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Les Enfants de Pen Bron, La Turballe

Les Enfants de Pen Bron, La Turballe

Un blog pour témoignage, un blog pour le site de Pen Bron de La Turballe, pour que ce Centre Marin continue son action, celle d'accueillir des enfants dans un cadre de vie et un environnement marin unique. Emmanuel

Publié le par Emmanuel

La capitale de la BD accueille depuis deux ans le seul ESAT (Établissement d’aide par le travail) image-arts graphique de France, appelé à s’agrandir.

Depuis deux ans maintenant, Frédéric Coulaud, 35 ans, graphiste, rejoint tous les matins, l'Atelier du Marquis, qui réunit une petite quinzaine d'auteurs de bande dessinée à Angoulême.

Ses pas, à lui, ont le goût de la victoire. Le jeune homme, qui souffre d'un léger handicap intellectuel, fait en effet partie du premier ESAT (Établissement d'aide par le travail) mention image et arts graphiques de France, lancé il y a deux ans à l'initiative de Mireille Malot, créatrice du prix Hippocampe (« Sud Ouest » du 9 janvier 2014). Les ESAT ont succédé aux anciens Centres d'aide par le travail (CAT), et celui-ci fait partie de l'Esat de Magnac qui accueille 65 personnes.

« J'avais déjà travaillé dans un ESAT comme menuisier. Ici, je peux vivre du dessin, ma passion, c'est différent. Je suis content car j'ai plus confiance en moi, je suis même allé voir des clients tout seul », raconte Frédéric. Heureux de profiter chaque jour des conseils avisés de l'illustrateur Fawzi qui partage le même bureau. C'est là, la force et l'originalité de cet établissement médico-social. Installé dans un vrai atelier d'artistes, il tente le pari de l'intégration de personnes handicapées par le travail, au nombre de trois pour l'instant.

Ni compassion ni angélisme

Sans prétention et avec prudence. À l'Adapei (Association départementale et amis d'enfants inadaptés) de Charente, gestionnaire de l'ESAT, on salue particulièrement l'engagement quotidien des dessinateurs de l'Atelier du Marquis. « Ils ne sont pas éducateurs, mais ils ont une vraie fibre sociale », souligne Franck Aigubelle, directeur général.

Mireille Malot, qui a fait de l'insertion des handicapés son cheval de bataille, le sait particulièrement. Elle n'a voulu ni compassion ni angélisme. Avec Jean-Luc Loyer, père des « Victor » et Cécile Chicault, auteur de la série « Zélie », elle n'a pas d'inquiétude à se faire. Les deux auteurs, qui partagent un bureau avec Erika Gonnord, 20 ans sourde profonde, le font avec une simplicité confondante. « Cela nous disperse, c'est vrai, mais ça n'a pas changé ma façon de travailler. L'intégration, bien sûr, oui, c'est positif », confirme Cécile Chicault.

En deux ans, les usagers de l'ESAT - on ne dit pas salariés - ont « grandi ». Erika, notamment. « Je découvre, je progresse. » La jeune femme a réalisé des dessins pour quelques clients, mais doute encore. « Elle manque de confiance alors qu'elle a le niveau », reconnaît Cécile Chicault. Erika est arrivée, comme Frédéric Coulaud, auréolée de trois Hippocampes d'or. Mais avec un handicap lourd à porter du point de vue de la communication. D'autant que l'écriture et la lecture lui font aussi défaut. « Avant de travailler ici, j'avais toujours été avec des sourds. Je me sens parfois comme une Japonaise, qu'on aurait déracinée. En réalité, je voudrais que tout le monde maîtrise la langue des signes », soupire Erika. Qui profite de la présence d'une interprète et de sa mère pour remercier chaleureusement Cécile Chicault, Jean-Luc Loyer et tous les auteurs de l'Atelier du Marquis.

Extension de 70 m² en février

« Vous faites beaucoup d'effort en théâtralité », souligne Erika en regardant au coin de l'œil Jean-Luc Loyer. Tout le monde rigole. Même si dans le monde idéal, les auteurs apprécieraient qu'une personne maîtrisant la langue des signes puisse venir de temps en temps.

Certitude, les usagers de l'ESAT sont particulièrement encadrés. « Un ESAT c'est d'abord un établissement médico-social. L'intégration ne passe pas que par le travail. Nous sommes très à l'écoute des besoins des personnes accueillies », explique Béatrice Viollet, adjointe de direction au Pôle de travail adapté, qui vient ici tous les quinze jours.

L'Adapei met en œuvre des projets personnalisés pour chaque usager de l'ESAT. Erika apprend par exemple à lire, Frédéric Coulaud la cuisine. Et tous profitent de l'expertise professionnelle de Pierre-Laurent Daurès, responsable de projet, qui démarche les entreprises.

Enfin, le Pôle image Magelis, troisième partenaire de l'ESAT, entraîné dans le sillage de Mireille Malot, a proposé à l'Atelier du Marquis une extension de ses locaux. Ce mois-ci, l'atelier gagnera 70 m2 de bureaux supplémentaires, sur le palier voisin, mis à disposition gratuitement par Magelis. Sept nouveaux auteurs sont attendus. L'ESAT, lui, espère pouvoir accueillir dans les mois à venir un total de cinq graphistes et illustrateurs.


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