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Les Enfants de Pen Bron, La Turballe

Les Enfants de Pen Bron, La Turballe

Un blog pour témoignage, un blog pour le site de Pen Bron de La Turballe, pour que ce Centre Marin continue son action, celle d'accueillir des enfants dans un cadre de vie et un environnement marin unique. Emmanuel

Publié le par Emmanuel
Publié dans : #Notes d'histoire
 
Centre marin de Pen Bron
Le sanatorium, un établissement d’utilité publique mais que l’on isole :
 
Un sanatorium, aussi connu sous le terme de préventorium, désigne un établissement sanitaire qui a fait son apparition dès la fin du XIXe siècle mais qui a connu un véritable essor au moment de la Première Guerre Mondiale. Ce type de construction était destiné à accueillir des malades tuberculeux bien que rapidement son usage se détourne puisqu’au fur et à mesure la population admise dans les sanatoriums se diversifie et sont progressivement admis tout types de malades que le pense plus ou moins incurables.
Les premiers sanatoriums se développent dont, en France, à la fin du XIXe siècle cependant des exemples s’étaient fait remarquer auparavant, à la fois dans le monde anglo-saxon et du côté des pays germanique. C’est à partir de ces derniers que se développe le modèle de construction germano-suisse qui progressivement s’impose en France suite aux deux premiers congrès International sur la tuberculose, le premier à Paris en 1893 et le second à Berlin six ans plus tard en 1899. Au début du XXe siècle le sanatorium devient donc une construction européenne à part entière et se popularise en France jusqu’en 1916, année où la loi Honnorat impose la création d’un sanatorium par département en France. Cette mesure permet au pays de se constituer un maillage d’établissements destinés à soigner les tuberculeux puisqu’entre 1900 et 1950 il y a eu environ deux cents cinquante sanatoriums qui ont été construits.
Le développement des sanatoriums va de paire avec celui de l’architecture pavillonnaire dans la mesure où les différents types de tuberculeux (phtisiques, osseuse, ganglionnaire, etc) ne devaient pas se côtoyer sans quoi il y avait un risque de contagion supplémentaire. Une autre des caractéristique notable des sanatoriums est l’importance donnée à l’environnement de l’établissement et notamment à l’air, le soleil et, selon la localisation géographique, la mer ou la montagne. En effet, il y avait nécessité d’éloigner toute activité polluante afin que l’air soit le plus pur possible et que chacun puisse respirer convenablement.
Le développement des sanatoriums en région Pays de la Loire est à l’image de celle qu’à connu la France : un développement rapide, une architecture où l’on rationnalise l’espace tout en laissant un maximum d’espace pour la circulation de l’air.
 
L’exemple du sanatorium de Pen Bron (Loire-Atlantique) :Centre marin de Pen Bron, Emmanuel
 
Le sanatorium marin (plus couramment désigné sous le terme de centre marin ou d’hôpital marin) de Pen-Bron a été construit en 1887, sur les plans de l’architecte Georges Lafont, pour accueillir des enfants tuberculeux ou fragiles. Sa création s’est réalisée sous l’égide de M. Pallu, inspecteur des enfants assistés de la Loire Inférieure et grâce à la participation de quelques mécènes dont on peut notamment citer les noms de Mme Furtado-Heine, MM. Beer et Ephrussi qui permirent d’acheter une ancienne usine de conserve qui se vit reconverti en sanatorium au bout de la presqu’île de La Turballe, en face du port du Croisic, ce qui fait que l’édifice et ses possessions terrestres sont entièrement entourées d’eau, raison pour laquelle il a souvent été comparé à un bateau. Six ans après sa construction, le 3 juillet 1893, le centre est reconnu d’utilité publique et prend alors de l’ampleur et peut accueillir jusqu’à près de mille enfants et ce notamment pendant l’été tandis que l’hiver il y avait en moyenne cinq cents pensionnaires.
 
D’un point de vue architectural, le sanatorium de Pen Bron appartient au style éclectique avec plusieurs pavillons disposés autour d’une cour intérieure rectangulaire coupée en son centre par un pavillon abritant les cuisines et le réfectoire mais aussi la lingerie et la buanderie. Ce pavillon permet de créer deux espaces distincts et indépendants au nord et au sud dont un qui s’organise autour de la chapelle (le sud), élément important étant donné que les soins sont majoritairement assurés par des religieuses appartenant à l’ordre de Saint Vincent de Paul, les Sœurs de la Charité dont la Mère Supérieure fut la Mère Simard qui fit beaucoup pour les enfants jusqu’à dévouer sa vie. De nos jours on peut voir, au centre, la sépulture de la Mère Simard qui reste un personnage important pour l’histoire du site. Les pavillons sont essentiellement en granit mais on s’aperçoit qu’ils n’ont pas tous le même aspect dans la mesure où certains possèdent un avant corps central ce qui laisse penser que ceux-ci devaient abriter l’administration ainsi que les logements du personnel. La façade sud de l’édifice, avec en son centre l’entrée de la chapelle, est lui aussi composé d’un avant-corps central mais, de plus, il comporte de part et d’autre une aile en retour de forme carrée ce qui permet d’insister, d’un point de vue architectural, sur l’importance de ce bâtiment qui devait apporter un bien être moral aux jeunes enfants qui étaient accueillis dans ce centre. Les bâtiments de part et d’autre de la chapelle abritaient les logements des Sœurs, l’administration, les laboratoires et les salles d’opérations.
Grâce au plan de l’hôpital, on peut s’apercevoir que les filles et les garçons admis dans l’établissement n’étaient pas mélangés mais se trouvaient de part et d’autres de la cour intérieure et que le seul endroit où il pouvait se rencontrer devait être la chapelle où ils se réunissaient pour la célébration de l’office religieux quotidien ainsi que les cours intérieures.
Au-delà de l’édifice en lui-même, le sanatorium de Pen-Bron possédait plus de cent hectares de terrain où on pouvait voir un grand poulailler, des étables et des jardins potager. Cet espace permettait à chaque enfant admis dans l’établissement de vaguer à ses loisirs et de jouer avec les autres pensionnaires, ce qui correspond bien à la devise de l’édifice qui était : « Ici, on rit et on guérit. ».
Après une période de fermeture, le sanatorium de Pen Bron a été réouvert en 1947 et est actuellement spécialisé en rééducation et réadaptation fonctionnelle et locomotrice. Le site de Pen Bron n’est pas classé en tant que Monument Historique comme peuvent l’être d’autre établissements médicaux dans la région cependant il figure dans d’autres catégories de classement. Ainsi, en 1991, la zone comportant le sanatorium est classé zone naturelle d’intérêt écologique, floristique et faunistique (ZNIEFF) ce qui, certes, ne permet une protection de l’édifice en lui-même mais plus à son environnement.
Il n’existe pas de véritable mise en valeur du sanatorium de Pen Bron à l’heure actuelle bien que des actions individuelles aient lieu. Ainsi, monsieur Emmanuel Lamy a créé un site internet afin que toutes les personnes ayant séjourné à Pen Bron aient un lieu d’échange et de partage autour d’une expérience individuelle marquante dans la vie de quelqu’un et plus particulièrement d’un enfant étant donné que c’était eux, à l’origine, qui devaient être accueilli dans le sanatorium. Dans un entretien réalisé, il revient sur son histoire à Pen Bron, lui qui y est rentré à l’âge de onze ans avant d’y revenir trente-cinq ans plus tard. C’est de là qu’est née son envie de créer un site internet et bien que les enfants ne sont plus admis dans ce centre, il a voulu leur rendre hommage en nommant le site « Les Enfants de Pen Bron » afin que chacun ait Centre marin de Pen Bron, Emmanuel
le souvenir de ce lieu. Une de ses craintes majeure est que le site disparaisse au profit d’investisseurs immobilier qui souhaiteraient en faire une résidence de luxe pour personnes bien portante. C’est pour cette dernière raison que monsieur Lamy se bat afin de sauvegarder le site, au moins en l’état. Pour ce faire il faut qu’une population large prenne conscience de l’existence d’un tel lieu et de l’intérêt patrimonial qu’il peut revêtir. Des journées ouvertes à tous sont donc organisées comme une croisière Pen Bon-Arzal qui a lieu un week-end à la fin du mois de juin et réunissant aussi bien des valides que des invalides ce qui permet un partage dont chacun sort grandit. Il n’y a donc pas de mise en valeur officielle du sanatorium marin de Pen Bron cependant des initiatives permettent au centre une meilleure médiatisation et donc une visibilité augmentée et l’on peut espérer une prochaine valorisation patrimoniale.
 
 
L’exemple du sanatorium de Parigné l’Evêque (Sarthe) :
 
Le sanatorium de Parigné l’Evêque, situé au sud-est de la Sarthe, a été décidé lors de la réunion du Conseil Général du 9 mai 1928 puisqu’à cette occasion à été approuvé l’achat de terrain afin de construire un établissement de soin. Cette construction y avait été évoquée quatre ans plus tôt puisqu’une délibération datant du 27 mai 1924 met à l’étude la construction d’un sanatorium qui était alors jugé comme indispensable dans la mesure où il fallait répondre aux différents besoins de la population. Cependant au vue des dépenses nécessaires, le Conseil Général de la Sarthe s’est rapidement rendue compte que les financements publics ne pourraient pas, à eux seuls, subvenir au financement de l’édifice et il a donc été fait appel à des fonds privés afin de pouvoir la somme nécessaire (environ six millions) ce qui a permis de construire plus de deux cents lits. Suite à la construction, la gérance de l’établissement est confiée à l’Association d’Hygiène Sociale et de Préservation antituberculeuse de la Sarthe, créée en 1921, qui demande alors des aides financières pour le fonctionnement du sanatorium qui nécessite des frais plus important que le budget annuel de l’association (2.000.000 francs alors que le budget annuel est de 500.000 francs).
# http://www.les-enfants-de-pen-bron.fr/
# Archives départementales de la Sarthe, 1 X 319, extrait du rapport du préfet, 9 mai 1928.
l’établissement datant de l’époque de sa construction nous permettent de voir qu’il était isolé au milieu d’une forêt elle-même entourée de champs. Le fait que le sanatorium soit mis à l’écart de la ville montre soit une volonté d’isolement maximal de la population malade afin d’éviter au maximum tout risque de contagion envers la population soit une volonté future d’agrandir l’édifice. Cette dernière hypothèse peut être envisageable dans la mesure où l’on peut constater sur les photographies que des clairières ont été aménagées afin de construits divers bâtiments.
D’un point de vue purement architectural, le sanatorium de Parigné l’Evêque a été construit alors que l’architecture pavillonnaire prédominait largement. Ceci est visible du fait des différents bâtiments que l’on peut constater mais il y a aussi une résurgence de l’hôpital dit ‘‘classique’’ dans la mesure où les bâtiments s’organise autour d’une cour ouvrant sur l’extérieur. Le mélange de ces deux types architecturaux peut nous laisser penser qu’il s’agit là d’un sanatorium que les architectes ont conçu comme un lieu convivial où chacun, même malade, avait le droit à un confort maximal mais surtout où chacun pouvait se croiser et se rencontrer sans qu’il n’y ait de séparation entre les différentes pathologies dont pouvaient souffrir les patients hospitalisés. Lors de la construction de l’édifice, des plans types ont été produits ce qui nous permet de voir comment le sanatorium pouvait être envisagé. Ainsi, un bâtiment de dortoirs était conçu de manière à rationaliser au maximum l’espace dont on pouvait disposer puisque toutes les chambres sont soigneusement alignées le long d’un couloir faisant toute la longueur du bâtiment. Les retours d’ailes ne sont pas occupés par des dortoirs mais par des chambres d’isolement et une chambre d’infirmière.
De nos jours, le sanatorium de Parigné l’Evêque existe toujours mais sous une dénomination différente, c’est le Centre Médical François Gallouedec. Ce dernier a gardé la même structure architecturale que l’ancien sanatorium et l’on a donc une continuité dans l’offre de soin qui est offerte dans le sud-est de la Sarthe. Il n’existe pas de mise en valeur particulière de cet édifice qui pourrait cependant être un lieu d’accueil pour une valorisation de l’histoire hospitalière dans le département
 

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