Pour Les Enfants de Pen Bron - Centre Hélio Marin - La Turballe

Mardi 25 août 2009 2 25 /08 /Août /2009 12:39

Entre terre et mer
Juste là,  longeant la route, on ne perçoit rien et pourtant là se trouve un cimetière.
Je l'ai retrouvé après une longue balade, j’ai retrouvé le muret, puis l'ouverture dans les barrières qui protègent les dunes, et bientôt ces deux grilles en fer forgé de couleur verte, elles sont entrouvertes, puis quelques marches… là oui, caché par la dune,  se trouve le cimetière de Pen Bron.

Un cimetière où tout vous trouble, entraînant même une certaine douleur,   un cimetière d'enfants, le cimetière des enfants de Pen Bron, mais aussi des sœurs de Saint-Vincent de Paul.

Le centre n'échappait pas au décès de jeunes enfants venus ici pour guérir mais trop atteints par ce mal qu'est la tuberculose,  pour certains d'entre eux la vie les a fui,  ici à Pen Bron.
Avant la création de ce cimetière,  le transport des corps se faisait en canot pour rejoindre la ville, un parcours laborieux pour pouvoir enterrer ces enfants au Croisic.
Les formalités  devaient se faire à la Turballe

C'est en Novembre 1890 qu'il fut pris la décision de créer un cimetière à Pen Bron. Il a été convenu que celui ci soit érigé dans la dune, proche du Centre et les autorisations furent données en 1901.


Bernard Clavel auteur de Fleur de Sel écrivit dans la préface de son livre des mots touchants, des mots simples et troublants…

"A deux ou trois sabotées au nord de Pen Bron, vous découvrirez un jardin d'enfants plus émouvant que tous les crépuscules. C'est un petit enclos entouré de granit et d'une haie de fusains taillés ras et qui sont là pour que le vent ne morde pas directement le sol, pour que ce jardin ne s'ensable pas trop rapidement. Un tamaris torturé par le souffle puissant de l'océan marque l'entrée. Six marches de pierre descendent à la grille qu'on ne ferme jamais.
Les enfants qui sont ici ne s'en iront pas, et nul ne viendra les déranger.
Au centre de l'enclos, une religieuse de quatre vingt six ans veille sur eux qui dorment en écoutant la grande voix de la mer. Chacun a son petit rectangle de sable entouré de planches. Une croix de bois peinte en blanc y est plantée qui porte une date, un âge et un nom. Ils sont là, une centaine. Roger, cinq ans ; Yvette, deux ans ; Simon, dix ans ; Christiane, trois ans; Françoise, six mois ; Denis sept ans ... Ils ne sont pas tristes. Ils ont cessé de l'être. Ils ont le sable et le soleil, et cette bonne soeur qui ne les quitte pas. cette bonne soeur qui leur montre sans doute des chemins de lumière, des sentiers sans épines et bordés de fleurs plus lumineuses que celles de l'ajonc doré, plus parfumées que les minuscules points multicolores de cette flore des marais ou viennent butiner quelques abeilles sauvages"

MORIN Paul & CLAVEL Bernard : Fleur de Sel - les marais salants de la presqu’île guérandaise. (Edition du Chêne, 1975 réédition en 1985)

 
Le jour où j’ai redécouvert ce cimetière,  j'ai eu des frissons, enfant ce lieu m’avait touché, et là je descends ces marches, ces six marches, et dans mon esprit bien autre chose que de la peur, la peur que j’avais eu enfant.

La soeur veille, toujours  sur eux,  elle est là comme l’écrit Bernard Clavel au centre pour les rassurer, les protéger et les enfants dorment  éternellement bercés par le doux bruit des vagues et sont caressés par le vent, un vent légèrement atténué par les fusains.

Et là écrivant ces quelques mots sur ce cimetière,  sur cette sœur,  sur ces enfants,  je me demande si nous enfants de Pen Bron nous ne sommes pas là pour encore,  et souvent penser à ces enfants venus pour guérir, ou du moins aller mieux  mais qui sont partis bien loin de nous, trop jeunes, trop rapidement, ils sont  les enfants de Pen Bron,  tout comme  nous.

De ce cimetière caché entre terre et océan,  je n'ai plus peur,  non j'aime à penser que quelques personnes passent encore quelques fois s'y recueillir.

Quelques clichés du cimetière de Pen Bron


Ecrire un commentaire - Publié dans : Pen Bron - Voir les 5 commentaires - Par Emmanuel
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Pen Bron, son histoire, son but, ses atouts
La Turballe, histoire d'un hameau qui devient une cité industrielle grace aux nouvelles technologies de conservation, et bien sur, ici de la sardine turballaise. Pen Bron sera aussi un atout dans ce développement...

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