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Les Enfants de Pen Bron, La Turballe

Les Enfants de Pen Bron, La Turballe

Un blog pour témoignage, un blog pour le site de Pen Bron de La Turballe, pour que ce Centre Marin continue son action, celle d'accueillir des enfants dans un cadre de vie et un environnement marin unique. Emmanuel

Publié le par Emmanuel
A Nancy, se préparer à l’autonomie, malgré le handicap

Près de Nancy, de jeunes adultes en fauteuil roulant apprennent pendant deux ans à quitter le cocon familial ou l’établissement spécialisé, pour ne pas louper cette étape si attendue.

À la lingerie, le sèche-linge est posé au sol. Trop bas. Sortir les vêtements n’est pas simple pour Cassandra, 20 ans, assise dans un fauteuil roulant, et dont le dos douloureux l’empêche de se pencher. Elle y parvient grâce à une pince qu’elle actionne à l’extrémité d’un manche. Au fur et à mesure, elle plie chaque élément sur ses cuisses. Butant sur un caleçon pelotonné à l’intérieur, et dont elle peine à saisir l’extrémité, elle peste : « J’en ai marre, je ne suis pas douée pour plier. » Mais elle persiste et y parvient, toute seule.

Cassandra fait partie des 13 résidents de l’École de la vie autonome (EVA), à Vandœuvre-lès-Nancy (Meurthe-et-Moselle). Pendant deux ans, elle se prépare à prendre son indépendance. Les deux années suivantes, appelées « étape 2 », elle habitera un appartement en ville, toujours suivie par l’EVA, avant de devenir véritablement autonome. Un parcours qui peut sembler long mais qui doit permettre de lever les appréhensions sans précipitation, tout en y étant poussé : contrôle continu et évaluation jalonnent cette formation.

Réussir son autonomie

L’EVA a été ouverte en octobre 2012 par l’Office d’hygiène sociale de Meurthe-et-Moselle, association gérant de nombreux établissements destinés aux personnes en situation de handicap. Il s’agit d’aider des personnes porteuses de handicap moteur, parfois sévère, vivant auparavant chez leurs parents ou en établissement, à prendre leur envol sans y laisser de plumes.

 « J’ai eu un appartement de 20 à 22 ans. Mais mon rêve s’est transformé en cauchemar, se souvient Emmanuel, 28 ans. Je n’avais pas appris la solitude. Je mangeais n’importe quoi, je ne savais pas gérer mon argent, je me suis mis à boire et à avoir de mauvaises fréquentations. » Désormais averti, il ne veut plus rater sa chance.

L’EVA est un sas : ni tout collectif ni toute indépendance. Chacun dispose de son studio, qu’il adapte en fonction de son handicap, avec le recours à la domotique si besoin. Un réfectoire permet de partager des repas. Une équipe de professionnels est disponible en permanence pour accompagner les résidents dans leurs démarches.

Dans le couloir baigné d’une odeur de chocolat, l’ergothérapeute explique à un résident comment entrer la date d’un rendez-vous dans l’agenda de son téléphone. À côté, un petit groupe prépare un gâteau d’anniversaire. Caler son fauteuil pour battre les œufs, connaître des ustensiles de cuisine facilitant la préhension font partie des astuces délivrées par la technicienne en économie sociale et familiale. « Nous ne résolvons pas la dépendance mais décortiquons le quotidien et mettons en place des stratégies de compensation », explique la directrice, Vanessa Balthazard.

« Apprendre à se blinder »

Un an après l’ouverture, les résultats sont tangibles. « Les résidents sortent tous régulièrement de la structure. Ils sont inscrits à la gym ou à des ateliers cinéma, font du bénévolat. Côté vie quotidienne, ils progressent très vite, préparent, par exemple, eux-mêmes leur petit-déjeuner », commente la responsable. « Ils stressent moins à la réception d’un courrier. Au début, ils le laissaient de côté ou paniquaient. Maintenant, ils l’ouvrent, comprennent de quel organisme il s’agit, osent prendre rendez-vous avec moi et savent exprimer leurs demandes. Mes permanences sont quasiment toujours pleines », constate Aurélia Iglesias, l’assistante sociale. 

Le plus difficile est peut-être ailleurs : « Ils doivent changer de référentiel, acquérir les codes du milieu ordinaire. En institution, l’autre était bienveillant et tout était pensé pour eux. Ils doivent apprendre à se blinder, à ne pas faire confiance au premier venu », note Vanessa Balthazard, qui a déjà mis en place un temps de sensibilisation au sujet de Facebook.

Accompagnement et volonté

L’enjeu de l’EVA dépasse largement la quête de liberté des jeunes majeurs valides. « Ma mère ne sera pas toujours là, il faut que je prenne les rênes toute seule. Je ne veux pas me laisser rouler dans la farine par les professionnels de santé ou du logement qui me suivront », explique Emma, joviale jeune femme de 22 ans. Arrivée du Nord il y a huit mois, elle parvient déjà beaucoup mieux à faire ses courses et ose davantage téléphoner aux administrations, malgré son élocution imparfaite. « La paperasse, c’est tellement compliqué ! Oui, l’autonomie, ça s’apprend ! ça peut même prendre des années », confie-t-elle dans un rire.

Sur le chemin de la pharmacie de quartier, un travailleur social l’accompagne, ainsi que deux camarades. Objectif : repérer l’itinéraire accessible, apprendre à gérer seul son traitement et à maîtriser le système de remboursement des soins. Emma s’aperçoit qu’elle a oublié sa carte bancaire et promet de payer le lendemain. Un brin anxieuse, elle garde son calme : « Je vais essayer de venir seule, ça va aller, je prendrai mon temps ». « Il faut prendre confiance en toi » l’encourage Laura, résidente depuis l’ouverture. Ses parents n’étaient initialement pas favorables à son départ : elle sait ce que volonté signifie.

ÉLISE DESCAMPS (correspondante régionale à Vandœuvre-lès-Nancy en Meurthe-et-Moselle)

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alexandre 26/01/2014 17:35


ben c est super  tout ça avec beaucoup d accompagnement au depart;tous ces jeunes prendront de p)lus en plus confiance en eux et au monde qui les entoure  Et comme çela doit etre
valorisant d arriver a pouvoir faire seul  Bravo a tous et  bonne continuation dans touss ces projets

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