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Les Enfants de Pen Bron, La Turballe

Les Enfants de Pen Bron, La Turballe

Un blog pour témoignage, un blog pour le site de Pen Bron de La Turballe, pour que ce Centre Marin continue son action, celle d'accueillir des enfants dans un cadre de vie et un environnement marin unique. Emmanuel

Publié le par Emmanuel

Retour dans le bureau du professeur : il regarde mes radios , il a l'air content et explique à mes parents qu'effectivement mes os

sont consolidés et que tout va bien . Les deux opérations effectuées ont bien marché , il est ravi .

Cependant même si tout se passe bien , il faut être encore prudent .

Tout en parlant à mes parents , moi je suis allongé sur la table , il a la main posée sur mon torse et manipule mes jambes ,

ils les relèvent ou les tirent sur le côté .

Il me fait asseoir sur le bord de la table avec un sourire . Il a beau être grand , impressionnant et avoir une voix qui porte ,

il a dans son regard quelque chose de doux et d'attendrissant avec moi .

Et je pense que tous les enfants qu'il a opéré pendant toute sa carrière de chirurgien , ressentent la même chose .

Aujourd'hui , je revois encore cet homme et toutes les autres personnes qui ont marqué ma vie , mais j'y reviendrai !!!

J'ai toujours eu confiance en chaque professeur que j'ai rencontré et qui m'ont opéré .

J'ai un énorme respect pour le professeur Rosset , d'ailleurs je me dis souvent qu'il fait parti de ma famille .

Cela fait trente années que nous nous voyons .

Revenons à ce jour là , je suis assis sur le bord de la table , le professeur Glorion va chercher des béquilles et revient vers moi ,

il me soulève , m'assois sur une chaise et me dit de le regarder .

A ce moment là , il m'explique comment je dois me servir des cannes . Il marche devant moi avec pour me montrer .

Il me recommande bien de n'avoir aucun appui pour marcher , juste soulever mon corps à l'aide des béquilles , poser mes

jambes et recommencer . En moi , tout est en dessus dessous , je ne m'attendais pas à marcher , enfin à me mettre debout

aujourd'hui , je suis HEUREUX . Je prends les béquilles , je me lève , je prends appui et je me lance prudemment .

A croire que j'ai fait ça toute ma vie !!!! j'y arrive , je suis debout , j'ai mes cannes et j'avance de quelques pas .

Il me sourit , il est assis en face de moi et me dit de venir vers lui . Alors , j'avance lentement et j'arrive jusqu'à lui .

Il est là , toujours avec le sourire . Je suis content , je ne suis pas tombé et je me débrouille bien .

C'est au moment où je me trouve face à lui , qu'il me demande comment s'est passé mon séjour à Pen Bron .

Je suis bloqué , aucun mot et son ne sortent de ma bouche jusqu'au moment où ma mère me dit :

" Emmanuel , expliques au professeur comment c'était là bas , dis lui tout " . De mes yeux coulent des larmes , le professeur me

sourit à nouveau et passe sa main sur ma tête .

Je sais que je ne retournerai plus à Pen Bron . Je sais aussi que parfois j'avais envie de partir , de m'enfuir de là bas .

Mais j'y étais heureux et comme tous ces endroits où l'on passe un séjour tel que le mien , on a toujours des mauvais

souvenirs mais les meilleurs l'emportent sur tout le reste . J'y ai laissé une partie de moi même , mes copains et mes copines .

Je me souviens de tous leurs visages et je garde aussi en mémoire celui de Marie France .

J'ai toujours autour du cou , ce jour là , la chaîne et la vierge en médaillon et je pense à eux , à ce Centre et à l'Océan .

Je réalise seulement maintenant que j'aurai peut être pu y retourner pour finir mon séjour . Mais le fait de savoir que je devais

rester plus d'un an , j'ai eu peur de ne jamais revenir , de ne jamais revoir ma famille et que j'y resterai pour toujours .

En partant du service , je passe par le couloir des chambres et je rencontre quelques infirmières et femmes de salle .

Elles viennent me saluer , certaines m'embrasser , elles me sourient et je suis heureux de les revoir .

Pendant que mes parents parlent avec elles , je suis juste devant la porte de ma chambre et mes yeux traînent un peu partout .

Je regarde les enfants allongés sur leurs lits et je me revois et je me dis qu'ils ne sont pas près de sortir de là et qu'il va falloir

beaucoup de temps et de patience pour eux aussi .

l'enfant qui marche avec des bequilles

Voilà, enfin, depuis le temps, je suis debout. Bon, c’est vrai, avec un appui énorme - j’ai des cannes - mais une sensation superbe : plus besoin de me tenir allongé, d’avoir toujours les jambes, quand je suis assis, en position allongée. Je me sens bien de suite, j’appréhende un peu les marches, mais en prenant le temps tout se passe bien… Donc, direction – la voiture, et retour à la maison.

Pendant plusieurs minutes je suis là, à regarder les gens, j’ai une nouvelle vision des personnes, être debout change tout. Une chose qui est quand même incroyable, c’est qu’à chaque fois que je vais quelque part en voiture, je suis malade à l’aller et rarement au retour. Donc, le retour de l’hôpital se passe bien, et j’ai même hâte de rentrer.

Mes parents vont pouvoir rendre mon fauteuil roulant. Déjà, il paraît que la Sécu ne voulait pas le prendre en charge… Je me souviens de mon père qui voulait m’emmener jusqu’au bureau de la personne qui avait refusé, mais il voulait que je marche, enfin, que je fasse comme à la maison.

Une fois arrivés à la Sécu, il voulait que je rentre devant tout le monde jusqu’au bureau, sur me bras et mes fesses, franchement, la honte, je me disais : « pourvu qu’il ne le fasse pas… ».

Le chariot a finalement été pris en charge, mais j’ai eu la trouille quand même… Donc, là, fini le chariot, il pouvait le redonner sans soucis, je n’en voulais plus.

Tout le monde était à nouveau content de me voir debout, et j’étais à nouveau pendant quelque temps entouré avec des sourires.

Le fauteuil roulant m’a formé les bras, et les cannes allaient à leur tour prendre la place pour me muscler.

Ca, pour marcher, c’est parfait pour vous muscler encore mieux. Très vite je vais ressentir à l’intérieur de mes paumes de mains la brûlure que provoque l’échauffement de la marche.

Je ne peux pas dire que j’ai mal aux pieds, non, mes pieds sont mes mains, elles supportent le poids de ma petite personne ; à chaque foulée que je fais mes bras soulèvent mon corps, un pas, un appui de mes bras, et on recommence, mais je suis debout, je ne marche pas, je balance mon corps devant moi, j’avance quand même très bien pour un début…

Une fois de retour à la maison je me sens fier d’être debout à nouveau. Je peux me déplacer là où je veux sans avoir à ramper sans arrêt à chaque déplacement. C’est quand même beaucoup plus facile pour moi d’aller du salon à la cuisine debout comme tout le monde à la maison. Bien sûr, comme ma station debout est permise quand je m’appuie sur mes cannes, je suis plus souvent par terre que debout, mais quand même, quel plaisir !

Souvent dans la salle à manger avec mon frère nous avions inventé une nouvelle façon de jouer au football. Depuis mon retour, avec une boule de plastique vide de l’eau qu’elle contenait, nous avons inventé le football en salle ou plutôt le football de salon.

Un sport qui n’est pas un sport de snob, bien sûr que non, rien à voir avec la danse de salon où tout le monde danse dans une immense salle, sur des musiques. Eux, ils dansent la valse, le tango, toutes les musiques qui font que l’on danse dans un beau costume et de belles robes. Nous, notre football de salon est dans la salle à manger, entre l’argentier dont les pieds servent de but et la petite marche qui sépare le salon de la salle à manger. Une paire de patins servent à délimiter les buts.

Mon frère, parfois debout ou assis par terre, et moi, comme d’habitude, je suis sur mon petit derrière à jouer contre lui. Des parties de football font de la salle à manger un risque. A chaque nouvelle partie de football les vases ou les vitrines de l’argentier risquent leur vie sur un tir mal cadré.

Parfois il arrive que nous sommes là, à voir la balle, ou la boule, pour être plus juste, partir en hauteur, direction la porte vitrée protégeant de belles tasses à café, sucrier en porcelaine… elle tape, fait un bruit d’enfer dans la vitrine, elle ne se casse pas… ouffff, enfin, encore une peur de l’avoir cassée, mais rien ne nous arrête, même la peur que nous venons juste d’avoir à l’instant, nous continuons nos parties de football.

Parfois je gagne quelques matchs, mais souvent je perds. Mon frère a un avantage, celui d’être debout, bien sûr, mais aussi celui d’être mauvais joueur, donc, afin que les parties continuent, parfois je le laisse gagner certaines parties. Sinon, tout se termine en bagarre, et là nous passons du football au catch, et encore une fois celui qui veut abandonner tape de la main par terre pour dire stop.

Bien souvent quand j’avais le dessus, mon frère se mettait à pleurer et j’arrêtais, et là il me tombait dessus en me prenant le cou avec ses jambes et serrait si fort que j’étouffais et me retrouvais dans la position où c’était moi qui tapais le sol de ma main, et là il fanfaronnait de m’avoir bien eu.

Et à chaque fois c’était pareil, je me faisais avoir et perdais une bonne partie de tous les jeux que nous avions ensemble.

Je n’aimais pas que Sébastien pleure ; il avait depuis qu’il était petit une maladie je ne sais pas si on peut appeler cela maladie, mais bon, s’il était en colère ou pleurait, ou se faisait mal, il e mettait à pleurer et à retenir sa respiration involontairement, et il devenait tout bleu, et ses lèvres bleuissaient, elles aussi.

Je me souviens que cela m’impressionnait de le voir comme ça. Parfois je lui soufflais dans la bouche, de peur qu’il s’étouffe… lui, la bouche grande ouverte, et moi, là, tout proche, je soufflais de peur qu’il ait plus d’air.

Souvent il m’a fait ce coup-là, et à chaque fois je peux vous dire que j’avais une trouille qu’il ne revienne pas à lui. Ensuite, en grandissant j’avais compris le truc. J’allais chercher un gant de toilette bien froid que je lui appliquais sur le visage pour le faire revenir à lui… L’eau bien froide m’aidait bien.

Souvent, donc, à jouer dans le salon, nous prenions une bonne remontée de bretelles, ou alors une bonne baffe que mon père nous distribuait volontiers, et –plaisir ! – ma mère n’était pas non plus sans nous oublier, bien sûr ! Mais j’en ai pris plus que je n’aurais dû, et Sébastien bien moins… après tout, j’étais le plus grand, c’était à moi de savoir ce qui était bien ou pas, donc, je prenais pour les deux. Cela mettait bien souvent une fin à notre partie qui reprenait de plus belle quelques minutes après le départ de mes parents pour le travail, ou alors, trop vexé par la baffe que je venais de prendre pour les deux, je ne voulais plus jouer avec lui. Avec mes cannes, plus besoin de personne, souvent je peux maintenant aller faire un tour dehors sans que personne ne pousse mon fauteuil, je peux sortir sur le pas de la porte ou aller dans la cour, je ne suis plus cloué dans le salon à écouter de la musique, le matin et l’après-midi je me déplace, et les week-ends sont un peu plus à sortir…

Je me souviens du 1er mai de cette année-là, où, comme d’habitude, mon oncle Christian nous emmenait tous dans le parc d’un château renaissance dont il connaissait les propriétaires pour cueillir, comme le veut la tradition, le muguet. Pendant quelques années nous sommes souvent allés le ramasser là-bas, et il faut dire que nous revenions les bras chargés de bouquets bien odorants de ces fleurs.

Cette année-là je n’ai pas dû ramasser énormément de clochettes. Nous étions installés sur la pelouse du parc; pendant que certains ramassaient, nous étions avec ma tante Christine et mon autre tante Patricia, là, assis ou à nous promener dans l’allée du parc.

Une chose dont je me souviens aujourd’hui et qui me choquait à chaque fois que j’ai vu cette photo, était la position que j’avais debout, en appui sur mes cannes.

Je la décrirais comme un chimpanzé se tenant sur ses pattes arrière, les fesses en arrière, le dos penché, oui, c’est bien cela, je revois la photo dans ma tête, j’avais les cheveux encore longs, bruns, bouclés, j’avais un tee-shirt, il faisait beau, mais plus je voyais cette photo, plus je me disais que j’étais que j’étais quand même mal en point à chaque regard.

J’ai essayé de retrouver cette photo, mais comme celle de ma balade à Carnac, impossible de retrouver, personne ne l’a…

Je n’ai plus beaucoup de photos de moi malade, sur mon lit d’hôpital ou à Pen Bron, pourtant les souvenirs, eux, sont encore dans ma tête, je garde bien profondément en moi mon histoire, les images de tous ces moments.

Je me souviens encore d’une balade sur Châteauroux. Nous étions partis en marchant jusqu’au centre ville; moi, avec mes béquilles je m’arrêtais souvent pour reposer mes mains qui me brûlaient à force de prendre appui, mais j’aimais cette balade.

J’étais petit, donc pas grand, pas bien épais, mais de ma maladie la seule force que j’ai obtenue est d’avoir eu des bras et un torse bien musclés; encore heureusement, quand je vois l’état de mes cuisses, ça compense un peu, pour vous donner une idée de moi, pas trop difficile…

Gosse, à l’école souvent on nous faisait faire des bonhommes avec des marrons dans lesquels on enfonçait des bâtons d’allumettes pour faire les jambes, voilà exactement l’image de moi que j’ai eue pendant des années… des jambes grosses comme des allumettes.

Certains diront, pauvre petit ou pauvre gosse, mais non, je n’étais pas malheureux de ma maladie, du moins pas à ce moment-là, pas encore, non, je faisais avec et je ne me souciais pas de savoir si j’étais un pauvre gosse à plaindre pour mes soucis, non, je vivais comme un autre gosse, sans pouvoir faire tout comme les autres, mais je ne me sentais pas si mal en point, juste choqué de l’état de mon corps, de mes positions debout, choqué par ce que je voyais, non, pas encore, je ne me rendais pas compte encore de mon état, je vivais… C’est vous, les adultes, qui au fur et à mesure du temps alliez m’aider à me faire comprendre (me rendre compte ( ?)de ) mon état à marcher de travers, vous, qui alliez me regarder de travers quand j’étais en short ou maillot de bains. En fin de compte, vous m’avez fait comprendre méchamment que j’étais malade avant même que moi je m’en rende compte.

souvenirs d'avant la maladie

Entre les deux rendez-vous à l’hôpital bien des choses se sont déroulées. Dire que j’ai le souvenir de tout, non, ce serait exagéré. Il y a de cela plus de 35 ans, mais j’ai quand même encore en mémoire énormément de souvenirs, comme vous avez pu le lire jusqu’à maintenant. Mais j’étais qui avant cette maladie, quel enfant je pouvais être, ça, je ne vous en ai encore jamais parlé, juste un peu, mais voilà, il y a aussi toute une histoire.

Peut-être que cette maladie, j’aurais pu l’éviter à quelques années prés. Je suis sûr que si une femme n’était pas disparue emportée par un arrêt cardiaque, ma vie aurait été bien différente de ce qu’elle est aujourd’hui.

Cette femme est ma grand-mère. Je crois qu’entre ma naissance et le jour où elle a disparu j’aurai passé plus de temps dans ses jupons que dans les bras de ma mère. D’ailleurs, à l’école on ne m’appelait que par le nom de famille de ma grand-mère.

J’avais mon nom, mais on me donnait toujours celui de ma grand-mère. Elle était toujours là à m’emmener à l’école maternelle, à me garder, et Dieu sait qu’elle en a gardé, des enfants, oui, entre les douze enfants qu’elle a eus, les enfants qu’elle gardait et moi, il y en a eu des enfants élevés par cette femme… Et si au moment où j’écris ces lignes toutes les mamans avaient été comme ma grand-mère, il y aurait moins de problèmes de jeunes traînant dans les rues qu’il y a maintenant, et certainement beaucoup plus polis qu’à l’époque où nous vivons.

Que de doux souvenirs ! Oui, même le les fessées ne sont que de bons souvenirs… données par ma grand-mère, ce n’étaient que méritées, elle avait le cœur sur la main et rarement la main à la fessée, mais cela arrivait, bien sûr…

Je me souviens des matins où, ne dormant pas chez mes parents, j’étais levé de bonne heure, pour assis derrière la mobylette de ma mère j’allais rue du pont Perrin dans la toute petite maison rejoindre le lit que ma grand-mère avait quittée peu de temps avant. Je m’installais dans son lit juste à sa place encore chaude, elle rabattait le dessus de lit bien épais sur moi et j’aimais m’endormir là, à sa place…

Sa chambre avait juste la place d’un lit et un tout petit espace pour circuler. Pas de porte pour séparer la cuisine de la chambre. Alors je la regardais travailler dans la cuisine le temps que mes yeux se referment, et je m’endormais encore un peu là où pour moi c’était ma maison.

A l’époque pas de possibilité de tout laver à la maison et on allait laver les draps à la rivière, au lavoir, un endroit situé pas très loin. Juste au bout de la rue on passait sous le porche, on tournait à gauche, nous passions sous le pont et là, un petit déversoir juste après le lavoir.

Ma grand-mère avait fait bouillir les draps dans une grande lessiveuse, et ensuite, direction – la rivière. Installée dans un tonneau au ras de l’eau une planche où elle posait son drap et un savon, un grand battoir et là, encore une fois le modernisme a fait de grands pas pour les femmes. Elle en abattait du travail, elle restait chez elle, mais quel travail ! – entre les repas, la lessive, le ménage, le repassage, et j’en oublie beaucoup encore… J’étais heureux avec elle, j’ai toujours son visage en moi et je l’aurai, je crois, toute ma vie. Je me souviens encore du son de sa voix d’une femme que l’on ne peut oublier, ni de l’amour qu’elle m’a donné, offert les quelques temps que j’ai eue avec moi, et en moi je garderai toujours la douceur de la femme qu’elle était…

Puis un beau matin, dernier jour d’école, ma grand-mère assise sur le rebord du lit ne se sent pas bien, elle dit à ma tante Christine, puis d’un coup s’écroule sur son lit, là, devant nous, dans la largeur du lit. Ma grand-mère est là ne bougeant plus… Ma tante se précipite sur elle, prend les comprimés qu’elle a pour le cœur, essaie de lui glisser entre les dents, lui fait du bouche-à-bouche, la masse…

On me demande de partir à l’école, j’entends au loin les pompiers qui arrivent pendant que je pars à l’école. Mon maître me rassurera en me disant que tout irait bien ce soir en rentrant, mais je suis très triste, je passe ma journée à attendre de retourner chez moi, vite, savoir comment elle va…

Puis la fin de la journée approche, et là, à la porte mes parents qui viennent me récupérer. Je ne comprends pas, je les vois parler avec mon maître, et là il m’appelle, et je pars…

La devant la mairie de Deols, le frère de mon père m’emmène avec lui, direction – une semaine de vacances chez lui à Cluis. Je demande des nouvelles, on me dit que tout va bien et je monte en voiture.

Je passerai une semaine de vacances formidable avec mon cousin et ma cousine à rire, à manger des crêpes, à visiter un château en ruines, je serai un enfant heureux pendant une semaine.

Puis on frappe à la porte, je vois ma mère et mon oncle Guy. Mon père n’est pas là, et d’un coup je repense à ma grand-mère, je demande tout de suite de ses nouvelles, et là ma mère me dira que ma grand-mère est montée au ciel, qu’elle est morte, que je ne la reverrais jamais…

Moi, qui étais là, j’ai passé une semaine à jouer, à rire, alors que ma grand-mère était partie loin de moi, loin de nous…

Je n’ai pas pu lui dire au revoir, ni assister à son enterrement, et je m’en veux même encore maintenant, même tant d’années après je m’en veux de ne pas avoir été là.

Je découvrirai la tombe de ma grand-mère mise en terre en attendant que sa tombe soit terminée. J’ai eu beaucoup de peine de la perdre, et j’ai encore au fond de moi sa présence, et je suis sûr que si elle avait toujours été vivante, elle aurait vite vue que j’avais un souci… elle prenait toujours soin de moi, c’était ma vraie maman, celle qui m’a donné le plus d’amour et de tendresse.

Un aparté dans ma vie d’enfant malade, mais je crois toujours malade d’avoir perdu la femme qu’elle était… Je voulais juste partager ce moment avec vous, vous dire qu’il est important de pouvoir dire que c’était la femme de ma vie, celle qui vous donne tout ce qu’elle a.

yesssssss j'ai quitté mes bequilles

Voilà maintenant plusieurs mois que j’ai été hospitalisé à Clocheville puis dirigé vers Pen Bron que j’ai quitté le cœur bien serré…


Le mois de juin est arrivé à grande vitesse plus vite que je pensais, les beaux jours se sont installés, le soir le soleil ne se couche plus si tôt et les journées sont de plus en plus longues.
C’est la période que je préfère le plus, même encore maintenant j’aime quand tard le soir il fait encore jour je profite à fond de chaque moment de chaleur…


Depuis le 5 décembre 1974, je ne me suis tenu debout sur mes deux jambes alors que je n’en avais pas le droit.


Comme je vous l’ai raconté, ne pas marcher pour un enfant est bien plus simple et accepté que par un adulte, mais là même avec mes béquilles le temps me semble long et pourtant bien d’autres enfants ou adultes n’ont pas cette chance, je sais en moi qu’un jour je remarcherai, je peux si je le veux lâcher mes béquilles et me tenir debout comme tout le monde.
Mais depuis ce jour ou j’ai désobéi au professeur Glorion je n’ai pas essayé une nouvelle fois de le faire j’ai eu bien trop peur.
Vous allez sourire, mais j’ai l’impression que je vous parle souvent d’une seule et unique journée de la semaine le mercredi mais je n’y peux rien mes rendez vous à Clocheville sont le mercredi, journée des enfants donc en ce mois de juin une nouvelle fois nous prenons la route pour Tours.
Mes parents ont pris une journée de congé, je pense et nous sommes là sur cette route que je connais que trop bien, à un point ou je pourrais les yeux fermés savoir ou je suis.
Mes béquilles posées à coté de moi dans la voiture se repose un peu, je suis là, le front posé sur la fenêtre et je regarde défiler les paysages si familier pour moi, la vitre légèrement ouverte m’apporte un peu d’air et m’aide à ne pas avoir mal au cœur tout du moins j’ose espérer que cela ne me prendra pas de suite.
La route, la route… toujours et encore prendre cette route, je connais tous ces villages chaque nid de poules et comme à chaque fois une foule de camions devant nous à doubler.
Mon père a l’habitude de rouler et ne se gêne pas pour doubler rapidement chaque camion qui nous ralentit pour joindre l’hôpital et arriver à l’heure.
Il faudra déjà trouver une place de parking et à chaque fois la même galère, Clocheville est un super hôpital mais en plein centre ville et jour de marché il est très rare de pouvoir trouver une place ou alors vous la trouvez du premier coup et la vous vous dîtes que la chance est avec vous…
Ce jour là oui la chance était présente, on se gare rapidement et juste le long du trottoir à coté des portes d’entrée, nous ne pouvions pas trouver mieux.
Hier soir ma mère et ma tante étaient là dehors sur le trottoir devant ma maison elles m’ont pris chacune par un bras et là j’ai lâché mes béquilles et elles m’ont fait marcher en me soutenant,
J’ai fait ces quelques pas bizarrement, je n’avais pas la sensation d’être mieux qu’avec mes cannes, elles me tenaient de manière à m’aider un peu à marcher, je ne comprenais pas trop je n’ai pas le droit de marcher sans béquilles !!!
La devant l’entrée une nouvelle fois je descends de voiture un peu barbouillé et dès que je prends ma première bouffée d’air, une envie de vomir me prend, Je ne peux me retenir et la je vomis debout appuyé sur mes béquilles, je vomis ce que je n’ai pas mangé ce matin, ca me tire dans le ventre, j’ai l’impression d’étouffer mais ça me lance tellement à l’intérieur de moi que je ne peux retenir des hauts de cœur.
Après quelques instants j’essaie à nouveau de reprendre un peu d’air dans mes poumons, je respire difficilement et mes yeux sont remplis de larmes à force d’avoir essayé d’évacuer de mon corps ce qui me gêne.
En fin de compte rien ne me gêne non mon mal au cœur vient à nouveau de la voiture comme à chaque fois mais là, j’ai réussi à tenir jusqu’à l’arrivée ce qui est déjà un exploit.
Nous nous dirigeons vers le premier étage, lieu des rendez vous, comme à chaque fois la salle est pleine alors qu’il est à peine 9 heures.
Des enfants comme moi viennent de partout, des villes éloignées de Tours et d’autres sont de la région.
Ils jouent tous avec les jeux mis à dispositions par l’hôpital ou certains sont la assis et dorment sur les genoux de leur maman. Ceux qui dorment sont souvent les plus petits, les plus jeunes d’entre nous.
Moi je suis assis sur une chaise, j’attend mon tour pour rencontrer le professeur Glorion,
comme à chaque fois un petit passage dans le cabinet et direction service des radios,
Encore une fois on me demande de m’allonger on m’aide un peu à m’installer sur cette table froide et dure, on me demande de rentrer mes pieds l’un contre l’autre, une sorte de V à l’envers, afin de bien mettre en valeur mes têtes de fémur pour que l’image donne un meilleur aperçu de celle-ci, plus besoin de me le dire je le sais qu’il faut les mettre comme cela mes pieds je connais le rituel par cœur…
Elle m’installe et se dirige vers la petite cabine j’entends comme un bruit de moteur et là une nouvelle fois je retiens ma respiration avant même que la radiologue me le demande, ça aussi je l’ai compris.
Le bruit monte un peu plus et j’entend un bruit un peu plus fort ca y est le clicher est pris, elle revient à nouveau vers moi et là me demande de m’installer différemment, de me mettre sur le coté, elle me cale mon dos avec des mousses de manière à ce que je ne glisse pas, j’ai une position pénible, car ma hanche appuyée contre la table dure me gêne, j’ai hâte que ces deux radios soient faites, se sont les plus douloureuses.

Voila, maintenant elle me laisse sur la table, les radios sont faites et je dois attendre avant de me rhabiller pour savoir si celles-ci sont bien faites et nettes sinon il faudra recommencer.
J’attends quelques minutes et là elle revient, me dis que tout est parfait et que je peux retourner dans la cabine pour me rhabiller.
Une toute petite cabine ou tout à l’heure je me suis déshabiller, la je m’assois sur la chaise et remets mon pantalon difficilement vu le peu d’espace qu’il y a, je ressors dans le couloir ou m’attendent mes parents et on leurs remet les radios de contrôle.
Voila à nouveau la salle d’attente … pour ça elle porte bien son nom attendre, attendre, toujours attendre que l’on appelle votre nom pour enfin vous retrouver face au professeur.
Nous rentrons dans la pièce, il est la derrière son bureau avec des internes autour de lui,
Chaque interne qui travaille auprès du professeur Glorion ont la chance d’avoir d’évoluer prés d’une personne si importante dans la chirurgie, pour moi cette personne est immense non seulement dans sa grandeur mais par la personnalité qu’il dégage.
Combien d’enfants aura-t-il opéré ? Combien de gosses comme moi lui devons d’avoir eu la chance qu’il s’occupe de nous ?
Je croiserai dans les années à venir d’autres chirurgiens et tous m’auront impressionné par leur gentillesse leur dévouement.
Un des internes installe les radios dans le petit appareil d’où une lumière fait que celles-ci sont d’une visibilité parfaite.
Le professeur se relève après avoir regardé mon dossier, il se dirige vers mes radios la il commente d’une voix grave ce qu’il regarde il à l’air très content de moi et de son travail, il regarde et dit que tout est très bien consolidé que l’on va pouvoir envisagé d’ici les vacances de février ou avril l’ablation des plaques et que mes hanches sont saines mais qu’il attend de voir l’évolution dans les années à venir.
Une secrétaire prend note de chaque mot à une vitesse folle, puis il s’installe sur une chaise en bout de salle et me demande de venir vers lui.
Avec mes cannes je me dirige rapidement vers lui, je m’arrête il me demande de me m’être debout bien droit ce que je fais, mais j’ai des difficultés à rester debout même encore maintenant.
J’essaie de me tenir le plus droit possible, il passe ses mains sur mon bassin puis sur mes hanches et sur mon dos, là encore il dira quelques mots que prendra en note la secrétaire, puis il me regarde droit dans les yeux, il glisse ses mains sur mes béquilles et me les retires !!!
Je suis debout oui debout sans aucun appui, je reste debout je ne vacille pas d’un poil, il me demande comment je me sens !!!
Pour moi tout va bien je suis étonné mais je suis debout et je me sens très très bien.
Là toujours debout, il me demande de marcher sur la bande de moquette grise et de faire quelques pas, je marche jusqu’au bout de celle-ci et je fais demi tour et reviens vers lui, je fais encore quelques aller-retour et je le rejoins, ses mains frôles la peau de mes hanches, il me sourit.
Je suis heureux, je marche comme avant … enfin je crois !!!
Il dit que mes cicatrices ne sont pas très jolies mais que cela s’arrangera à la prochaine opération, il les reprendra.
Il nous redonne un rendez vous et nous le quittons tous debout, moi comme mon père et ma mère, je suis la debout je marche…
Mon père a pris les béquilles dans ses mains et nous repartons, nous descendons l’escalier nous permettant de rejoindre le rez-de-chaussée, ça me fait bizarre une légère sensation qu’à chaque marche mes jambes sont molles.
Mais je marche, je descends doucement chaque marche une à une et je suis heureux.

Me voila debout oui vraiment une drôle de sensation pourtant depuis la dernière visite j’avais commencer ma rééducation.
J’y allais régulièrement trois fois par semaine je me rendais chez monsieur Travaden un kiné tout juste installer juste au bout de la rue de chez ma grand mère paternel.
Je profitait donc a chaque fois d’une visite chez ma grand mère j’allais la voir elle était très contente de me voir a chaque visite m’attendais, des gâteaux et des boissons, je risquais pas de mourir de faim elle était la assise derrière sa table.
Oui derrière sa table de cuisine le souvenir d’elle a toujours été la installer derrière cette table que ce sois ici dans cette maison ou a Bitray cité un peu plus un camp de vieux bâtiment qui a l’époque avant de devenir des appartements, était je crois bien un hôpital du temps ou les américains étaient présent.
Je l’ai toujours connus oui assise et a l’époque de Bitray se déplaçant a l’aide d’une chaise pour aller d’un endroit a un autre je la voyait très rarement marcher.
Elle avait eu un soucis de hanches et du temps de Bitray jamais elle n’avais été suivie pour cela jusqu’au jour ou après le décès de mon grand père elle était venus habiter Déols,
La elle avait subi une opération de la hanche une prothèse de hanches.
Depuis cette opération elle marchais un peu plus et ne se déplaçais plus a l’aide de cette chaise qui faisait office de béquilles.
Donc a chaque kiné j’allais la voir avant le rdv je m’installais en face d’elle on discutait et parfois elle me faisait jouer a la belote
J’aimais pas les jeux de cartes mais elle si donc je jouais avec elle rien que le plaisir et aussi d’apprendre parce que la belote cela n’a jamais été ma tasse de thé même encore maintenant.
On jouais ou l’on regardais une série tv de l’époque laquelle je ne sais plus peut être dallas une série de ce genre en tout cas.
Puis a 15h je partais avec mes béquilles direction le kiné situer a une cinquantaine de mettre les trottoirs pas large ou il était impossible de marcher j’étais donc obliger de prendre la route
Je sonnais a la porte rentrais et m’installais sur une chaise a attendre mon tour.
Monsieur Travaden venait très vite venait me chercher et m’installais dans la toute petite pièce au fond a droite la m’attendais la cage a singe oui la se trouvais une table encadrer de grillage ou l’on pouvait travailler a l’aide de poulies relier a des sacs de sable.
Le kiné au début m’installais et me faisait travailler avec des gestes qu’il pratiquais lui-même je ne faisait rien a part subir les mouvement que ces mains me faisaient faire.
Ca faisait mal mais sans plus allonger sur le dos ma tête poser sur un oreiller je me laissais faire.
Ma jambe gauche droite et ma jambe droite poser dans ces mains il l’écartait délicatement vers l’extérieur tout doucement il l’emmenais comme le professeur Glorion faisait pour voir comment était l’état de ma jambe.
Plusieurs fois il pratiquait se mouvement et puis il posait sa main a l’extérieur de ma jambe en faisant de manière a ce que force sur cette mains m’empêchant d’aller vers l’extérieur.
Je poussais de manière a repousser cette mains, mais cela était dur pas simple je peinais je sentais sa main partir j’y arrivais enfin je pensais y arriver mais voila enfin de compte il relâchais la pression pour m’aider.
Cela plusieurs fois a chaque fois des deux cotes un moments ou je m’épuisais et ou il me reprenais hé oui je poussais mais je jouais avec mon bassin et mon dos donc inutile fallait que ma hanche travaille.
Ensuite installer de la même manière la il me mettait un chausson qu’il reliais a c poulies une corde et un poids je rigole mais bon 250 grammes j’arrivais pas a les emmener 250 grammes ce n’est rien un sachet de gruyère franchement je n’y arrivais pas je forçais et lui passait me voir et la quand il me voyait trop bouger le bassin il m’installais une ceinture pour me bloquer un maximum
Ces mouvement me paraissaient interminable et quand j’avais finis une jambe on repartais sur l’autre.
Ensuite installer assis sur le bord de la table le même travaille sauf que la jambe plier un poids je devais ramener ma jambe vers l’intérieur, et la encore plus galère impossible non impossible j’essayais de donner un maximum et rien.
Donc oui quand je ressortais de chez lui j’étais fatiguer épuiser c’était plus mes bras qui me ramenait chez ma grand mère que je marchais avec mes béquilles
La m’attendais une boisson et des gâteaux et j’en avais bien besoin je les mangeais avec délice je peut pas dire que les gâteaux restaient longtemps dans la boite.
Parfois ma grand mère me faisait en plus une tartine de pain beurre et du chocolat râper ensuite je rentrais doucement jusque chez moi et la le retour charger de toutes ces calories se faisait tant bien que mal l’exercice de kiné m’avais complètement épuisé.
J’arrivais chez moi m’installais devant la tv, je ne bougeais plus pas attirer par ce qui se passais a la tv non mais surtout incapable de vouloir faire autre chose d’autre.
Oui malgré tout ces efforts je suis la debout jambe molle une sensation de marcher dans de la mousse tout en ressentant très vite une fatigue dans mes cuisses mes mollets mon dos
J’arrive jusqu’à la voiture je n’en peut plus je ne dis rien je suis bien trop content de marcher je suis debout.
Déjà mes parents observaient ma démarche je ne m’étais pas rendu compte de cela mais bien longtemps après je me souviens de les avoirs la derrière moi a regarder comment je marchais.
En tout cas j’étais la debout devant la voiture a attendre que mon père déverrouille les portes pour m’installer m’assoir surtout ouf il était temps j’en pouvais vraiment plus.
Le retour a été sans un mot la route était longue mais pas un mot juste la radio qui fonctionnait ca je me souviens c’était l’émission qui a durer des années d’ailleurs les émissions de rtl ont toujours durer très longtemps preuve que ca plaisait aux publics qui étaient la derrière leurs radio chaque jours.
L’animateur Fabrice recevait des vedettes pendant une bonne partie de la fin de matinée entre 10h et 13h et il téléphonait a des personnes au hasard leurs demandant le montant de la valise.
Pendant tout le trajet j’ai écouter l’émission espérant qu’une personne donnerais le montant et qu’elle gagnerais cette somme
Le fait de me retrouver debout procure de belle sensation mais quelque part en même temps un épuisement très vite, je fatigue en rentrant a la maison naturellement tout le monde est content de me voir a nouveau marcher.
Depuis le début de cette histoire énormément de jours se sont passer j’ai pas eu l’impression que je ne me remettrais pas debout que malgré le fait que je n’étais seulement qu’interdit de marcher je ne me remettrais pas debout et la maintenant que je suis la a savoir que quelques part l’interdit est finis j’ai la sensation que c’était hier.
Je n’oublie pas pour autant tout ces moments bien au contraire je repense je revois tout plein de choses tout plein de moment.
Je revois noël l’infirmière stagiaire a cloche ville qui quelques jours avant noël peignais sur la vitre de notre porte un père noël.
Avec noël au début quand elle est arrivée entre Robert, Thierry et moi ca marchais pas on l’avais pas trouver trop sympa puis de jours en jours tout était de mieux en mieux, et le jour ou elle a peints cette vitre elle étais la plus longtemps avec nous et nous parlais souriait non je l’ai pas oublier ce moments la non plus.
Depuis mon retour j’ai toujours mes pensées sur pen bron je repense a mes copains rester la bas je les revois souvent dans ma tête.
Je n’ai pas oublier Marie - France je repense souvent a elle a ces sourires aux moments de notre histoire toute belle pour des gosses.
Depuis mon retour on s’écrits souvent je reçois le matin des lettres dont je suis étant toujours a la maison le premier a voir si j’avais ou pas des nouvelles.
Chaque lettre étaient un moment ou j’ouvre avec hâte l’enveloppe je déplie la lettre et la lis a plusieurs reprise souvent le sourire quelques fois des larmes coule sur mes joues.
Je suis en manque d’eux.
La bas je passais ma vie au lit entre ma chambre et l’école la bas je ne sortais que le we j’avais la chance de pouvoir être promener par mes parents autour de pen bron ou dans les villes avoisinantes, j’avais le plaisir de voir les bateaux de pêche matin et soir au fils des marées.
Tout me manque et a chaque lettre je revois tout tout tout.
Donc très souvent je recevais mes lettres sans que personnes ne sache que Marie - France m’écrivais.
Un samedi matin alors que j’étais encore au lit ma mère est montée me voir elle hurlais elle ma montrer la lettre ma interdit de correspondre avec elle je la revois me regardant mauvaisement avec cette lettre dans ces mains la prendre et la déchirée.
Je revois ces mains la lettre devenir des petit bouts de papier de plus en plus petits puis elle me demande de retirer la chaine que j’ai autour du coup le cadeau que m’avais fait Marie - France juste avant que je parte de Pen Bron.
Je refuse je ne veux pas lui donner pour moi cette chaine est un lien avec Marie - France un lien avec Pen Bron avec mes souvenirs.
Chaque soir je tenais le petit médaillon en pensant a eux avant de m’endormir j’ai pris une claque puis une autre et elle m’a arracher la chaine du cou.
Le fait d’être la chez moi était un plaisir de retrouver les miens mais quelques part maintenant que je marche tout est redevenue comme avant.
Je suis plus malade même si je suis encore convalescent pour eux je suis plus malade je vais pouvoir retrouver les bonnes habitudes que j’avais avant ma maladie.
Retrouver l’aspirateur retrouver le fait de faire les lits le matin le mien et celui de mon frère vue que je dors tout seul pour l’instant.
La vie reprend comme avant j’ai toujours ma kiné qui me rappelle que je suis encore a devoir faire très attention.
D’ailleurs il ma conseiller d’avoir un vélo d’appartement avant que je puisse remarcher pour en faire le matin pas évident de grimper dessus, mais a l’aide du fauteuil et des mes bras je me hissais sur la selle et pendant un long moment je déroulais tranquillement sans forcer la maintenant je grimpe sur le vélo et je suis parties sur la route non je dirais même que c’est lassant.

Au moins j’avais un peu plus d’occupation entre la kiné le vélo d’appartement et le retour de mes empreintes sur l’aspirateur et la moulinette.
A cette fameuse moulinette que je devais passer en semaine un peu partout elle fonctionnait a l’électricité un brosse rotative qui ramassait les miettes qui compensait en attente du samedi ou je faisait l’aspirateur.
Elle était entrainer par un élastique et moi j’avais compris le truc pour éviter de faire le ménage je coupais l’élastique quand ce n’est pas lui qui de lui-même cassais.
Bien sur le soir c’était l’inspection de mon travaille ma mère regardait partout le moindre recoin pour savoir si j’étais bien passer la ou la.
Même jusqu’à aller mettre des miettes sous les tapis pour savoir si je les avaient déplacer fallait quand même y penser.
Hé oui le temps de fils malade ou l’on prenait soin de lui bien vite disparu je redevenais l’enfant d’avant bien plus vite que je j’aurais cru.
Je pouvais sortir aller marcher mais je n’avais pas le droit de faire n’importe quoi, pas le droit de courir pas le droit de mettre un coup de pied dans un ballon rien.
Les vacances d’été approchaient mon frère allais être avec moi je ne serais plus seul les journées entière et puis nous allons partir en vacances une grande première pour nous
J’ai hâte de ce moment hâte de retrouver l’océan peut être que nous irons du coter de Pen Bron je ne sais pas encore mais j’ai très envie que ce sois la notre lieu de vacance je ne dis rien mais je l’espère profondément en moi.
Les jours sont de plus en plus beau l’année d’avant la coupe du monde avait commencer mais la rien pas de foot Ball a la tv alors les après midi sont bien long.
Avec mon frère nous avions notre jeu de foot en salle a manger moi je jouais encore assis par terre et lui debout.
Ou alors nous sortions dans la cour et avec la carabine a plomb nous nous amusions a tirer sur des rouleau de papier toilette placer bien loin a les dégommer
Nous étions très prudent avec cette carabine nous avions un boite de 1000 plombs et nous appliquions a tirer sur ces cibles.
Souvent je remontais dans ma chambre seul a écouter de la musique.
Mais souvent dans ma chambre j’étais a écrire des punitions que j’avais eu par mon père vue que j’avais muris au centre et que je ne me laissais plus faire, je répondais quand je ne trouvais pas certaines choses juste.
Quand passer l’aspirateur n’étais que pour moi je ne me gênais pas pour le dire et donc je me retrouvais a copier des lignes parfois 100 d’autres fois 200 tout dépendais si je continuais a répondre, a crier a l’injustice mon père lui comme un juge intouchable rajoutais a la sentence une centaine de ligne.
Je ne dois pas répondre a mon père quand il me dis quelque chose.
N’importe quoi il pensait que plus j’écrivais cette phrase plus je me soumettais a ces ordres a ces baffes que j’ai pris plus d’une fois.
Le mains calleuse de chaudronnier me tombaient dessus au moindre mots et ensuite se rajoutais mes lignes.
J’ai du épuiser un foret entière pour pouvoir copier toutes ces lignes barbares et inutiles a chaque ligne, je sourirais a me dire que votre amour étaient tellement beau quand j’étais malade et encore j’en doutais, j’étais je l’ai écrits heureux de vous voir content d’avoir une visite mais elles sentaient vos visites les forcer l’obligation de devoirs venir l’amour pour sont enfant ce n’est pas cela et je pense que vous ne les saurez jamais.


Retour vers l’océan
Enfin le jours de du départ des vacances arrive il aura fallu que je sois malade pour pouvoir partir en vacances pas mal non.
Matin ca y est on est la tous dans la voiture la 204 est charger et notre voisin garagiste nous a prêter sa remorque afin que nous puissions tout emmener de la toile de tente fraichement acheter et des bagages tout est installer prêt a partir.
Nous avons emmener mon cousin Alain avec nous mon père tourne la clefs de contact et la voiture nous emmènes au bord de mer de l’océan.
Direction la Vendée d’âpres des copains de mon père parait que ce coin est très jolie et peut encore fréquenter dans cette année 1975 donc adieu le plaisir que j’avais de penser retourner a Pen Bron un peu de tristesse .
Nous sommes partis vraiment très tôt afin de ne pas subir les embouteillage
La route parait longue mais nous sommes tout proche de l’arrivée nous faisons une halte, juste a l’entrée du panneau bienvenue en Vendée juste avant nous descendons arrêt pipi pour tout le monde.
Je rejoins a pied le panneau et pénètre donc en Vendée a pied et cela je le ferais a chaque fois que nous partirons les années suivantes.
Nous sommes a st jean de monts petite ville balnéaire très belle mais déjà snob la plage est immenses et nous sommes a la recherche d’un camping, hé la c’est pas gagner a chaque entrée un panneau est installer et écrit en gros complet.
Nous passons une partie de la matinée a chercher encore et encore nous tournons en rond
Arrive midi mon père décide de s’arrêter la prés de la foret de pin pour pique niquer, la pendant notre repas mon père décide que si nous ne trouvons pas nous prendrons la direction du Croisic direction Pen Bron.
La un peu d’espoir en moi je me dis que voila vue que depuis ce matin on trouve rien j’ai de grande chance de revoir Pen Bron.
Mon père s’arrête finalement au bout d’un moment dans une station essence pour faire le plein un pompiste arrive vers lui et la ils discutent tous les deux pendant que l’essence coule dans le réservoir.
Mon père le paye rentre dans la voiture heureux de nous dire qu’il y aurais un camping ouvert dernièrement et qu’il y aurais de grande chance qu’il est encore de la place.
Mon père se dirige vers la route indiquer et pendant quelques dizaines de mn rien puis a la sortie d’une courbe le camping est la.
On s’arrête le long de la route le bs cote remplis de sable
Mon père va a l’accueil et en ressort avec le sourire mon rêve s’évanoui pen bron je peu faire une croix dessus.
L’installation dans ce camping a été une vrai catastrophe, une bouteille d’huile s’était renverser pendant le trajet et en ouvrant le sac de piquets dans le sable bien sur tout est devenue galère.
Malgré cela je reconnais que ce camping était pour nous le bienvenue et nous avons fait la connaissance de voisin d’une gentillesse superbe.
Moi a chaque départ a la plage j’étais heureux de retrouver l’océan a ce n’étais pas la ou je rêvais d’être mais j’étais la a le contempler.
Mais voila ce n’étais pas de vrai vacances ce n’étais que pour moi ne fait pas ci ne fait pas ca ne court pas ne vas pas trop loin.
J’étais la en fin de compte a rester assis sur ma serviette et bronzer.
Parfois j’arrivais a m’évader un peu a descendre a marée basse j’étais un peu plus tranquille du regard de mes parents qui discutaient avec nos amis.
Dons la je me mettais a courir sur le sable dur a jouer dans les rochers, je me sentais bien quelques coups de pieds dans un ballon en regardant si mes parents ne me voyaient pas de toute manière pourquoi regarder s’ils m’avaient vue j’aurais entendu hurler crier.
Moments plaisant marcher sur les rochers entre flaque d’eau et la catastrophe je glisse je tombe bien sur je tombe sur ma hanche une vive douleurs me prend sur le cote de la cuisse ca me brule je me relève, je peu prendre appuie sur ma hanche mais j’ai mal je regarde ma cuisse et la je vois ma cicatrice remplie de sang.
Je me suis écorcher tout la cicatrice elle saigne pas beaucoup mais comme c’est déchirer un peu partout je ne peu cacher ce que j’ai même en passant de l’eau de mer sur les petites plaies ca brule, encore plus le sang disparait pour laisser apparaitre de nouveau des gouttes de sang.
Je n’y coupe pas je vais devoir remonter le dire a mes parents.
Voila c’est fait bien sur une nouvelle fois je me fait engueuler que c’est bien fait pour moi que je n’avais qu’a pas faire le con, on m’ordonne de m’assoir et de ne plus bouger.
Ces vacances je les ai aimer et détester mais a la fois, mais j’ai aimer laVendée j’ai adorer cette région qui pour moi est devenue un pti peu mon chez moi.
Retour a la maison bien bronzer presque tout noir les jours passent de plus en plus vite la chaleur est installer sur la France d’ailleurs en Vendée, nous avions été envahie par des nuages de coccinelles mais ici aussi a Châteauroux.
Nous nous rapprochons de la rentrée scolaire je sais que je redouble malgré l’école a pen bron et la bonne volonté de tartine je redouble.
J’ai la chance de savoir que je vais me retrouver dans la classe de monsieur Boissineau cela me rassure mai quelques part j’ai un peu la trouille de puis le temps, que je ne suis pas allez en classe et puis tout mes copains et copines eux passent au collèges donc je vais être tout seul.
Hé oui tout recommence tout est vite arrivée, je suis la dans la cour de mon école debout mon sac a la main, je suis comme un nouveau pourtant je connais ce lieu mais j’y suis perdue je vais du cote ou, je sais que quand la cloche sonnera tout les élèves se regrouperons pour entendre le père supérieur énoncer leurs nom pour leurs indiquer leurs classe.


Moi je sais je sais ou j’irais donc j’attends la juste a l’endroit ou nous nous mettrons en rang pour monter a l’étage.
La cloche sonne un rassemblement dans le brouhaha puis un silence complet la cour parait desserte tellement le silence règne.
Quelques minutes plus tard tous nous sommes en rang devant notre maitre et a sa parole nous avançons pour rejoindre la classe.
Voila je redeviens l’enfant de l’année dernière, je remonte mes marches une a une je reprend le cour de la vie d’un enfant mais je ne suis plus le même quand même.
Je sais déjà qu’une nouvelle opération est prévue pour avril pendant les vacances, je sais que pour moi l’enfant d’avant n’est plus. je devrais vivre avec un handicap plein de choses me rappelle a lui et encore aujourd’hui 37 ans après.

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alexandre 13/10/2015 18:57

oui histoire vraie et dure pour un enfant de 10 ans !! que d épreuves subies !!! je pense que enfant on n oublie pas mais on vit avec et cela pour toujours Tu as raison faut faire confiance a la médecine De toute façon on n a pas trop le choix quand on est dans les mains du corps médical et il est vrai qu ils font des miracles aussi Puis cette grand mère partie trop tot pour toi Oui peut etre qu elle aurait décelé quelque chose vu que tu étais toujours avec elle Mais helas elle n était plus la mais je suis sure que tu y penses très très souvent Mais la vie continue avec toutes ces opérations que tu as subies et la souffrance qui malgré tout est toujours là Voila Manu tout ça pour te dire que ton histoire je l ai lue ;relue et je trouve pas normal qu un livre ne puisse pas sortir

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