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Les Enfants de Pen Bron, La Turballe

Les Enfants de Pen Bron, La Turballe

Un blog pour témoignage, un blog pour le site de Pen Bron de La Turballe, pour que ce Centre Marin continue son action, celle d'accueillir des enfants dans un cadre de vie et un environnement marin unique. Emmanuel

Publié le par Emmanuel
Publié dans : #Pen Bron

Entre terre et mer
Juste là,  longeant la route, on ne perçoit rien et pourtant là se trouve un cimetière.
Je l'ai retrouvé après une longue balade, j’ai retrouvé le muret, puis l'ouverture dans les barrières qui protègent les dunes, et bientôt ces deux grilles en fer forgé de couleur verte, elles sont entrouvertes, puis quelques marches… là oui, caché par la dune,  se trouve le cimetière de Pen Bron.

Un cimetière où tout vous trouble, entraînant même une certaine douleur,   un cimetière d'enfants, le cimetière des enfants de Pen Bron, mais aussi des sœurs de Saint-Vincent de Paul.

Le centre n'échappait pas au décès de jeunes enfants venus ici pour guérir mais trop atteints par ce mal qu'est la tuberculose,  pour certains d'entre eux la vie les a fui,  ici à Pen Bron.
Avant la création de ce cimetière,  le transport des corps se faisait en canot pour rejoindre la ville, un parcours laborieux pour pouvoir enterrer ces enfants au Croisic.
Les formalités  devaient se faire à la Turballe

C'est en Novembre 1890 qu'il fut pris la décision de créer un cimetière à Pen Bron. Il a été convenu que celui ci soit érigé dans la dune, proche du Centre et les autorisations furent données en 1901.


Bernard Clavel auteur de Fleur de Sel écrivit dans la préface de son livre des mots touchants, des mots simples et troublants…

"A deux ou trois sabotées au nord de Pen Bron, vous découvrirez un jardin d'enfants plus émouvant que tous les crépuscules. C'est un petit enclos entouré de granit et d'une haie de fusains taillés ras et qui sont là pour que le vent ne morde pas directement le sol, pour que ce jardin ne s'ensable pas trop rapidement. Un tamaris torturé par le souffle puissant de l'océan marque l'entrée. Six marches de pierre descendent à la grille qu'on ne ferme jamais.
Les enfants qui sont ici ne s'en iront pas, et nul ne viendra les déranger.
Au centre de l'enclos, une religieuse de quatre vingt six ans veille sur eux qui dorment en écoutant la grande voix de la mer. Chacun a son petit rectangle de sable entouré de planches. Une croix de bois peinte en blanc y est plantée qui porte une date, un âge et un nom. Ils sont là, une centaine. Roger, cinq ans ; Yvette, deux ans ; Simon, dix ans ; Christiane, trois ans; Françoise, six mois ; Denis sept ans ... Ils ne sont pas tristes. Ils ont cessé de l'être. Ils ont le sable et le soleil, et cette bonne soeur qui ne les quitte pas. cette bonne soeur qui leur montre sans doute des chemins de lumière, des sentiers sans épines et bordés de fleurs plus lumineuses que celles de l'ajonc doré, plus parfumées que les minuscules points multicolores de cette flore des marais ou viennent butiner quelques abeilles sauvages"

MORIN Paul & CLAVEL Bernard : Fleur de Sel - les marais salants de la presqu’île guérandaise. (Edition du Chêne, 1975 réédition en 1985)

 
Le jour où j’ai redécouvert ce cimetière,  j'ai eu des frissons, enfant ce lieu m’avait touché, et là je descends ces marches, ces six marches, et dans mon esprit bien autre chose que de la peur, la peur que j’avais eu enfant.

La soeur veille, toujours  sur eux,  elle est là comme l’écrit Bernard Clavel au centre pour les rassurer, les protéger et les enfants dorment  éternellement bercés par le doux bruit des vagues et sont caressés par le vent, un vent légèrement atténué par les fusains.

Et là écrivant ces quelques mots sur ce cimetière,  sur cette sœur,  sur ces enfants,  je me demande si nous enfants de Pen Bron nous ne sommes pas là pour encore,  et souvent penser à ces enfants venus pour guérir, ou du moins aller mieux  mais qui sont partis bien loin de nous, trop jeunes, trop rapidement, ils sont  les enfants de Pen Bron,  tout comme  nous.

De ce cimetière caché entre terre et océan,  je n'ai plus peur,  non j'aime à penser que quelques personnes passent encore quelques fois s'y recueillir.

 

Le cimetière de Pen Bron
Le cimetière de Pen Bron
Le cimetière de Pen Bron

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jackie 05/09/2016 22:17

de 1952 à 1954 je suis restée à pen bron pour des soins de tuberculose, j'ai à cet endroit les pires souvenirs de mon enfance , operation d'adénites tuberculeuses, je regardais pendant des heures l'horizon où je m'imaginais ma mère ma famille, mais rien .... je devais rester... j'ai eu de douloureux moments avec soeur Gabrielle qui n'hesitait pas à nous frapper pour presque rien.
j'y suis retournée plusieurs fois afin de dompter ces souvenirs si douloureux qu'ils m ont laissés des traces à jamais.
la dernière fois que j'y suis allée en 2015 , je n'ai ressentie qu'indifférence , je crois que je suis guérie de ce traumatisme.

marie 03/03/2017 17:14

Jackie j'ai aussi été tourmenté par sœur Gabrielle j'en ai fais des cauchemars pendant des années ,mais mon ange gardien étais sœur Catherine elle me prenait dans ses bras avec tant de douceur qu'elle était devenue ma maman que je ne voyais pas souvent, mon chirurgien était le docteur bureau ,je suis entré le 9 mars 1957 et sortie le 9 octobre 1960.dernièrement je suis retournée à Pen Bron et j'ai pleuré de voir que tout étais fini plus rien ne bouge dans ce beau bâtiment plu un souffle de vie juste le vent et la beauté du paysage dont je ne me lasse pas ,je suis passé aussi au petit cimetière des enfants pauvres petits si jeunes et là je me suis dit que j 'avais eu beaucoup de chance aujourd'hui je marche grâce à toutes ces opérations j'en ai eu d'autres depuis mais c'est pas grave j'ai eu une vie extra ,je suis et resterais toujours une enfant de Pen Bron. je souhaite que vous alliez mieux

Charles 06/10/2016 16:08

J'ai séjourné à Pen Bron entre 1955 et 1958. J'en garde un souvenir cruel tant j'en ai souffert mais aussi un souvenir merveilleux pour cette religieuse qui, tard le soir, venait me chercher dans mon lit pour, en cachette, me donner à manger. J'aimerais entrer en contact avec des anciens pensionnaires.

emmanuel 07/09/2016 09:17

bonjour je suis emmanuel du blog des enfants de pen bron je viens de lire votre message et je vous comprend tres bien. j'ai tout comme vous en partant de pen bron detester l'endroit et certaines des choses qui pouvaient s'y passer. mais je retiens surtout le souvenir du lieu de l'ocean des copains et copines avec qui j'ai partagés des moments fort de tristesse et de joie aussi
voila pourquoi pen bron est toujours en moi je vous invite a lire mon histoire et vous verrez que tout comme vous il n'y a pas eu que du bonnheur
par contre je deplore la fermeture d'un tel lieu de reeducation qui pouvait appporter soutient médical et surtout pour le bien etre d'etre si pres de l'ocean
si il avait ete construit si pres de l'ocean a l'epoque ce n'est pas pour rien
et maintenant on denigre cela
bien a vous emmanuel

alexandre 25/02/2015 14:01

moi qui n ai pas connu Pen Bron je me sens bien nulle quand je lis tous les messages sur ce blog ;ces endroits que beaucoup d entre vous ont connu et qui pour vous tous paraissent tellement gravés dans vos coeurs et vos mémoires .Mais a ma façon je lis sur le blog .me documente .et me révolte aussi de voir la fermeture de ce lieux si magique et si sain On détruit tjrs ce qui est beau et bon Un jour j irai faire un tour la bas mais comme dit Emmanuel , rien ne sera plus pareil et bien dommage!

Christian 09/05/2013 23:45


Bonsoir Emmanuel et merci pour votre réponse...Content de renouer après toutes ces années (j'avais écrit sur votre blog en 2009). De temps en temps j'aime me réfugier sur ce site car il constitue
un véritable trait d'union avec tous ceux qui ont été marqués par leur passage dans cette presqu'île tellement hors du temps...Oui Pen Bron a concentré tout au long de son histoire des
témoignages unanimes sur la bonté, l'humanisme et l'abnégation du personnel en général et des soeurs de la Charité en particulier, sur l'atmosphère de sérénité qu'il y régnait avec une
sensation de bien-être et de protection que l'on pouvait ressentir, le tout teinté d'une forme de spiritualité insufflée par les soeurs de St-Vincent de Paul. J'espère vraiment que nous
aurons l'occasion de nous rencontrer pour partager ces émotions qui nous appartiennent...


Christian.  

Christian 08/05/2013 22:28


Bonsoir Emmanuel et Marie-Laure,


 


Encore une immense gratitude pour ce blog qui contribue à perpétuer ce souvenir
magique, intemporel de ce lieu qui restera à jamais enraciné en moi...En souvenir de soeur Marguerite que j'ai bien connue et qui était "rédactrice en chef" de cette revue magnifique "le Joyeux
Ami" éditée 3 fois / an jusqu'en 1972, je voulais savoir si vous aviez un moyen de vous procurer ces revues ? Peut-être qu'un ancien de Pen Bron aura eu l'idée de numériser ces revues et si ce
n'est pas le cas je peux me proposer de le réaliser si tant est que nous arrivons à récupérer les originaux.


 


Pen Bronnais vôtre


 


Christian (rappel : ancien de Pen Bron de 1966 à 1972)


 

Emmanuel 09/05/2013 10:40



bonjour crhistian je vous remercie de votre message et j'associe Marie laure a ces remerciements. personne qui ses investies dans le blog plus que vous ne pouvez l'imaginez et qui depuis la
decouverte de pen bron pour elle a eu un enorme coup de coeur pour pen bron pour ce qui est de " le Joyeux Ami" il faudrait voir avec pen bron pour savoir si il existe des exemplaires qui
auraient ete conservés je vais essayer de voir si quelqu'un a ou pourrait retrouver je vous tiens au courant vous pouvez me joindre sur les-enfants-de-pen-bron@hotmail.fr


bien a vous



Alain AUBERT 22/11/2011 21:31


Je venais de Grenoble, et j'ai fait quatre séjours entre 1960 et 1964, aux Ecureuils, avec Soeur Etienne, qui était en retraite dans la Mayenne il y a peu de temps encore,  Mle Yolande, etc;
Je considère toujours soeur Etienne comme la personne la plus importante de mon enfance, et Pen-Bron comme mon vrai chez-moi. Nous étions entre un pavillon Panckouke (orthographe?), (et je me
rappelle nos jeunes voisines, qui devaient se tenir sur la pointe des pieds à longueur de journée, parmi lesquelles une certaine Marie-Jeanne s'était prise d'amitié pour moi et m'avait offert un
petit santon de la vierge), et un autre ou des gamins de mon âge étaient estropiés plus ou moins gravement. Je me rappelle soeur Jeanne du Lazaret, aussi...soeur Lucie, qui s'occupa de ma soeur,
soeur Marthe, le docteur Mitry, etc.


J'essaye de revenir une année sur deux, toujours avec le même plaisir et la même émotion. Je revois des visages, je retrouve des odeurs, les bois et les dunes dans lesquels nous courrions! 

Emmanuel 23/11/2011 09:56



bonjour alain j'aimerais si vous le souhaitez que vous vous racontiez comme vous venez de le faire la afin de vous publier dans le blog ecrivez moi quelques lignes que je fasse un article
souvenir pour vous en esperant que vous accepterer merci a vous de cette comm j'attend votre reponse sur chrystem@live.fr ou sur les-enfants-de-pen-bron@hotmail.fr merci



Gérard 25/08/2011 21:17



J'aurai dû commencer par là ! Je viens de vérifier sur  Price Minister " livres",l'ouvrage y est bien encore disponible pour la somme de 10 €



Gérard 25/08/2011 21:11



Pour retrouver le livre sur Pen Bron de Yves Horeau, que je possède, essayez le site Price Minister ( livres ) 



Emmanuel 25/08/2011 22:17



bonjour marie laure et merci du renseignement pour cette personne



bucher 08/12/2009 17:56


Bonjour,
Je suis une ancienne de Pen-Bron,une abeille avec soeur Luçie,1963-64.Bien que j'ai souvent regardée l'horizon quand j'étais la-bas car ma famile me manquée, le centre ma beaucoup apportée et j'en
garde un souvenir vivace et doux.
J'ai besoin une fois par an d'y aller, de respirer le bon air,de sentir l'odeur des pins que je retrouve nulle part ailleur. Je cherche des photos des religieuses de l'époque, pour faire quelques
aquarelles.Merci de me contacter.


Marie-Laure 08/12/2009 19:08



Bonsoir, je comprends que vous aimez revenir sur ce petit bout de presqu'ile, Pen Bron est un endroit particulier, un environnement
exceptionnel, c'est vrai, je vais très souvent là bas. Si je peux trouver ce vous demandez, je vous en informerai aussitôt.
A très bientôt
Marie-Laure



Christian 10/10/2009 19:08


Bonjour,

Je suis un ancien de Pen-Bron (de 1967 à 1972), et cette période a fortement marqué mon enfance gravant à jamais dans ma mémoire des souvenirs aussi difficiles qu'heureux. Les années passant, je
suis rattrapé par le besoin de remonter aux sources et ma quête m'a amené à rechercher tout ce qui a trait à ce lieu que je ne peux oublier. M'étant par ailleurs largement documenté, je voulais
savoir si vous pouviez m'orienter pour trouver l'ouvrage d'Yves HOREAU "PEN BRON 1887 - 1987" que l'on ne trouve pas en librairie. D'autre part, à mon époque était publié par les Soeurs St Vincent
de Paul le bulletin (de 1954-1971) intitulé "Le joyeux ami, le petit courrier Pen-Bronnais"...Où puis-je me les procurer ? Que sont devenus les Sœurs de la Charité de cette époque (soeur Françoise,
sœur Marguerite..si dévouées...), ainsi que les médecins (Docteur Mitry qui m'avait soigné).

Je vous remercie infiniment par avance de votre aide et ainsi de pouvoir m'orienter. 



Emmanuel 13/10/2009 12:50



Bonjour à nouveau je  reponds donc  à votre message,


Monsieur Yves Horeau m'a confirmé qu'il était impossible de trouver son livre PEN BRON 1887 1987 en librairie,  il vous est possible de
contacter le centre de Pen Bron afin de pouvoir leur commander ce livre que je vous conseille de lire
avec toute mon amitié. Emmanuel,  à tres bientôt sur le blog


 



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