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Les Enfants de Pen Bron, La Turballe

Les Enfants de Pen Bron, La Turballe

Un blog pour témoignage, un blog pour le site de Pen Bron de La Turballe, pour que ce Centre Marin continue son action, celle d'accueillir des enfants dans un cadre de vie et un environnement marin unique. Emmanuel

Publié le par Emmanuel

Ancienne médaillée paralympique en natation, Marie-Thérèse Crespo est au chômage depuis 2011. Loin des bassins, elle se bat aujourd’hui contre les préjugés.

Est-ce que le monde du travail veut bien de nous ? Trois années de chômage commencent à peser lourd sur ses épaules. A 51 ans et en fauteuil roulant, Marie-Thérèse Crespo est ce que l'on appelle une senior handicapée. Une double peine que l'énergique quinquagénaire n'a pas l'intention de subir sans réagir. Frappée par la poliomyélite au berceau, la Basque d'origine, tourangelle depuis les années 1970, n'a pas décroché un seul emploi depuis 2011. Et ce n'est pas faute d'avoir essayé de rebondir après les deux licenciements qui ont ébranlé son parcours professionnel, en tant que secrétaire dans le paramédical, puis dans l'enseignement privé. Ancienne sportive de haut niveau, Marie-Thérèse Crespo envisage alors une reconversion dans le tourisme. Problème : le centre de formation est inaccessible. « J'ai vu un jeune descendre sur les fesses, tous les jours, pour rejoindre son fauteuil. » Le début d'un « parcours du combattant », perpétuel, retrace celle qui peut encore, à l'époque, se déplacer avec des cannes.

Depuis, les offres d'emploi ne se bousculent pas et les rares opportunités ont dû être déclinées, faute de stationnement handicapé en centre-ville, d'accessibilité au bâtiment ou d'espace suffisant pour circuler dans les bureaux. « Quand on arrive dans une entreprise, on ne sait pas si on va pouvoir accéder à l'entrée du bâtiment, s'il y aura des marches. » Et les difficultés ne s'arrêtent pas là, poursuit Marie-Thérèse, jamais à court d'anecdotes sur le sujet de l'accessibilité : « Il faut encore que le poste soit adapté et pouvoir accéder à telle archive, tel dossier. Rien que pour réaliser un affranchissement, il m'est arrivé de devoir rester debout car le fauteuil ne passait pas. »

 " La peur du handicap est toujours là "

« Au bout d'un moment, on se demande s'il faut continuer à se battre », exprime-t-elle sans détours la lassitude qui s'installe. A défaut de dénicher le poste de secrétaire tant espéré, Marie-Thérèse Crespo a aidé son compagnon à décrocher un CDI dernièrement. C'est que l'ancienne sportive de haut niveau n'a pas pour habitude de s'avouer vaincue. En témoignent les 29 titres nationaux que la nageuse a soigneusement répertoriés dans ses archives. Et surtout, la dizaine de médailles de bronze, argent et or, que l'athlète a ramenées des Jeux paralympiques de 1980, 1984 et 1992, ses derniers internationaux, à Barcelone.
« J'ai la même pathologie que Roosevelt : ça ne l'a pas empêché d'être président des États-Unis », aime à rappeler la demandeuse d'emploi, à quiconque pourrait encore douter de ses compétences et capacités. Ses obstacles, elle estime les devoir surtout à « la peur du handicap, qui est toujours là, les employeurs qui n'ont pas envie d'avoir à faire des démarches administratives, de passer par des intermédiaires. » Et Marie-Thérèse de résumer en un exemple les préjugés persistants envers les travailleurs handicapés : « Je venais d'arriver dans une nouvelle entreprise et le patron m'a présentée ainsi : " Mme Crespo, qui va nous faire un petit travail " ». « Les autres font un grand travail, moi, un petit ? », fait mine de s'interroger la jeune quinqua, pourtant pas du genre à fournir le minimum d'efforts.

réaction

" Des compétences avant tout "

Entre 2012 et 2013, le taux de chômage des travailleurs handicapés a bondi de 15,24 % en Indre-et-Loire. Contre 9,33 % chez les « valides ». Parmi ces demandeurs d'emplois handicapés, 41,9 % ont plus de 50 ans ; seulement 18,4 % chez les non BOE, c'est-à-dire non bénéficiaires de l'obligation d'emploi. Une double peine qui a poussé Avenir Handicap, association tourangelle, créée en 2008 et dirigée par David Pain, à organiser une matinée de discussion sur « les avantages d'intégrer un travailleur senior handicapé », il y a quelques semaines. Autour de la table, étaient réunis des demandeurs d'emploi seniors et handicapés, mais aussi des chefs d'entreprises et responsables des ressources humaines, afin de définir la notion de « travailleur senior handicapé ». « Apparemment, dès 45 ans, on est un senior. C'est particulier à la France », déplore David Pain. Et pourtant, « les entreprises ont beaucoup à gagner », en termes d'expérience, de maturité, de motivation, de savoir être et d'adaptabilité, énumère le président du groupement d'employeurs qui œuvre pour organiser l'insertion professionnelle via l'alternance et sous forme de mise à disposition de personnel de ces seniors frappés de plein fouet. Quant au débat qui consisterait à vouloir donner une caractéristique première à ces travailleurs seniors handicapés, David Pain tranche tout net : « Ce sont des seniors ; des compétences avant tout. »

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alexandre 07/04/2014 13:42

oui bien sur qu il faut continuer a se battre: mais deja pas de boulot ou du moins les portes se ferment pour tous suite a l énorme pourcentage de chomage ;alors j imagine pour un handicape !!!! oui des fois un coup de bol ils vont embaucher et sous payer mais ..................croyons y!!

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