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Les Enfants de Pen Bron, La Turballe

Les Enfants de Pen Bron, La Turballe

Un blog pour témoignage, un blog pour le site de Pen Bron de La Turballe, pour que ce Centre Marin continue son action, celle d'accueillir des enfants dans un cadre de vie et un environnement marin unique. Emmanuel

Publié le par Emmanuel
Publié dans : #Pen Bron

Le Centre Marin de Pen Bron La Turballe

 

Ce blog a pour simple ambition d'évoquer une partie de ma vie dans le Centre Marin de Pen Bron, de parler de ma maladie, de mon expérience, de mon vécu....
Prenez cela comme un simple témoignage mais le plus important est de faire que ce centre demeure en l'état et qu'il continue d'accueillir des enfants, tout comme moi il y a 35 ans.

Emmanuel
 

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Christian 30/11/2009 00:54



J'étais moi-même patient de 1969 à 1972, alors peut-être est-il possible, Alexandra que nous nous soyons croisés dans ce
bout de terre intemporel qui aurait pu être la villégiature du Dieu Eole...A l'évocation de ces lieux au moment des grandes marées d'équinoxe, je ne peux m'empêcher de repenser à ces paroles
magnifiques de Victor Hugo : "Le bruit du vent écouté dans ces solitudes donne une sensation de lointain extraordinaire". Après avoir dévoré le livre d’Yves Horeau « 1887 – 1987 Pen
Bron » à la médiathèque de Nantes, (édition épuisée et introuvable), j’ai eu l'immense plaisir d’apprendre qu’il était disponible à l’accueil administratif de Pen Bron. Cela me donnera
l’occasion d’une énième escapade pour l’acquérir et  le faire trôner en bonne place dans ma bibliothèque. Peut-être pourrions-nous l’envisager ensemble ?


Indissociable de ces lieux, Jacques-Yves Le Toumelin l’était assurément…A l’annonce de sa disparition récente, des souvenirs
merveilleux de promenades que nous entreprenions jusqu’à sa retraite dans la lande me sont remontés avec ces sentiments ambivalents de joie et tristesse que nous confère la nostalgie. Je revois
cette cohorte d’enfants disciplinée, marchant au pas cadencé, et orchestré par Thérèse (impressionnante de dévouement) au travers de cette claudication qui la caractérisait. Rétrospectivement,
cela me semblait le bout du monde…. Et cet homme véritable pionnier de la voile moderne qui fuyait les honneurs, modèle de discrétion, vivant reclus du "monde" nous faisait l’immense honneur
(avec sa sœur) de nous recevoir et nous narrer quelques anecdotes choisies…Nous en revenions toujours empreints d’une sérénité qui émanait naturellement de ces lieux et distillés par ces hôtes
tout entiers convertis aux bienfaits du bouddhisme. Et je peux affirmer qu’il a été à l’origine pour une part de ma passion pour ces histoires fantastiques qui avaient pour décor la mer infinie
(Moby Dick, L’île au trésor,etc..)  Oui véritablement j’ai été saisi par cette nouvelle triste, moi qui l’imaginais immortel !!!




ALEXANDRA 08/11/2009 15:05


WOUAHHHHHHHHH!
Je reste sans voix,c'est magnifique.
Je suis une ancienne patiente (voir toujours d'actualité )de Pen Bron.C'est tres beau ce temoignage.
Je me bats egalement pour que ce site reste dans l'etat et j'essaie comme je peux d'y apporter quelques ameliorations.
Je suis tres triste  de voir que beaucoup d'enfants vont devoir quitter ce lieu,si seulement j'avais les moyens de changer cela.
Qui mieux que nous peut comprendre,la mer,la plage,le vent,le calme,la beauté du coin.Faire des ballades,respirer ?La vie !!!!!!!!!
Croit on que c'est en mettant les gens dans des hopitaux betonner qu'on va ameliorer leur santé???????
Tout ça pour vous dire que mes pensées rejoignent tres fort les votres.
D'ailleurs vous me connaissez certainement!!!!!!
Atres bientot.


PECHOT 28/10/2009 15:05



Bonjour Emmanuel,


 


Tout d'abord, mille excuses d'avoir tardé à vous répondre ou plus précisément à réagir, à apporter ma modeste pierre à
la conservation de l’édifice de la mémoire. Merci pour ce message qui restitue parfaitement nos quêtes communes. Pour ma part cela procède de cette envie d'entretenir ces souvenirs qui
paradoxalement correspondent à une période de ma vie où la mort rôdait et la souffrance y était quotidienne, non pas la mienne que j'arrivais à annihiler mais celle que me renvoyait à chaque
instant mes camarades qui m'entouraient et qui ont connu un sort moins heureux que le mien...Vous le dites très bien c'est un endroit particulier et unique au monde et il est difficile de décrire
l'émotion que suscite ces lieux de sérénité, seuls les « habitants » qui ont « colonisé » (bien malgré eux) cette terre vierge peuvent le comprendre mais cela ne sort pas des
sphères de l’introspection.


A l’occasion de mon retour dans la région à la faveur d’une mutation, j’ai profité de la trêve estivale pour partir chaque week-end
dans ces endroits auxquels je suis profondément attaché, en quête de mes sources. Et même si la presqu’île guérandaise (le pays de l’or blanc) s’est quelque peu métamorphosée n’ayant pu résistée
à la « bétonite aïgue », elle est restée authentique, unique avec ces variations de lumière tout au long de la journée qui donne l’impression de la découvrir. A l’occasion de plusieurs
randonnées, j’ai sillonné la presqu’île de Pen-Bron comme dans un éternel pèlerinage que je ne me lasse pas d’entreprendre. Je suis convaincu que c’est là que je me suis forgé l’essence même de
mon être, donnant cet esprit îlien, cette forme  d’insularité, ce goût de la solitude et d’instinct sauvage c’est là que j’ai développé cette
résistance au monde qui nous entoure, nous engouffre, nous asphyxie, nous corrompt…sans compter cette chape judéo-chrétienne qui m’a tellement pesée...Je pense que je n’ai jamais retrouvé nulle
part ailleurs cette sensation de protection, d’intégrité, de nature sauvage (aujourd’hui classé site protégé car il a fallu légiférer tant l’homme avait mis en péril cet endroit magnifique)…Pour
la petite histoire Pen-Bron veut dire « bout de sein »…. Et pour reprendre la phrase célèbre « Cachez ce sein que je ne saurais voir » ..on peut regretter que cela n’ait pu s’appliquer à cette
presqu’île à la nature si pudique….En attendant j’ai pris rendez-vous chaque week-end avec cette source d’émotion et  les entraînement en mer sont
devenus des moments de pur bonheur….une apothéose, une forme d’osmose entre ce bout de terre balayé par l’écume et caressé par les vents  …je retrouve
ces sensations d’antan où l’abandon avec cet élément était total où l’on se jouait de la risée, où l’on bravait les écumes, où l’on surfait sur les vagues…Mon rêve en forme de challenge :
organiser une compétition de nage en eau libre (3 ou 5 km), autour de cette presqu’île magique et dont les fonds iraient intégralement aux bonnes œuvres de Pen Bron….


Christian



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