutôt reconnaissantes qu’on les intègre à la démarche intercommunale ».


L’égalité devant les transports est un droit

L’accessibilité urbaine participe à la démarche d’intégration, il est donc nécessaire d’avoir des moyens de transport reliant les différents quartiers de la ville, de ses abords et de ses accès. Il faut dès lors proposer des arrêts de transports publics et des transports accessibles. L’égalité devant les transports est un droit. Sur le réseau de Cap Atlantique, il a été voté au dernier budget sept lieux complètement adaptés au transport pour les handicapés. Cela consiste à créer des arrêts de bus adaptés, avec un cheminement derrière. Une somme de l’ordre de 500 000 € a été inscrite au budget 2011. René Leroux souligne « La prochaine réunion qui va arriver prochainement nous permettra de refaire le point et de voir les communes qui sont prêtes à accueillir tous ces équipements pour bénéficier des fonds du syndicat des transports ». La Baule avec son pôle multimodal, Le Pouliguen et Herbignac se sont visiblement proposées. Néanmoins, le maire ne manquera pas de rajouter « Il y a aussi les architectes des bâtiments de France qui devraient revoir leurs positions là-dessus car certains architectes ne veulent pas bouger leur concept architectural ! Il n’est pas possible de faire un arrêt devant les portes de la cité médiévale de Guérande par exemple, vous trouvez ça normal ? ».

Sa vision globale du handicap est définitivement ancrée dans une démarche d’intégration bien au-delà que le simple outil commercial d’un territoire touristique comme celui de Cap Atlantique. Il conclut « On a encore beaucoup de boulot. Je ne dis pas qu’il faut penser, manger et dormir handicap du matin au soir, mais pensons à tout le monde. Quand on parle sans arrêt de vivre-ensemble, le vivre-ensemble c’est dans le logement, le déplacement… C’est pour tout le monde dans la qualité de vie du quotidien ».

Le saviez-vous ?

La Turballe est la seule commune de CAPA à avoir le label Handi-plage avec trois roues marines et aussi le label Pavillon Bleu des plages d’Europe.
* Établissement Public de Coopération Intercommunale
** Association des Paralysés de France
la loi du 11 février 2005
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000809647&categorieLien=id

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alain coudre 31/12/2012 15:37


Moi qui suis APF et militant acteur de l'accessibilité dans de nombreuses commissions depuis 2005, partage l'avis de Mr LEROUX. C'est une question de volonté politique et de compréhension de
l'enjeu de société pour tous au delà des différences et "handicaps". Chaque maire doit prendre la question à bras le corps et avec une vision globale : il ne s'agit pas tant du bien de quelques
uns que du grand mieux pour tous . Réfléchissez-y tous.

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